‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 68 sur 441 · DEUX FOIS PLUS FREQUENTS QUE LE CHANCRE SIMPLE · texte numérisé non relu

DEUX FOIS PLUS FREQUENTS QUE LE CHANCRE SIMPLE

de jour en jour, à tel point qu'il se passait des mois entiers sans que j'en Tisse un seul cas à ma consultation.

< Du temps que vous faisiez vos belles recherches sur les chancres simples, à l'hôpital du Midi, lui demandai-je, quel était le rapport numérique des espèces vénériennes entre elles ? »

M. Bassereau eut l'obligeance de revoir ses notes et de me répondre la lettre suivante, dont je suis heureux de vous donner quelques extraits :

H J'ai ténu note, dit-il, pendant deux années, 1837 et 1838, de tous les malades qui se sont présentés à la consultation de M. Ricord, qui ♦^lait la seule très suivie. Les chancres indurés ne fournissent qu'une pro{K)rtion d'un quarantième sur cette masse de malades, de 300 en moyenne par semaine. Mais notez que ce n'est pas 1 chancï'e induré sur iO non indurés, mais 1 sur 40 malades atteints de toute espèce de maladies vénériennes, blennorrhagies, orchites, affections syphilitiques de tout âge; quelquefois même on trouve dans mes relevés des affec- \\u\\< non vénériennes, lupus, cancers du testicule, tubercules du tesli- « ule, cancers du pharynx, farcin, etc., etc. On pourrait faire le triage, e qui serait un bien long travail. Dans tous les cas, à première vue, on peut dire que les chancres indurés étaient alors aux chancres non indurés comme 1 esta 30. »

Peut-être ce chi&e 30 est-il trop élevé, même pour l'époque dont [»arle M. Bassereau; mais, en le réduisant beaucoup, de moitié, si vous voulez, voyez, quels changements profonds se sont produits en trenteîr.iis ans dans la fréquence relative des maladies vénériennes !

Ainsi, en 1837-1838, les chancres syphiUtiques représentaient le quarantième environ de la masse totale des consultants.

En 1869-1870, ils représentaient à peu près la treizième ^^nï^ Aq tous les malades venus une fois ou revenus plusieurs fois, qui, en un mot, avaient fait acte de présence à la consultation.

El si, pour ces deux dernières années, vous cherchez, à l'aide des chiffres que je vous ai donnés, le rapport du chancre induré avec la ^:nune des blennorrhagies, des chancres mous et des syphilis consécutives, vous trouverez que ce rapport est de 1 à 3,4.

Mais c'est surtout le changement entre les deux espèces de chancres qm^'st frappant, puisqu'il y a trente-cinq ans le chancre induré était au rfidocre mou ce que 1 est à 15, 20, ou 30, tandis qu'en 1869-4 870 il "Uit comme 2 est à 1 .

Les statistiques postérieures aux années 1837-1838 nous donneront-

136 E5 1837-1838 les chancres suiples étaient

elles les mêmes résultats? Elles ne manquent pas, et nous pourrioDs eu interroger uu grand nombre. Je me contenterai de consulter les priocipales, celles qui ont fait loi, pour ainsi dire,jusqu'à nos jours.

Je prends un ouvrage classique et des plus remarquables sur l^^ maladies vénériennes, le traité de M. RoUet, de Lyon, publié en 1865. Ce savant médecin, à l'article Nombre et fréquence du chancre simple, s'exprime ainsi : c On s'est demandé si toutes les maladies vénéricaDt^ étaient aussi fréquentes les unes que les autres, ou si, au contraire, il n'y avait pas plus de blennorrhagies que de chancres simple's, plus <l» chancres simples que de syphilis. Ces recherches sont plus délicatt^ qu'on ne pense, et il est fort difGcile de réunir des éléments comparables. En effet, ces maladies n'ont pas une évolution uniforme : V^ unes sont de courte durée ; les autres parcourent des périodes beaucouii plus longues, ou sont sujettes à de nombreuses récidives. En tenant compte de toutes ces causes d'erreurs, j'étais arrivé, après avoir faii l'dépouillement de plus de deux mille cas, à conclure que les maladit^ï vénériennes s'observaient, à Lyon, dans de telles proportions que U blennorrhagie formait environ les cinq douzièmes, le chancre simple !»' quatre douzièmes, et la syphilis les trois douzièmes du nombre total '.

Dans ses Recherches sur les maladies vénériennes, publiées en f 861,i M. Rollet avait déjà dit que la proportion dans laquelle se trouvait !» chancre syphilitique par rapport au chancre simple était en générii de 1 à 3.

Voici maintenant un relevé fait par M. Basset, pendant un semestre^ à l'Antiquaille :

Maladies vénériennes. (La syphilis ( Blennorrhagie 49 p. r^l

secondaire et la syphilis tertiaire étant < Chancre simple 35 —

éliminées.) ( Chancre syphilitique 16 —

M. Chabalier a trouvé, pendant six moisdeséjouràrAntiquaîlle,il8chaocrd simples pour 90 chancres syphilitiques, et M.. Burlet, au même hôpit£.j 77 chancres simples pour 54 chancres syphilitiques.

Laissons de côté la blennorrhagie. iN'envisageons que les rapprirti du chancre simple avec le chancre syphilitique. Que trouvons-Dous e'j réunissant ces statistiques? Que les chancres simples étaient à LyoL, en 1860 et les années suivantes, juste deux fois plus nombreux que It chancres syphilitiques. C'est l'inverse, comme on Va vu, qui existait J l'hôpital du Midi en 1869-1870.

De 18i0 à i8S2, à ce même hôpital du Midi, la supériorité numé

U Rollet, Traité des maladies vénériennes. — Paris, 1865, p. 80.

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