‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 100 sur 126 · RI MARQUES · texte numérisé non relu

RI MARQUES

Juillet.

La transfasiona

duré 14 minutes.

in;

L’examen du

Ko P

sang a été fait

environ 3 heures

apres l’opération

Août.

1er

125".'". lait.

15". m. eau.

192”. lait.

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88".™. eau.

60 gr. viande

57".™. lait.

33".™. eau.

TRANSFUSION DU SANG

Parlant de cette donnée que le poids du sang équivaut au treizième environ du poids du corps, Worm Millier a fait deux séries d’expériences. La première comprend cinq expériences, dans lesquelles il augmente la masse du sang d’environ 28 0/0, 30 0/0, 58 0/0, 83 0/0, 75,5 0/0. La seconde ne comprend que deux expériences ; la masse du sang y fut accrue dans des proportions énormes, 160 et 154 0/0; ces dernières opérations furent suivies de mort.

Les examens du sang furent faits par la méthode de M. Malassez.

Enfin on pratiqua les transfusions tantôt après 1, 2, 3 à 6 jours d’inanition, tantôt après une période d’inanition, précédée d’une période d’alimentation, elle-même précédée d’une période d'inanition, et une seule fois sans inanition préalable.

Gomme il serait trop long d’entrer dans le détail de chacune de ces expériences, nous nous contenterons de passer rapidement en revue les résultats obtenus.

La question qui préoccupa le plus Worm Müller fut l’étude de la masse du sang. Il s’attacha à montrer qu’on peut l’augmenter dans des proportions considérables sans amener d’accidents appréciables; aussi eut-il soin d’injecter le sang, sans pratiquer de saignée préalable.

Les premiers expérimentateurs, au contraire, redoutant la pléthore consécutive à la transfusion, et obéissant aux idées régnantes en pathologie sur ce sujet, commençaient toujours l’opération par une saignée déplétive. Ils avaient d’ailleurs pour but, ainsi que nous l’avons déjà dit, de remplacer un sang vicié par un sang sain.

Or, ces prétendus dangers de la pléthore sont absolument chimériques. Worm Müller lui-même avait déjà fait voir, dans d’autres expériences dont je vous ai entretenus, que le système vasculaire peut, sans inconvénient sensible, s’adapter à une masse sanguine très variable.

SANG DEFIBRINE.

Ilavait d’ailleurs été précédé dans cette voie par plusieurs expérimentateurs. C’est ainsi que Panum, en 1854, avait augmenté la masse du sang de 52 et même de 94 0/0, que Landois et Eulenburg avaient pu tripler en 24 jours la quantité de sang par des transfusions successives, sans observer d’accidents. De même, Casse1 et Lesser2 ont pu doubler, sans inconvénient, la masse du sang.

D’un autre coté, Ponfick fit des expériences analogues, en se servant d’un sérum artificiel, d’une solution albumineuse mélangée à 1 0/0 de chlorure de sodium et à des globules rouges. Après avoir injecté une quantité de ce liquide égale à la- moitié du poids du sang, il n’eut à constater que des accidents relativement insignifiants : un peu d’oppression, de la fréquence et de l’irrégularité du rythme respiratoire, une légère diarrhée bilieuse, l’excrétion d’une urine alcaline, albumineuse pendant quelques jours.

Enfin Cohnheim etLichtheim3ontinjecté une solution de ( de chlorure de sodium, jusqu’à concurrence du tiers de la masse sanguine, sans produire de destruction apparente des globules.

De mon côté, j’ai pu augmenter de moitié (50 0/0) la masse sanguine avec de l’eau pure, sans déterminer aucun phénomène pathologique, pasmême de l’hémoglobinurie. Le nombre des globules, dans mes deux expériences, portant l’une sur un chien, l’autre sur un lapin, fut à peine modifié. Or, soit dit en passant, quand on songe à faction dissolvante si énergique de l’eau sur les globules, et d’autre part à l’absence d’hémoglobinurie dans ces expériences, on est amené à révoquer en doute que ce dernier phénomène puisse servir de critérium de la fonte globulaire, comme l’admet Landois.

' cxcv. — » cxcvi. — 3 CXCTVJI.

TRANSFUSION DU SANG

Voici la relalion de ces expériences.

