‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 103 sur 126 · OPÉRATION · texte numérisé non relu

OPÉRATION

17 juin

2 juillet

lavant.

Transfusion.

! après.

1er août

TRANSFUSION DU SANG

-f indique le jour dj la transfusion.

SANG DÉFIBRINÉ. 415

Il suffît d’examiner avec soin les chiffres et les courbes pour voir qu’ici encore la transfusion a amené immédiatement un résultat avantageux.

Cependant le chien, tout en possédant plus de globules rouges qu’avant toute opération, reste anémique. La valeur globulaire se relève, mais elle est encore beaucoup plus faible qu’à l’état physiologique et même, un mois après la transfusion, alors que le nombre des globules rouges peut être considéré comme normal, elle n’est que de 0,50 (au lieu de 0,70).

Seize jours plus tard, le 29 août, l’état du sang n’a pas varié, il est stationnaire.

Il a donc été impossible, à l’aide de la transfusion, de faire sortir ce chien de son état d’anémie chronique. Toutefois il faut tenir compte, encore ici, de ce fait que le chien vivait au laboratoire depuis plus de 4 mois dans des conditions hygiéniques s’opposant probablement à son rétablissement complet. On remarquera que ce chien a présenté avant et après l’opération de grandes fluctuations dans l’état anatomique du sang. C’est une particularité que nous avons observée, ainsi que nous l’avons déjà dit, dans tous les cas d’anémie chronique.

Nous sommes maintenant en mesure de résumer succinctement les données expérimentales sur la valeur de la transfusion de sang défibriné. Lorsque cette opération est faite sans saignée immédiate préalable, que l’animal soit sain ou anémié par des émissions sanguines antérieures, elle produit des effets bien différents de ceux de la transfusion pratiquée avec le propre sang de l’animal. Elle suractive le processus de rénovation sanguine chez le transfusé. Ce sont donc toujours les modifications de l’évolution sanguine qui priment l’histoire de la transfusion comme celle des saignées. On ne peut ni retrancher ni ajouter quelque chose à la masse sanguine, sans éveiller le processus de rénovation, ni sans faire subir au sang des

TRANSFUSION DU SANG

modifications qui dépendent de circonstances multiples dont il faut savoir apprécier la valeur.

D’autre part, ces résultats sont, ce semble, fort encourageants ; car, non seulement nous pouvons espérer résoudre, par ces procédés d’étude, les problèmes les plus intéressants pour la pratique ; mais encore mettre en lumière diverses particularités de l’évolution sanguine qui éclairent cette question si obscure de la pathologie générale du sang.

J’aborde maintenant l’étude de la transfusion faite avec du sang complet. Elle ne m’arrêtera pas longtemps; car elle a été pour ainsi dire délaissée par les expérimentateurs modernes. Nous n’aurons à vous citer aucun travail physiologique sur les effets du sang complet, comparés à ceux du sang défibriné.

C’est en s’appuyant presque uniquement sur des vues théoriques, et non sur des preuves empruntées à l’expérimentation que les uns ont fait le procès de la défibrination, pendant que d’autres ont préconisé à outrance le sang défibriné.

Les physiologistes contemporains semblent s’être surtout préoccupés des difficultés pratiques que présente l’emploi du sang complet, et c’est dans ce but qu’ils se sont efforcés d’établir que le sang défibriné vaut le sang complet. Pendant ce temps, quelques médecins, convaincus à ce point de la supériorité du sang complet, qu’ils refusent à l’injection de sang défibriné jusqu’au nom de transfusion, ont entrepris une campagne en sens inverse; mais, au lieu de demander à l’expérimentation la solution du problème, ils se sont attachés, en perfectionnant notre outillage, à rendre pratique et innocente l’opération qu’ils recommandaient. De part et d’autre, on est resté dans le domaine de la théorie.

Il importe donc de reproduire ici tous les reproches

SAN G COMPLET

qu’on a adressés à la transfusion de sang complet, et d’examiner jusqu’à quel point ils sont fondés.

Nous suivrons ici le môme plan que pour l’étude du sang défibriné; après avoir fait un exposé critique des travaux de nos prédécesseurs, nous vous donnerons la relation de nos propres expériences.

En premier lieu, on a prétendu que la transfusion de sang complet exposait à la formation de caillots dans les instruments et par suite à la production d’embolies. Cette accusation est, en principe, justifiée par les faits. Mais si le danger peut être considéré comme réel, il ne faut pas s’en exagérer la gravité. En effet, le sang de l’homme est beaucoup moins coagulable que celui des animaux sur lesquels a le plus souvent porté l’expérimentation, celui du lapin et du chien par exemple. D’autre part, en fait, ce danger peut être écarté par l’emploi d'une bonne disposition instrumentale, — et sous ce rapport il a été réalisé de grands progrès dans ces derniers temps, — et cela d’autant plus facilement qu’il parait aujourd’hui établi qu’il est inutile de transfuser une grande quantité de sang. Enfin, rappelez-vous que la transfusion de sang défibriné n’est pas complètement exempte de dangers de cet ordre, ainsi que vous avez pu en juger par quelques-unes des expériences que je vous ai rapportées.

Passons à un second grief. L’emploi de sang veineux doit être condamné en raison de sa richesse en acide carbonique et de sa pauvreté relative en oxygène. Injecter du sang veineux doit surcharger l’économie d’un principe délétère, au lieu de lui apporter le gaz vivifiant par excellence. A l’appui de cette objection, on a invoqué les expériences de Bischoff et de M. Brown-Séquard 1 sur les animaux asphyxiés qu’un sang chargé d’acide carbonique tue rapidement, pendant que ce même liquide les ranime promptement, quand il renferme une proportion élevée

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