FRÉQUENCE RELATIVE DES TROIS MALADIES VÉNÉRIENNES
«j'ie les documents les plus authentiques et les plus précis, si précieux ♦|u'ils soient pour la science, ne peuvent pas laisser dans Tesprit une iiiipressioD si vive, ni peut-être aussi exacte que les faits dont on a été Umoin et qu'on a observés, suivis, avec le dessein de les étudier sous toutes leurs faces, pour accroître chaque jour son expérience person-
Ot Tupons-nous donc maintenant de la question qui doit faire l'objet [irincipal de cette leçon, je veux parler de la rareté du chancre simple*.
Je vais prendre les choses où elles en étaient lorsque je de^^ns médecin de ce service, au commencement de Tannée ^869.
Pendant un an et demi, je m'astreignis, et ce n'était pas là, croyez-le bi^n, un mince travail, à recueillir des notes sur tous les malades qui !i^ présentaient à ma consultation. Dans ces notes, je consignais le nom, l'i'Jie el la profession de l'individu. J'établissais, dès le premier jour, un diagnostic aussi rigoureux que possible, me réservant toujours de Ih modifier, s'il y avait lieu, aux consultations suivantes, ce que j'ai ftil plus d'une fois. Aussi puis-je vous garantir que ce diagnostic, Muf pour quelques cas où les malades ne sont venus qu'une fois, a ♦-iH posé avec exactitude et contrôlé par le processus ultérieur de l'aifeclioii, etc., etc.
Je recherchais et je mentionnais, en outre, les principales circonstances relatives À la source de la contagion, telles que la profession de la femme, sa demeure, le quartier, la rue, l'établissement public où elle avait été rencontrée f* »
J*ai recueilli ainsi les éléments de plusieurs statistiques partielles. i** vous ferai connaître plus tard celles qui sont relatives à l'hygiène (tntdique, et qui comprennent, d'une part, la profession et le genre d^ \ le des vénériens, et en particulier des femmes ; d'autre part, la -/'o^LTaphie des maladies vénériennes et des principaux foyers de contai'ion daus la ville de Paris.
Pour le moment, je ne vous donnerai que le résultat des statistiques ayant trait à la fréquence relative des trois espèces de maladies vénéri^-noes, c'est-à-dire de la syphilis, de la blennorrhagie et du chancre 1=1 »u, pendant l'année 1869 et le premier semestre de l'année 1870. •^«-c^mparerai ensuite ce résultat à celui des statistiques antérieures et à "iji des statistiques de 1871, 1872, 1873, 1874, 1875 (1" semestre).
1 \y; Ucteur doit être averti que cette leçon, comme la précédente, a été faite en 1875.
lUrBUC. — MALADIES VÉ.NKB. U
130 DIMINX7TI0N BEKABQUABLE DU CHAHCBE SIMPLE.
Recherches statistiques sur la fréquence relative des maladies vénériennes pendant l'année l^i'H
le premier semestre de Tannéo 1870.
Diminution hemarocable du chancre simple. Il ne représente pendant ces dix-hoit moÎM q<> r
htàtièmfi des trois maladies vénériennes réunies. — Il n'y a qu'un chancre simple pour quatre Wzi-
norrhagic>8 et pour trois syphilis.
Le chancre syphilitique pendant 1869 et la première moitié de 1810 est detix fois plus fréquent que ï'
chancre simple.
Coup d'œil rétrospectif sur les années antérieures. — En 1837 et 1838 le chancre simple étaitqu.iL^-
ou vin^t foi» plus fréquent que le chancre syphilitique. Résultats des statistiques postérieures à 1838 : prédominance du chancre simple sur le cha»' r*
syphilitique jusqu'en 1860. — C'est vers 1860 et 1861 que se montre pour la première foi<> vt
infériorité numérique.
Statistiques postérieures à 1861 : prédominance peu prononcée du chancre simple sur le chao' r^
syphilitique. — Fluctuations numériques de cette espèce vénérienne, de 1860 à 1869. — Elle p*r\:
progressivement du terrain.
Au moment où éclata la guerre il n'y avait qu'un chancre simple pour près de deux chamcres syphilitiques.
ËQ 1869, le nombre brut des malades qui se sont présentés à ma
consultation a été de 9,238, répartis de la manière suivante, selon
les mois :
En janvier, 8U; en février, 704; en mars, 78.S; en avril, 837; en mai, î*2!. en juin, 916; en juillet, 790; en août, 716; en septembre, 763 ; en octobre, 73S: en novembre, CoS; en décembre, 593.
Mais, comme je vous le faisais remarquer, le chiffre de 9,238 e>i illusoire, puisqu'il comprend tous les malades qui ont fait acte de pn*sence à chaque consultation, par conséquent ceux qui sont venus unr première fois, aussi bien que ceux qui sont revenus parla suite un plu> ou moins grand nombre de fois. En réalité, je n'ai soigné, à n^a consultation, celte année-là, que 3,547 individus différents.
C'est donc sur ce chiffre de 3,547 que doit porter notre statistique comparative.
Voyons comment se répartissent, dans ce total, la syphilis, la bleunorrhagie et les chancres mous :
A. Syphilis. — Pour la syphilis, j'ai eu soin de mettre dans un tableau séparé l'accident primitif, c'est-à-dire le chancre induré ou syphilîtiqui^^ et les accidents consécutifs.
Or le nombre des chancres syphilitiques a été de 680, répartis ain>] qu'il suit :
En janvier, oo; en février, 73; en mars, 72; en avril, 49; en mai, 48: » i juin, 47; en juillet, 49; en août, 49; en septembre, 72; en octobre, «6: t-c novembre, 57; en décembre, 43.