STATISTIQUES DBS TROIS MALADIES VÉNÉRIENNES, EN 1869 ET
Le nombre des accidents syphilitiques consécutifs a été de SOS :
Ed janvier, 32; ea février, 23; en mars, 52; eo avril, 37; en mai, 44; en juin. 53; eo juillet, 41 ; en août, 70; en septembre. 53; en octobre, 44; en novembre, 23; en décembre, 3i.
Avant d'aller plus loin, je tiens à vous faire remarquer qu'aucun des malades du premier tableau, comprenant les chancres syphilitiques ne >e retrouve dans le tableau des accidents consécutifs, bien qu'ils soient v»*uus plus tard se faire soigner pour la conséquence inévitable de 1* urs chancres.
11 en résulte, que j'ai eu à ma consultation de 1869 4,183 cas de syphilis, soit primitive, soit consécutive.
fi. Blennorrhagies. — Passons maintenant à la blennorrhagie. Le U'imbre des blennorrhagies, tant simples que compliquées, s'est élevé à 1633.
Dans ce nombre, il y a eu 1,178 blennorrhagies simples, ainsi réparii»rs, suivant les mois :
Ed janvier, 74; en février, 97; en mars, 108; en avril, 90; en mai, 97; en /iin. 120; en juillet, iil ; en août, 123; en septembre, 117; en octobre, 119; ii\ novembre, 57; en décembre, <»5.
Le chiffre des blennorrhagies compliquées d'orchite a été de 430 :
29 en janvier, 41 en février, 39 en mars, 29 en avril, 35 en mai,. 45 en juin, 1»' PQ juillet, 40 en août, 33 en septembre, 48 en octobre, 30 en novembre, 29 en d. ri-mbre.
Celui des blennorrhagies compliquées de rhumatisme ne s'est élevé qu'à 12 :
1 ea janvier, 2 en février, 2 en avril, 1 en juin, 1 en juillet, 4 en août.
Enfin les blennorrhagies avec cystite du col ont été au nombre de 1 3 :
4 «'Q février^ ^ 6° lo^ii 1 en juin, 3 en août, et 3 en septembre.
\^ total des blennorrhagies compliquées a donc été de 455.
J»* vous développe un peu ces statistiques, bien que le détail n'entre l-nï strictement dans notre sujet, parce qu'il me semble que vous y ; 'Mv^z puiser plus d'un enseignement curieux et instructif.
Abordons le point capital, c'est-à-dire la question du chancre simple. <-. Cbarcres simples. — J'ai compris dans un même tableau le chancre
\:yi STATISTIQUE COMPAREE DES TROIS
simple lui-même et son bubon symptomatique toutes les fois qu'étam virul'iil, ce qui est la règle, il s'est converti lui-même en une ulcératiou chancreuse.
Ne vous attendez pas à trouver des chiffres aussi considérables qu^ It'S jirécédents. 11 n'y a eu, en effet, dans toute l'année 1869, qu^ 3<i7 chancres simples ou bubons chancreux, ainsi répartis suivant les mois :
Kn janvier, 45; en février, 23; en mars, 47; en avril, 39; en mai, 31; en juin, 22; en juillet, 20; en août, 29; en septembre, 38; en octobre, 31, en novemlire, 17; en décembre, 25.
Si nous rapprochons les nombres afférents aux trois classes de maladies vénériennes, nous avons donc :
En première ligne, les affections blennorrhagiques qui ont été de 1,633.
En deuxième ligne, les syphilis tant primitive que consécutive, qui onl tt' de I,I8J;
Et en troisième ligne, les chancres simples avec leurs bubons, qui ont tU de 367 1.
Il en résulte que les chancres mous et les bubons chancreux ne sont entrés, en 1869, que pour un huitième et demi environ dans le nombr»total des maladies vénériennes ;
Qu'ils ont été :
A la blennorrhagie, dans la proportion de 1 à 4,4 ;
A la syphilis, dans la proportion de 1 à 3,2;
A la blennorrhagie et à la syphilis réunies (2,816), dans la proportloo d^i S à 7,6;
Et enfin aux chancres indurés ou syphilitiques, dans la proportion de i i 1,8 ou de 1 à 2 moins deux dixièmes.
Ces chiffres, n'ont pas besoin de commentaires. Ne prouvent-ils pa>, de la manière la plus évidente, qu'à l'époque dont je parle, lechan»T^ mou cl son bubon étaient très inférieurs en nombre aux deux aulre^ maladies vénériennes? Celte décroissance me frappa d*autant plui que j*élais imbu de l'idée que le chancre mou était infiniment plui commun que le chancre syphilitique, et qu'il ne le cédait comm^ nombre qu'à la blennorrhagie. Vous verrez qu'il en était, en effet, ainîi
1. (Vs trois chiflres ilomient un total de 3,18'3. J'ai eu cependant 3,517 malade^ uh liiKis à ma consullaliun. La difTôronce de iKU représente les hypocondriaqu*^<. 1^ individus atteints (le \v^ôtations. d'herpèe, de maladies cutanées ordinaires, d'ad([-; i thi«»<strumousos et de rétrécissements, ctr., enfin de toutes les affections qui ne rtnti i \y,i^ dans les trois classes de maladies vénériennes.
