‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 22 sur 126 · DANS LES ACTIONS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

DANS LES ACTIONS THÉRAPEUTIQUES

le fer, l’arsenic, le mercure, on peut se demander si elles agissent directement sur les éléments constitutifs du sang, ou indirectement, en troublant le fonctionnement de certains organes, tels que le foie. D’autre part, certaines pratiques thérapeutiques, la transfusion, les émissions sanguines ont pour résultat de modifier la masse et la composition du sang.

Quelle que soit la complexité de cette question, le rôle du sang dans les actes vitaux fait comprendre que toute modification d’ordre thérapeutique, comme toute altération d’origine morbide de la crase sanguine, se reflète sur l’économie entière ; aussi aurons-nous ici à étudier parallèlement l’influence des divers agents, des diverses pratiques thérapeutiques, non seulement sur le sang, mais aussi sur les principaux appareils, ce qui vous montre l’intérêt du sujet que nous abordons au point de vue de la nutrition en général et de la physiologie pathologique de la plupart des maladies.

Nous prendrons pour base de ces recherches expérimentales l’anatomie et la physiologie du sang, dont nous rappellerons, au fur et à mesure de nos besoins, les principaux traits, en supposant connus les faits classiques.

Entrons en matière par l’étude des émissions sanguines et particulièrement de la saignée.

La pratique, tout empirique de la phlébotomie remonte aux premiers jours de l’humanité, aux époques légendaires, sans qu’on puisse savoir quel est le médecin qui le premier a osé ouvrir une veine et faire couler le sang. Les plus anciens écrits médicaux, réellement authentiques, ceux de la collection hippocratique, représentent la saignée comme ayant été faite de tout temps.

C’est une chose1 remarquable, que l’on 'n’ait pas hésité

ÉMISSIONS SANGUINES

à soutirer à l’économie des quantités souvent colossales de sang, liquide dont l’importance physiologique n’a jamais dû être méconnue, et cela sans s’inquiéter des conditions de sa régénération ni de la quantité qu’en renferme le corps à l’état normal.

La saignée a eu ses beaux et ses mauvais jours ; elle a rencontré, à côté de défenseurs résolus, des adeptes enthousiastes, des détracteurs, moins nombreux il e$t vrai, qui ont essayé de réagir contre l’engouement général, et aujourd’hui elle est tombée dans un discrédit peut-être exagéré. A travers ces fluctuations, l’histoire de la saignée a toujours tourné dans le même cercle, comme l’a bienfait voir Dubois (d’Amiens)1, dans son travail de 1838. Sans nous appesantir ici sur cette histoire, qui n’appartient pas à la thérapeutique expérimentale, et qui , pour emprunter la spirituelle expression de M . Vinay2, pourrait être intitulée « grandeur et décadence des émissions sanguines » il importe de préciser quelles notions possédaient les anciens, et en général nos prédécesseurs, sur le rôle du sang, et surtout sur la quantité que l’on en peut sans danger enlever à l’économie.

Dès la première saignée, on dut constater que le liquide sorti de la veine se prend en gelée. Le phénomène de la coagulabilité n’a pas échappé aux plus anciens phlébotomistes. Hippocrate, après avoir déterminé les indications et les contre-indications de la saignée, étudia avec soin les caractères différents que présentent les caillots suivant les maladies. Voilà à quoi se bornaient ses connaissances sur la saignée. Quant à la quantité de sang à extraire, il se montrait déjà assez hardi, puisque, dans certains cas, il voulait les saignées copieuses, répétées « usque ad animi deliquium ».

Galien nous donne des renseignements beaucoup plus

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