‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 63 sur 441 · CAUSE DE LA RECRUDESCENCE DES MALADIES VÉNÉRIENNES · texte numérisé non relu

CAUSE DE LA RECRUDESCENCE DES MALADIES VÉNÉRIENNES

Eh bien, en 1875, si le second semestre est semblable au premier, le nombre des consultants ne sera que de 16,498, c'est-à-dire inférieur de 6894 à celui de 1872.

N'est-ce pas là un phénomène remarquable? A quoi doit-on Tallribuer? Certes on peut faire à cet égard bien des hypothèses, et invoquer la plupart des causes dont je vous ai parlé plus haut. Mais pourquoi, précisément après nos désastres, le chiffre des maladies vénérienne^ s'est-il élevé relativement si haut? Il en a été de même de celui des mariages.

Ne semble-t-il pas que l'activité génitale, ralentie par les désâ>treuses années 1870-1871, ait été ranimée par ce mouvement dt réaction qui se produit presque fatalement dans toutes les affaires de ce monde.

Au sortir des crises les plus terribles, à différentes époques et chez chaque peuple, le même fait a été observé. La nature humaine, affaissêf momentanément sous le poids des malheurs, se redresse plus vivace. Les instincts déchaînés bondissent vers leur but, le dépassent et tombent dans les excès ou la dépravation. C'est une sorte d'exaltation di* tout l'être, une ivresse passagère des sens.

Dans des proportions grandioses, la Renaissance en a été le ty|)»' !♦* plus accompli. Opprimée pendant des siècles, au moyen àgc, l'àin»' humaine exprima sa délivrance par le plus admirable épanoui ssenit-nt de toutes ses facultés qui se soit vu depuis l'antiquité. Mais il y eut ^u même temps une frénésie de passions sensuelles dont la syphilis el^mème, par sa redoutable explosion, ne parvint pas à tempérer les ardeurs.

Quelles ont été les époques les plus licencieuses ? Interrogez les historiens ; ils vous disent tous que ce sont celles qui ont suivi les grand»-! catastrophes : les guerres, les épidémies meurtrières, toutes les calamités, tous les désastres qu'engendre la folie des peuples ou de ceut qui les gouvernent. Après la révolution d'Angleterre, par exempl' , n'y eut-il pas les galanteries de la Restauration, et, chez nous, celles du Directoire, après la Terreur?

Croyez-vous qu'après la guerre et après la Commune, en 1872, quelque chose d'analogue n'ait pas eu lieu, sur une échelle intinimeul moins grande, il est vrai?...

Je vous en prie, n'exagérez pas le sens et la portée de cette digre^^ sion. Loin de moi la pensée de calomnier l'année 1872 en Tassimilinl à ces années corrompues où le libertinage était de mode et comme !» mot d'ordre dans toutes les classes de la société.

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