MALADIES VÉNÉRIENNES DE 1869-1870. 133
autrefois, comme le prouvent plusieurs statistiques dignes de toute Confiance.
Mais continuons à analyser nos statistiques et voyons ce que nous <It»nnera, comme résultat, le premier semestre de Tannée 1870.
Le nombre brut des malades qui ont fait acte de présence à ma con- «liltation, pendant les six premiers mois de \ 870, a été de 4,071 , répartis, >-Jon les mois, de la manière suivante :
tu janvier, 692; en février, 003; en mars, TiS; en avril, 704; en mai, 6i4; ♦ Il ..uin, ?40.
Niir le chiffre de 4,071, il n*y a eu en réalité que 1,S!2 malades distincts, dont i* Nervation a été prise.
A. Syphilis. — Chancres syphilitiques ou indurés. — Leur nombre a été de 364, ainsi répartis :
En janvier, 9:^; en février, 47; en mars oO; en avril, 71; en mai, 52; en
Accidents syphilitiques consécutifs. — Ils se sont élevés au chiffre de 163 :
1^ en jauvier, 21 en février, 24 en mars, 36 en avril, 17 en mai, "29 en juin. Soit : 527 cas de syphilis tant primitive que consécutive.
B. Blekkorrhagies.
BO finorrhagies simples, o02 : 75 en janvier, 7U en février, 81 en mars, 96 en iMÏI, 70 CQ mai, 101 en juin.
VKri'toi^hagies avec orehites y iOi :Tl eu lanyier, 30 en février, il en mars, >* "Q avril, 2.5 en mai, 42 en juin.
Bi* fuèorrhagies avec rhumatismes, 5 : 1 en janvier, i en mars, I en avril, 2 en
Soit : 708 cas de blennorrhagies simples ou compliquées.
C. Chancres mous. — Le nombre des chancres mous et des bubons «:j;f>uré5 et devenus cbancreux a été de 212, ainsi répartis, suivant \fi mois :
Ln janvier, 45; en février, 20; en mars, 39; en avril, 34; en mai, Î7;en ^jiD,47.
En additionnant les chiffres ci-dessus, on trouve pour les trois espèces •i*' maladies vénériennes la somme de 1 ,447 malades, qui est inférieure <!•' 365 au total des malades venus à la consultation pendant ces six
134 EN 1869-1870 les chancres syphilitiques étaient
mois. Ce nombre 365 comprend les végétations, les bubons slrumeux, les herpès, les éruptions non syphilitiques, les affections communes, etc., en un mot, tout ce qui n'est pas chancre mou, syphilis ou blennorrhagie.
Il résulte donc des tableaux ci-dessus que les chancres simples oot été dans la proportion de :
\ à 5,6 et un peu plus par rapport au nombre i,345, qui exprime la somni*des syphilis et des blennorrhagies ;
I à 2,3 par rapport au chiffre 502 des syphilis primitive et secondaire ; i à i,7 et une fraction par rapport aux chancres syphilitiques ;
Et 4 à 3,3 par rapport aux blennorrhagies.
Enfin ils ne représentent environ qu'un septième du nombre total des maladies vénériennes.
Vous le voyez, les résultats que donne la statistique ne diffèrent j>a> beaucoup pour Tannée 1869 et la première moitié de Tannée 1870.
II suffit de rapprocher les chiffres pour s'en convaincre ; ainsi :
En 1869, le chancre mou représente le huitième des trois maladies vénériennes réunies. .
En iS70, il en représente le septième.
À. En 1869, il y a i chancre mou pour 4,4 blennorrhagies. En 1870, il y j 1 chancre mou pour 3,3 blennorrhagies.
B. En 1869, il y a un chancre mou pour 3,2 syphilis. En 1870, il y a 1 chancrt mou pour 2,3 syphilis.
C. En 1869, il y a un chancre mou pour 1,8 chancres syphilitiques. En 1870. il y a 1 chancre mou pour 1,7 chancres syphilitiques.
Peu importe que les chiffres ne concordent pas absolument. Ce que vous devez retenir et ce qui vous est péremptoirement démontré, cV'>i que le chancre mou n'occupe que le troisième rang, comme nombre, parmi les maladies vénériennes, et que le chancre syphilitique es»t a peu près deux fois plus fréquent que lui.
Ce résultat n'aurait rien d'extraordinaire en lui-même, s'il ne se trouvait en contradiction avec les statistiques faites à une époque antérieur»* et plus ou moins éloignée de nous. C'est ici le lieu de rechercher quellt était alors la fréquence relative des trois espèces de maladies vénériennes.
Je causais de cette question, il y a quelque temps, avec un des maîtres les plus éminents de la syphiliographie moderne, avec M. le docteur Bassereau, à qui nous devons la grande découverte de la dua^ lité chancreuse. Je lui disais que la rareté du chancre mou s'accusait