CCI
HAYEM. — SANG
TRANSFUSION DU SANG
d’oxygène. Ce fait ne peut être révoqué en doute; mais la transfusion intervient -elle uniquement, intervient-elle même ordinairement dans l’asphyxie? Évidemment non. Dans les conditions habituelles, quand le sang passe de veine à veine, il n’arrive pas au système nerveux avec sa surcharge en acide carbonique; tout au contraire il s’en débarrasse dans les poumons et on sait avec quelle rapidité se produisent à ce niveau les échanges respiratoires qui substituent l’oxygène à l’acide carbonique. L’objection est donc beaucoup moins grave qu’elle ne semble au premier abord ; néanmoins il y aura lieu d’en déterminer la valeur réelle en étudiant, par la méthode expérimentale, l’utilité comparative des divers modes de transfusion.
Enfin, on reproche à la transfusion de sang complet la nécessité d’un outillage compliqué qui pourrait faire défaut dans les cas urgents, dans les endroits éloignés des grands centres, sur les champs do bataille, etc., et qui de plus expose à divers accidents l’individu qui fournit le sang. Ces derniers arguments ne sont évidemment pas sans valeur.
A ces objections les partisans de la transfusion de sang complet n’ont répondu que par des affirmations aussi absolues que dénuées de preuves, en niant la valeur du sang défibriné qui « ne serait pas du sang » et aussi en inventant des instruments plus ou moins ingénieux qui tous rempliraient d’une manière parfaite le but à remplir.
Les expériences physiologiques faites sur la transfusion directe ont été peu nombreuses.
Panum1 n’a fait que deux expériences. Dans la première il se produisit une augmentation de la masse du sang de 83, 4 0/0. Le chien fut tué par hémorragie 4 jours après.
Dans la seconde, il fit deux transfusions successives,