Exp. XLI. Lapin pesant 1830 grammes le 25 juin.

Injection de 75 grammes d’eau par la veine jugulaire. La numération faite une demi-heure après donne :

Le 28 juin on trouve :

Exp. XLII. Petit chien griffon. Poids 6 k. 400.

Injection de 260cc d’eau dans la jugulaire droite. Examen du sang 25 minutes après l’injection.

Le lendemain on trouve :

Les animaux n’ont été aucunement souffrants. L’élévation rapide de la valeur de G de 0,64 à 0,75 chez le lapin, de 0,73 à 0,88 chez le chien doit être rapportée à la disso-

SANG DÉFIBRINÉ.

lution de l’hémoglobine dans le plasma. On remarquera qu’au bout de 24 heures déjà cette hémoglobine dissoute était détruite et que les globules rouges paraissaient réparés. Cependant il aurait fallu suivre pendant plusieurs jours les animaux ; le retour au chiffre initial au bout d’un temps si court, pouvant s’expliquer plutôt par des variations de la masse sanguine que par une réparation globulaire.

Quoi qu’il en soit, tous ces résultats, absolument concordants, permettent d’affirmer que l’augmentation de la pression vasculaire et de la masse du sang n’entraînent pas les désordres généraux que certains expérimentateurs anciens leur attribuaient.

S’il y avait encore un doute sur ce point, les expériences de Worm Müller le dissiperait d’une manière définitive. Elles montrent que les injections faites lentement, avec précaution (ce détail a de l’importance) peuvent être assez copieuses pour augmenter la masse sanguine normale de 82 à 83 pour 100, sans déterminer aucun symptôme morbide.

Mais à cette adaptation de l’aire vasculaire il y a une limite. Worm Müller la fixe, pour le chien, à 154 pour 100 environ, toute réserve faite des différences individuelles.

11 ne faudrait pas d’ailleurs considérer ces chiffres comme absolument exacts ; car ces données reposent sur deux hypothèses plus ou moins discutables. Worm Müller admet, en effet, 1° que la masse de sang chez le chien est dans le rapport de 1 à 13 avec le poids du corps; or nous avons vu que ce chiffre, du moins chez quelques chiens, est au-dessous de la réalité. 2° que pendant l’inanition la masse du sang reste proportionnelle au poids du corps. Ce fait est loin d’être démontré, malgré les expériences de Panum et de ses élèves.

Mais, si les chiffres donnés par Worm Müller ne sont

TRANSFUSION DU SANG

pas d’une exactitude indiscutable, il n’en reste pas moins établi que la masse du sang peut être, sans danger, portée au double de son taux normal, et même probablement audessus.

Cette augmentation est-elle durable? Worm Müller pense que deux heures après la transfusion, la moitié du sérum du sang injecté est déjà résorbée, puis que l’augmentation de la masse sanguine, encore sensible, s’atténue peu à peu; au bout de 2 à 5 jours, la masse du sang serait de nouveau normale. Ce retour s’effectuerait d’ailleurs d’autant plus vite que la transfusion a été moins copieuse, fait qui peut être invoqué en faveur de l’opinion de Valentin et d’autres physiologistes, d’après laquelle le rapport du poids du sang à celui du corps tend à rester constant dans l’organisme sain ou malade. Mais remarquez que les résultats sont déduits uniquement des chiffres donnés par la numération des hématies. Or, rien ne prouve comme le suppose l’auteur qu’il faille rapporter, d’une manière exclusive, les fluctuations dans le nombre des hématies aux variations de la masse sanguine. Dans l’espace de quatre à cinq jours, il peut y avoir des globules nouveaux formés, et d’autres détruits. Et alors quelle valeur attribuer aux déductions de Worm Müller qui reposent sur ce fait, [qu’au bout de quelques jours, le chiffre le plus élevé des globules est précisément proportionnel au nombre des globules injectés ?

Il faut ajouter en outre que ces numérations ont été pratiquées sur des animaux inanitiés, ce qui complique encore l’interprétation ; car l’inanition produit une augmentation progressive dans le nombre des globules rouges.

C’est un fait que j’ai constaté il y a quelque temps déjà dans des expériences rapportées dans la thèse de M. Dupérié1. Depuis, en raison de l’intérêt que présentent ces recherches pour l'appréciation de certaines expé-

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