‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 102 sur 126 · OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS

26 mai

Saignée de A p. c.

13 juin

Saignée de 350".

Transfusion de 450cc de sang

défibriné.

1er juillet

Cherchons à interpréter les faits constatés.

Le premier qui soit mis en évidence est l’augmentation des globules rouges.

Dès le lendemain, ces éléments ont plus que doublé de nombre (2 205 000 à 5 274 650). Ils continuent à augmenter les jours suivants et atteignent, six jours après l’opération, le nombre relativement très élevé de 6 482 000. Puis survient une période de descente, sans que toutefois les globules tombent au-dessous de 5 242 000. Douze jours après l’opération, la constitution du sang, après

Exp. XLVII.

TRANSFUSION DU SANG

avoir indiqué temporairement une pléthore globulaire assez intense, était redevenue à peu près normale au poinl de vue du nombre des globules rouges (1),

(1) L’observation de ce chien a été continuée depuis cette leçon. Elle est remarquable par les grandes variations dans l’état du sang, sans que l’animal soit devenu cependant de nouveau anémique. Ce chien étant au laboratoire depuis le mois de mai, ce résultat s’explique par l’état mala-

Les siyncs gravés sur le bois indiquent les jours des opérations.

SANG DÉFIBRINÉ.

Cette augmentation des globales rouges est d'autant plus remarquable qu’elle a été obtenue le lendemain de saignéés multiples et copieuses. Or, l’étude des émissions sanguines nous a montré que, dans ces conditions, le minimum des globules n’est atteint que le lendemain ou le surlendemain du jour qui suit la dernière saignée; fait qui est d’autant plus net que l’hémorragie est abondante, comme dans le cas actuel. Ainsi la transfusion a été pratiquée au moment où le nombre des globules n’était pas encore tombé à son minimum ; elle a arrêté la ligne de descente, la chute globulaire due aux saignées préalables pour déterminer une rapide élévation de la courbe.

Les saignées préalables n’ont donc servi qu’à rendre plus sensible l’action de la transfusion ; nous voyons qu’ici, comme dans l’expérience précédente, l’injection d’un sang emprunté à un autre animal a produit des effets précisément contraires à ceux qu’amène la transfusion faite avec le sang de l’animal lui-même.

Mais comment expliquer cette élévation du chiffre des globules rouges? Plusieurs hypothèses se présentent à notre esprit.

Devons-nous l’attribuer exclusivement à la survie des globules rouges du sang transfusé ? Nous avons déjà vu, dans l’expérience qui a consisté à réinjecter le sang pris à l’animal lui-mème, que les hématies sont rapidement détruites. D’autre part, sans prétendre que le phénomène de la destruction ultérieure des hématies dans l’organisme soit toujours régulier, sans nier les variations qui peuvent se produire à cet égard suivant diverses

difdont tous nos chiens ont été atteints au bout de quelque temps de séjour à l’attache dans notre chenil. Aussi ne publions-nous cette observation que jusqu’au 9 juillet. A ce moment, le chien pesait 11 kilos; il avait repris un peu d’embonpoint; plus tard il s’affaiblit et s’amaigrit au point de ne plus peser que S kilos, bien qu'à ce moment son sang fût redevenu très riche en globules rouges (7 500 000).

TRANSFUSION DU SANG

circonstances, il est pour le moins difficile de supposer que les hématies empruntées à un autre animal soient plus résistantes que celles de l’animal lui-même. Or, pourexpliquer les chiffres trouvés parla survie des globules rouges, il faudrait admettre que les globules transfusés n’aient subi aucun commencement de destruction, au bout de 6 jours au moins.

Peut-on, d’autre part, rapporter cette augmentation de nombre aux modifications de la masse du sang? Évidemment non. Nous savons qu’à la suite de saignées multiples et relativement abondantes, le sang continue à se diluer et que la masse du sang reste un certain temps avant de redevenir normale ou plutôt sensiblement stationnaire. Or, nous avons tiré une quantité de sang s’élevant en 8 jours au 18° environ du poids du corps, et c’est précisément pendant la période de dilution que le nombre des globules augmente tout à coup. On ne saurait supposer que cette période a été supprimée par l’injection du sang, à ce point que la transfusion aurait déterminé immédiatement une condensation relative. Si cette cause d’élévation des globules rouges est certaine, pendant les premières heures qui suivent l’opération, elle ne peut élre invoquée que temporairement et ne pourrait expliquer que dans une faible proportion le fait dont nous cherchons l’interprétation. Rappelez- vous, en effet, que, chez les chiens auxquels on réinjecte du sang défibriné, l’augmentation dans le nombre des éléments, consécutive à cette opération, ne dure que 24 heures.

