T PAR LE CHLORURE FERREUX
Déc. Janv. 187G.
li (Augmentation sensible des altérations globulaires coïncidant avec l’apparition i| i normaux. F. Fin du traitement.
n î en globules sains. G. Courbe de la valeur individuelle des globules rouges.
Millions. Unités.
ÉTUDE l'HAM.UACOTHÉHAPIQUE. Ô25
du traitement et que, par conséquent, le dénombrement des globules ne renseignerait pas à lui seul sur la valeur de la médication.
La seconde courbe R suit d’abord une marche analogue, puis elle devient rapidement ascendante et se rapproche peu à peu de la première, de sorte qu’à un certain moment les deux courbes se rencontrent pour rester définitivement confondues et parfois même s’entre-croiser.
C’est la troisième courbe qui résume la marche des modifications produites par le fer. Vous voyez que celte courbe G, indiquant la valeur individuelle des hématies, s’élève d’abord par oscillations. Pendant cette première partie de son trajet, les minima de la valeur de G correspondent aux maxima de la ligne N, c’est-à-dire que les globules contiennent d’autant moins d’hémoglobine qu’ils sont plus nombreux, le sang charriant avec lui un grand nombre d’éléments jeunes, incomplètement développés ; et inversement, les maxima de la ligne G correspondent aux minima de la ligne N, ce qui indique qu’après les poussées de formation globulaire il se produit une sorte de période de perfectionnement pendant laquelle les éléments nouvellement formés se rapprochent de l’état normal. Puis cette courbe G devient presque directement ascendante, et enfin horizontale au moment où les globules restent définitivement physiologiques. Il y a donc en quelque sorte deux périodes dans le processus de régénération du sang. Pendant la première, le fer parait exciter la formation des globules ; puis ces globules nouveaux, produits par poussées successives, plus altérés souvent qu’avant le début du traitement, deviennent peu à peu physiologiques. Ce dernier phénomène caractérise la deuxième phase des effets du fer et il est de beaucoup le plus important.
Lorsque l’anémie est moins intense, la première phase est très courte ou même totalement supprimée, et l’on
FER
peut voir alors la médication martiale produire une guérison rapide, bien que parfois elle entraîne, dans ces circonstances, une diminution dans le nombre des globules.
On peut résumer d’un mot ces effets en disant que la médication martiale ramène à l’état normal l’évolution des hématies.
La guérison n’est obtenue, et c’est là un des points les plus importants à connaître, que lorsque les globules sont devenus normaux et restent tels pendant un certain temps.
Il me serait facile de mettre sous vos yeux une vingtaine d’observations analogues à celle qui est représentée par ces courbes.
Toutes les fois que la médication ferrugineuse est bien supportée, les modifications du sang suivent les mêmes phases et vous verriez les autres observations se traduire par des graphiques analogues.
Voilà, messieurs, le fait empiriquement connu de la valeur de la médication martiale, revêtu d’une forme scientifique. Mais il ne s’agit encore que de l’expression d’un fait.
Toutefois, sous cette nouvelle formule, non seulement celui-ci acquiert plus de précision, mais encore il se prete mieux à la discussion des opinions émises pour l’expliquer.
A l’énoque où j’ai publié mes premières recherches sur le mode d’action du fer, M. le professeur Regnauld a pensé qu’il était possible de vérifier, à l’aide des procédés que j’avais mis en usage, l’hypothèse d’après laquelle le fer agirait en excitant les fonctions de nutrition pendant son passage à travers l’organisme.
En employant le ferrocyanure de potassium, dont je vous ai déjà parlé, il était facile, en effet, de se rendre compte des elfets produits par un ferrugineux non assimilable, ne pouvant agir que par sa présence, soit dans le tube digestif, soit dans le sang.
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Les observations que nous avons faites, M. Regnauldet moi, dans deux cas d’anémie chlorotique, et qui sont résumées sous la forme de tracés que je mets sous vos yeux, nous ont conduit à des résultats extrêmement nets. Le ferrocyanure de potassium, administré à des doses élevées et pendant plus de deux mois, n’a déterminé aucune modification appréciable dans l'altération globulaire. L’état des malades s’est un peu amélioré, le nombre des globules rou» ges est devenu plus considérable et la richesse globulaire elle-même s’est élevée; mais le même résultat peut être obtenu, ainsi que j’ai pu le constater souvent, par le repos et les toniques. Toutes les fois que des jeunes filles malades, qui souvent luttent avec énergie avant de se présenter à l’hôpital et travaillent jusqu’à ce que leurs forces soient épuisées, sont soumises à un repos absolu et vivent dans des conditions relativement bonnes, l’état de leur sang ne tarde pas à s'améliorer; dans ces circonstances, toutes les médications paraissent produire une amélioration notable. Il ne faut pas s’y laisser tromper : la maladie persiste, elle n’est même pas influencée lorsque les globules rouges nouveaux avortent dans leur développement, et que, par suite, la valeur individuelle des globules reste sensiblement la même. Bien que celte altération globulaire ne soit qu’un des éléments de l’aglobulie, elle peut servir en quelque sorte de critérium lorsqu’il s’agit, dans les circonstances actuelles, de déterminer la valeur d’un mode de traitement. Dans les cas auxquels je fais allusion, il a suffi d’administrer, après le ferrocyanure de potassium, un ferrugineux assimilable, le chlorure ferreux, pour amener rapidement la guérison durable de l’anémie chlorotique1.
11 restait encore à examiner l’hypothèse d’après laquelle le fer porte son action sur le tube digestif et rétablit la
1 gcxiii.