‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 26 sur 126 · XXX · texte numérisé non relu

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-* XXXI, 2e mém.

3 XXXII et XXXIII.

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du sang. Malheureusement il y a quelques réserves à faire sur l’exactitude des chiffres obtenus pour ces deux valeurs, et, par suite, du résultat final.

Aussi M. Malassez est-il revenu, en 1874, à la méthode de Valentin, en proposant simultanément trois procédés, dont deux seulement méritent d’être signalés.

Le premier procédé consiste à injecter une quantité donnée de sérum dans le sang d’un animal dont on a, au préalable, calculé la richesse globulaire. En déterminant la même valeur dans le sang ainsi dilué, on arrive, par une formule assez simple, à l’évaluation de la masse du sang. M. Malassez fait d’ailleurs remarquer avec raison que l’on peut se servir d’une formule plus simple encore, en faisant une injection de volume égal à celui de la saignée préalable.

Le second procédé ne diffère du premier que par la nature du liquide injecté : au lieu de sérum, on se sert de sang emprunté à un animal dont la richesse globulaire est très différente de celle de l’animal soumis à l’expérimentation, bien qu’appartenant à la même espèce. Mais cette dernière condition est-elle toujours facile à réaliser? Et, d'autre part, les numérations successives ne pouvant mettre en évidence que des différences peu accusées, la moindre erreur dans chaque numération conduit à des résultats inexacts. Enfin, on pourrait reprocher à M. Malassez, et c’est un point sur lequel j’aurai à revenir, de se servir pour la numération d’un sérum artificiel dans lequel on ne peut avoir confiance pour les expériences sur les animaux. Nous verrons, de plus, qu’il se produit dans ces sortes de transfusion des modifications assez sensibles de la masse sanguine.

Ces objections ont, à nos yeux, au moins autant de valeur que celles que M. Malassez fait lui-même à ses deux procédés, et dont, du reste, tous les procédés indirects sont passibles. On peut se demander, dit-il, si le

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mélange a lieu d’une manière parfaite entre le sang et la substance injectée, et, d’un autre côté, s’il ne sort pas de liquide, par exosmose, des vaisseaux. Quelle importance faut-il attribuer à ces deux causes d’erreur? C’est ce que nous discuterons en parlant d’une modification que nous proposerons à l’un de ces procédés.

Enfin l’année 1880 a vu naître deux procédée indirects nouveaux, celui de Foa et Pellacani1, et celui de Jean Tarchanoff2.

Du premier, j’aurai peu de chose à vous dire ; c’est le premier procédé de M. Malassez, avec cette différence qu’au lieu de compter les globules, on dose l’hémoglobine. Foa et Pellacani emploient à cet effet un instrument dont nous vous parlerons à propos du dosage de l’hémoglobine, le chromocytomètre de Bizzozero.

Quant au procédé de Tarchanoff, il est de date plus récente encore, si récente même qu’il nous est difficile d’en juger l’exactitude. Toutefois comme, chose importante, la méthode est applicable a l’homme, elle offre en tout cas un grand intérêt.

Le principe de cette méthode est fort simple. Il consiste à faire varier la proportion centésimale d’hémoglobine en épaississant le sang. Et cet épaississement du sang, Tarchanoff l’obtient en plongeant l’individu soumis à l’expérimentation dans un bain d’étuve et en lui faisant subir ainsi une perte d’eau que l’on peut évaluer d’une manière rigoureuse.

On arrive à une équation du premier degré. Soit a et a1 la quantité d’hémoglobine par centimètre cube de sang avant et après le bain, soit p la quantité d’eau perdue par évaporation, et x la masse du sang.

La quantité totale d’hémoglobine ne varie pas ; on peut la représenter avant le bain par la valeur ax, et après le

* xxxiv. — 2 xxxv.

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bain par la valeur a' (x—p). Ces deux valeurs élant égales, on a

ax — a'( x — p) = a'x — pa',

OU

a x — ax — pa ( a ' — a). x — pa'

Pa’

Cela posé, voici maintenant la marche de l’expérience :

Première précaution, on soumet l’individu, avant l’expérience, à un jeûne de 12 heures, pour éviter que le liquide contenu dans le tube digestif ne remplace l’eau perdue dans le bain. Après avoir pris son poids exact, on dose l’hémoglobine, avec l’hémochromomètre de M. Malassez , à l'aide d’un échantillon de sang obtenu par une piqûre du doigt ; puis on plonge l’individu dans une baignoire spéciale qui permette de recueillir la sueur. En outre de la sueur on recueille la salive; l’individu séjourne pendant 20 à 30 minutes dans l’étuve chauffée à 45 ou 50°. A la sortie du bain, il est essuyé avec une éponge que l’on exprime avec soin ; puis, après l’avoir fait uriner jusqu’à la dernière goutte, on le repèse, et on dose de nouveau l’hémoglobine. La différence entre le poids avant et après le bain donne la perte totale. Mais pour avoir la perte en eau, il faut retrancher de ce chiffre les pertes qui se font par la respiration et les pertes en matières solides de l’urine, de la salive, de la sueur. A l’aide des données courantes en physiologie, Tarchanoft évalue ces pertes diverses à 4 grammes, qu’il faut soustraire de la perte totale pour avoir la perte d’eau, p.