De plus, tout en reconnaissant que l’avortement de la chienne a dû faire monter les globules rouges, en privant l’animal d’appétit pendant quelques heures, nous sommes obligé de conclure que toutes ces causes réunies pourraient à peine servir à expliquer l’élévation du chiffre des globules pendant le premier jour, ou tout au plus pendant les 2 premiers.

SANG DÉFIBRINÉ.

C’est donc à une production active de globules rouges qu’il faut nécessairement rapporter cette ascension si accusée de la courbe globulaire. Très vraisemblablement, aussitôt après la transfusion, le sang est entré en voie de rénovation, d’où cette poussée d’éléments nouveaux à laquelle nous avons assisté.

L’étude de la courbe deshémaloblastes vient confirmer celte interprétation des phénomènes.

Rappelez vous, en effet, qu’aumomentdela transfusion, l’animal se trouvait sous l’influence des saignées répétées, dont la première remontait déjà à près d’un mois, que, par conséquent, l’activité formatrice du sang était très intense. Le nombre élevé des hématoblastes et la tendance à l’abaissement de la valeur individuelle des globules nous en fournissent la preuve.

Nous injectons alors du sang défibriné, c’est-à-dire privé d’hématoblastes ; aussi, le lendemain, le nombre de ces éléments tombe-t-il de 406 700 à 204 600. Mais immédiatement après ils se multiplient ; il semble que la transfusion se soit ajoutée, comme cause d’activité formatrice, aux saignées préalables.

En résumé, augmentation du nombre des globules rouges et poussée intense d’hématoblastes, voilà deux faits parallèles dont la simultanéité ne peut être attribuée qu’à une formation rapide d’hématies jeunes. D’où cette conclusion qu’une bonne partie du bénéfice produit incontestablement par la transfusion, après émissions sanguines répétées ayant entrainé une anémie intense, doit être rapportée à l’exaltation du processus de rénovation sanguine chez le transfusé.

Après avoir étudié les effets de la transfusion du sangdéfibriné dans X anémie aiguë due aux saignées coup sur coup, et constaté les modifications que l’opération fait subir à la réparation sanguine post-hémorragique, il nous

TRANSFUSION DU SANG

a paru intéressant de rechercher les phénomènes qu’on observerait dans un cas d'anémie chronique aussi semblable que possible aux cas fournis par la pathologie humaine.

Un des chiens, dont nous avons rapporté l’observation à propos de l’étude des saignées coup sur coup (■ Exp . XXXVII) et qui fut pris d’hémorragie secondaire par l’une des plaies, nous a donné l’occasion de foire cette recherche.

Exp. XLVIII. Chien griffon du poids de 18 kilog., au moment où il fut mis en observation. Les saignées furent faites du 12 au 15 avril, et nous avons déjà relaté son observation jusqu’au 15 juin. (Exp. XXXVII, p. 254.) A celte époque il était encore très anémique ; épuisé par de nombreuses hémorragies et vivant dans un milieu peu favorable (chenil du laboratoire), il se remettait difficilement. Dans ces conditions son sang prit assez rapidement les caractères anatomiques propres aux anémies chroniques. Après avoir eu quelque temps un nombre peu élevé de globules rouges , il se produisit tout à coup, sous l’influence d’un effort intense de sanguification un grand nombre de globules rouges, petits, irréguliers, peu colorés, de sorte que la valeur individuelle de ces globules devint relativement très faible. Elle était le 17 juin de 0,38 seulement. En même temps les hématoblasles, très variables de nombre, ont éprouvé les modifications qualitatives que nous avons décrites dans les faits de cet ordre.

En continuant à examiner ce chien de temps en temps, on constate que, malgré le retour de l’appétit, il reste apathique, un peu faible, qu’il maigrit. Son sang renferme toujours, comme celui des anémiques, de petits globules, des hématoblastes volumineux et des éléments intermédiaires II est analogue à celui qui a servi à faire la figure 31, page 299.

SANG DÉFIBRINÉ.

Le 13 juillet, le chien ne pèse plus que 15 kilog.

L’examen du sang donne comme résultat :

On lui injecte, à 5 heures du soir par la saphène 430cc de sang défibriné emprunté à un chien dont le sang a la composition suivante :

Cette quantité de sang injecté représente environ ^ du poids du corps.

Une heure après, les globules rouges atteignent le chiffre très élevé de 8 197 000; ce qui prouve que très certainementle sang s’était déjà condensé. Lesjours suivants les globules se multiplient encore, et restent définitivement très nombreux, ainsi qu’on peut le voir sur le tableau et les graphiques ci-joints.

Tableau concernant l'état anatomique du sang.

DATES

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