‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 59 sur 441 · PBEMIÉBE CAUSE : DÉPOPULATION DE LA VILLE · texte numérisé non relu

PBEMIÉBE CAUSE : DÉPOPULATION DE LA VILLE

Ce n'est pas, en effet, sur les dénombrements quinquennaux seuls qu'il faut s'appuyer pour élucider la question qui nous occupe. L'accroissement de la population de Paris augmente d'une année à l'autre dans des proportions toujours plus considérables. Cet accroissement de 1861 à 1866, a été de 129,133. 11 est probable que ce chiffre aurait été dépassé de beaucoup sans les événements de 1870-1871, et qu'au lieu d'avoir, en 1872, 26..518 seulement d'augmentation, il yen aurait eu trois ou quatre cent mille.

Je ne crois pas exagérer, en disant que la guerre a fait baisser de trois ou quatre cent mille le chiffre de la population parisienne, et Ta privée de tout l'accroissement qu'elle avait gagné pendant les années si prospères, pour la ville, de 1867, 1868 et 1869. Ce n'est donc pas avec 1866 qu'il faudrait comparer 1872 et les années suivantes, mais avec 1867, 1868 et 18G9. Malheureusement nous n'avons pas le dénombrement de ces années-là. Mais qui voudrait nier cette décroissance de la population ? Ceux d'entre vous qui habitent Paris depuis longtemps, et qui ont pu comparer la ville d'autrefois avec ce que l'ont faite le> derniers événements, doivent avoir une même impression, qui est générale et que j'ai entendu exprimer bien des fois; et^ cette impression, c'est que le nombre des habitants a diminué tout à coup, par le fait de la guerre, dans des proportions énormes.

Rappelez-vous l'émigration qui se produisit en masse, à la veille dt* l'investissement. Combien peu sont revenus de ceux qui étaient partis, et combien sont partis ou ont disparu de ceux qui étaient restés. Il e^t vrai que si la population civile sortit des murs, elle y fut remplacée par les soldats et par les mobiles. J'aurais voulu vous donner une statistique du nombre des habitants de Paris pendant le siège et pendant la Commune ; mais il m'a été impossible de trouver sur cesujet des documents positifs; je crois même qu'il n'en existe pas.

Tenons-nous-en donc au dénombrement de 1872.

Eh bien, au point de vue qui nous occupe, il est indispensable dn connaître quelles ont été les fluctuations de la population, dans le» divers arrondissements. Je dis que cette étude est indispensable , parce que les malades qui viennent nous demander des soins à l'hôpital du Midi ne sont pas également répartis sur toute la surface de Paris. Il> habitent surtout à la périphérie, il y en a bien peu qui soient domiciliés au centre de la ville, dans les quartiers riches.

Que nous donne le dénombrement dans chaque arrondissement f Des résultats, auxquels peut-être vous ne vous attendez pas.

On peut diviser les vingt arrondissements en deux classes : ceux du

DÉPOPULATION PAB ABB0KDIB8EMENTS. 105

^'ntre et ceux de la circonférence. Ceux du centre sont habités par des l'ens riches ou aisés; ceux de la périphérie, par la population ouvrière, (fuandon compare la population de chaque arrondissement en 1872 avec ce qu'elle était en i 866, on voit que la diminution a frappé surtout les arrondissements du centre, tandis qu'il y. a eu un accroissement 1res considérable dans les arrondissements de la périphérie.

Ainsi, dans le premier arrondissement (Louvre), le chiffre de la population en 1^72 éUit inrérieur de 8,000 * à celui de 1866.

Dans le 2« (Bourse), de 6,000

Dans le 3« (Temple), de 3,000

Dans le 4* (Hôtel de Ville), de 6,000

Dans le 5* (Panthéon), de 8,000

Dans le 6« (Luxembourg), de 9,000

Dans le T (Palais-Bourbon), de 4,000

Dans le 9« (Opéra), de 2,000

Au milieu de cette série, le 8« arrondissement (Elysée) fait seul exception ; sa population, loin de diminuer, était en 1872 supérieure de 3,000 à celle de 1866.

Donc, sur les neuf arrondissements du centre, la diminution des habitants, eu égard à leur nombre en 1866, a été, en 1872, de 46,000.

Le résultat est tout Topposé pour les arrondissements de la périphérie. Dans tous, en effet, il y a eu une augmentation considérable; • i ite augmentation a été :

Dans le i0« (enclos Saint-Laurent ou boulevard de

Strasbourg), de 15,000

Dans le H* (Popincourt), de 17,000

Dans le 12« (Reuilly), de 6,000

Dans le 14« (Observatoire-Montrouge), de 4,000

Dans le 15* (Vaugirard), de 5,000

Dans le 16«(Passy), de 800

Dans le 17* (Batignolles-Monceaux), de 8,000

Dans le 1H« (Butte Montmartre), de 7,000

Dans le 19* (Buttes Ghaumont), de 4,000

Dans le 20* (Ménilmontant), de 5,000

Au milieu de cette seconde série, comme dans la première, il manque un arrondissement, le 13* (Gobelins); c'est le seul qui fasse exception. Loin d'augmenter, sa population a diminué de 1 ,600. Pour les onze arrondissements de la périphérie, le chiffre de la populo h Bedonne que des chiffres ronds, sans tenir compte des centaines.

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