Vous voyez que la méthode est ingénieuse et ne demande que relativement peu de temps. Mais, sans se prononcer dès à présent sur son exactitude, on doit reconnaître qu’elle n’est pas à l’abri de critiques sérieuses, et qu’elle repose sur une série d’hypothèses non

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encore indiscutables. Ainsi est-il démontré que l’eau, perdue dans le bain, soit empruntée au plasma seul? Il est vrai que des expériences, faites par plusieurs physiologistes, semblent prouver que la presque totalité de la perte aqueuse est subie par le liquide sanguin. D’autre part, on doit regretter l’emploi de l’hémochromomètre de M. Malassez, et cela d’autant plus que le dosage de l’hémoglobine se faisant, dans ce procédé, avec une quantité minime de sang, toute erreur, en se multipliant dans le chiffre total, conduit à des résultats inexacts. Mais il n’y a là qu’une objection de détail, car si le principe de la méthode est bon, on pourrait substituer à ce mode de dosage du sang tout autre procédé 'chromométrique avec le contrôle d’une numération des globules rouges convenablement faite.

Résumons-nous. Si nous mettons à part le procédé de Tarchanoff, nous voyons que de tous ces procédés nombreux deux seuls méritent d’ètre retenus :

L’un appartient à la méthode directe, c’est celui de Welcker, plus ou moins modifié, qu’on se serve de la spectroscopie ou de la chromométrie.

L’autre relève de la méthode indirecte, celui de Valentin, surtout avec la modification qu’y a apportée M. Malassez.

Dans notre prochaine leçon, j’aurai à vous entretenir d’une modification qu’il me semble utile d’introduire dans ces deux procédés.

5e LEÇON

Sommaire s Description de deux nouveaux procédés, l’un direct, l’autre indirect, pour la mesure de la masse totale du sang. — Ces procédés reposent sur la mesure d’un volume donné de sang à l’aide de la précipitation des globules. — Résultats des recherches sur la masse totale du sang des animaux supérieurs et de l’homme.

Messieurs,

A la fin de la dernière leçon, je vous disais que, parmi les procédés nombreux que l’on a successivement employés pour déterminer la masse du sang, il en est deux qui peuvent rendre des services. L’un relève de la méthode directe, l’autre de la méthode indirecte. Ils doivent tous deux être conservés ; car, si le procédé direct, celui de Welcker modifié, est seul applicable aux petits animaux, sans pouvoir être utilisé pour les animaux de grande ou même de moyenne taille, le procédé indirect, celui de Valentin modifié par M. Malassez, permet d’évaluer la masse du sang chez les grands animaux et déplus se prête à certaines recherches expérimentales qui ne pourraient être entreprises par le procédé direct, celles où il est nécessaire de laisser survivre les animaux.

J’ai cherché à perfectionner l’un et l’autre, et ce sont ces modifications que je vais vous exposer.

Commençons par le procédé direct. M. Malassez a reproché au procédé de Welcker de prendre pour étalon un échantillon de sang qui ne représente pas la composition moyenne de ce liquide. Il croit avoir démontré, dans sa thèse inaugurale1, que la constitution anatomique du sang varie suivant les différents territoires de l’appareil vas- * xxxvi.

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culaire. Or, les recherches que j’ai faites en 1877 ont réduit celte objection à néant, car la numération compara’ tive du sang dans les artères et dans les veines, soit dans les parties périphériques du corps, soit dans les régions centrales, m’a donné un chiffre toujours sensiblement le même. D’un autre côté, Lesser1, en faisant des recherches analogues au moyen du procédé chromométrique d’Hoppe- Seyler modifié, est arrivé à des conclusions identiques, en ce qui concerne non plus les globules rouges, mais l’hémoglobine. On doit donc, contrairement à l’opinion de M. Malassez, admettre que le sang recueilli dans une artère ou une veine quelconque représente une moyenne et peut, par suite, être pris comme étalon, sans qu’il y ait erreur sensible.

La difficulté principale est ailleurs ; elle tient à la coloration du liquide de lavage et de macération, qui, malgré les filtrations repétées sur les filtres les plus fins, reste toujours trouble. Or, le sang pur, pris comme étalon, mêlé à l’eau, donne une solution transparente ; vous concevez, dès lors, qu’il est difficile de comparer deux liquides, dont l’un laisse parfaitement passerles rayons lumineux par transparence, tandis que l’autre demeure trouble. Il faut donc abandonner le dosage chromométrique, et il n’y a pas grand avantage à employer, comme l’a fait M. Malassez, la numération des globules.

Pour tourner cette difficulté, je propose de doser le sang en précipitant les globules rouges. Mais au préalable il fallait trouver une solution qui fixât les éléments cellulaires du sang, sans en détruire aucun. Cette condition est réalisée d’une manière parfaite par le liquide A dont voici la formule :

Liquide A: Eau distillée 200 grammes.

Chlorure de sodium pur. 1 —

Sulfate de soude pur. . . 5 —

Biehlorupe de mercure. , 0,50 —

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Quand on mêle du sang à ce liquide, et qu'on laisse reposer ce mélange pendant quelque temps, tous les globules rouges tombent, en vertu de leur densité élevée au fond du vase. Pour opérer cette précipitation, je me sers d’un récipient spécial, que je vais faire passer dans vos mains. Vous voyez qu’il se compose d’un entonnoir que l’on peut fermer à la partiesupérieure, auquel est soudé un tube allongé, fermé à son extrémité inférieure, et partagé en divisions dont chacune représente un 40° de centimètre cube (fi g . 1).

Fig. 1. — Vase à précipitation des globules rouges.

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