STEINBERG
JOLYET
et
LAFFONT.
Chien.. .
Chat. . . .
Lapin. . .
Cochon
d'Inde .
Ce tableau ne comprend que les recherches faites suides animaux placés dans des conditions physiologiques, et cependant, les évaluations qu’il renferme sont assez discordantes. En général, les procédés indirects ont donné des chiffres supérieurs à ceux obtenus par les procédés directs. Pour ne prendre que les extrêmes, vous voyez que le coefficient maximum est de 0,091, soit ^ du poids du
corps, chez le chien, le minimum de 0,045, soit ^ du
’ XXXVIII, p. 135.
HÀYEM.
SANG
ÉMISSIONS SANGUINES
poids du corps, chez le cobaye, ce qui fait une différence du simple au double. Pour un même animal, le chien, les évaluations varient de 0,091 à 0,055, dans la proportion de 1 à 1 ,63.
Les résultats que nous avons obtenus dans notre laboratoire, en calculant la masse totale du sang chez le chien, par le procédé indirect, sont les suivants :
Chez un bull, bien portant, vigoureux, âgé, du poids de 14 k. 750, la masse totale du sang, calculée à l’aide d’une saignée et d’une injection s’élevant au 70e du poids du corps, étaitdel k. 851 gr.,ce qui représente le ~ du poids du corps.
Chez un jeune chien, à la période de la 2* dentition, bien portant, du poidsde5k. 700, lamasse totaledu sang, calculée à l’aide d’une saignée de du poids du corps, s’élevait
à 615 grammes, soit au du poids du corps.
Un 3e chien, jeune, du poids de 6 k. 100 gr. n’avait que 416 grammes de sang, quantité qui ne s’élève qu’au
— gg du poids du corps.
Enfin sur un 4e chien, jeune et bien portant, du poids de 6k. 570 gr., la masse totale du sang était de 536 gr., et s’élevait par conséquent au ^ du poids du corps.
On voit que les résultats sont assez variables; mais il ne pourront être acceptés définitivement que lorsqu’ils auront été vérifiés et rectifiés à l’aide d’expériences ultérieures (1).
En ce qui concerne l'homme , nous n’avons à signaler que des recherches peu nombreuses et fort imparfaites.
(1) Nous donnons ici les chiffres que nous avons trouvés sans correction. Nos expériences ayant été commencées en mars ont dû être interrompues au mois de mai à cause du développement d’organismes inférieurs dans le sérum injecté et par suite dans les vases à précipitation. Ce sont des recherches qui ne peuvent être bien faites que pendant l’hiver, de sorte que nous sommes obligé d’attendre la saison froide pour calculer la formule de correction qui nous permettra d’avoir des données encore plus exactes. Mais nous ferons remarquer que la nécessité de cette cor-
MASSE DU SANG
Les premières sont dues à Lehmann et E. Weber, qui ont donné le coefficient 0,125 (-i) ; puis vient Bischoff, qui, opérant par le procédé de Wolcker, sur trois suppliciés, obtient les chiffres 0,011 et 0,11, soit ~ et ^ . Mais les conditions dans lesquelles se trouvaient ces individus peu avant leur mort, enlèvent quelque valeur à ces évaluations.
Enfin Welcker fit une tentative analogue, mais il ne put arriver au bout de l’expérience et c’est par approximation qu’il donne le chiffre de 0,071 (jM à 0,083 (J^\- Il est inutile de vous faire remarquer que ces chiffres ne sauraient être considérés comme définitifs.
J’en dirai autant pour ceux qu’a obtenus Tarchanoff. Cet auteur donne pour le rapport du poids du sang au poids du corps :
JL. 1 1 î î î î î jp i \ i î
En moyenne
Ce chiffre autoriserait à penser que l’homme est plus pauvre en sang que les animaux supérieurs ; mais il est impossible d’accepter sans réserves les résultats des recherches de Tarchanoff.
En résumé, nous ne possédons encore aucun renseignement précis et définitif sur la masse totale du sang chez l’homme à l’état physiologique.
rectlon elant due à la dilution du sang après la saignée, dilution qui continue, comme nous nous en sommes assuré, malgré l’injection du sérum, les chiffres que nous donnons sont plutôt trop faibles que trop forts. D’après les quelques expériences que nous avons faites jusqu’à présent pour nous rendre compte de la valeur de l’erreur commise, nous pensons qu’il faudra élever nos chiffres d’environ 3 à 5 0/0.
6r LEÇON
Sommaire r Des variations de la niasse du sang sous l’influence des conditions physiologiques et pathologiques. — Des procédés d'exnmen anatomique du sang. — Cellule argentée. — Dessiccation. — Numération des globules.
Messieurs,
Nous avons vu, dans notre dernière leçon, combien nous sommes pauvres en données précises sur la masse totale du sang dans les diverses espèces animales.
Tout est à faire sur une question aussi importante pour la pratique, et en particulier pour l’étude pharmacolhérapique des émissions sanguines ; je fais ici allusion aux variations que la masse du sang éprouve sous certaines influences physiologiques.
Ainsi, nous ne sommes guère renseignés en ce qui concerne l'influence de Y âge sur le poids du sang. Les seules recherches, dans cet ordre d’idées, ont porté sur les nouveau-nés. Sur un nouveau-né humain, venu au monde asphyxié, Welcker a obtenu le chiffre 1/19,3 ou 0,051. Schücking1, opérant sur cinq nouveau-nés, morts immédiatement après la naissance, a constaté que, chez eux, la quantité de sang est très variable. Elle dépend du moment où se fait la ligature du cordon. En cas de ligature immédiate, il a trouvé le coefficient 1/15 ou 0,0G6; chez les autres 0,10 ou 1/10. 11 semble donc que la ligature tardive a pour résultat d’augmenter d’un tiers la quantité du liquide sanguin ; je n’ai pas besoin d’insis-
VARIATIONS DE LA MASSE DU SANG. 85
ter sur l’importance de ces données, au point de vue de cette question si contestée d’obstétrique. Je pourrais citer encore les recherches de Panum1 sur le chien nouveau-né, d’après lesquelles, à cette époque de la vie, la proportion du sang serait plus faible qu’à l’àge adulte. Mais elles ne sont pas applicables à l’espèce humaine, le nouveau-né humain ne se comportant pas comme les animaux sous le rapport de la constitution du sang.
Sur l’influence du sexe nous n’avons aucune donnée positive.
Nous ignorons également si la masse du sang varie avec les tempéraments.
Les animaux maigres sont-ils moins riches en sang que ceux qui présentent un embonpoint normal ou exagéré? Pour fixer vos idées sur cette question, je ne puis que vous donner le résultat d’une de mes dernières expériences. Chez un chien de forte stature, mais affaibli par une affection chronique de la peau, la gale des chiens, pesant 19 kil. 700 gr.J’ai fait couler le sangjusqu’à production de syncope. Or, les manifestations agoniques ne se sont montrées que quand il eut perdu 1676 gr. de sang, soit 1/11,7 du poids du corps, chiffre beaucoup plus élevé que celui que l’on obtient habituellement chez le chien; ces manifestations précédèrent la mort, et à ce moment il coulait encore quelques gouttes de sang.
Dans d’autres cas encore les animaux amaigris nous ont fourni relativement plus de sang que les animaux gras.
Sur l’influence de la gestation , on ne possède que les travaux de Gscheidlen et Spiegelberg 2. Ces auteurs ont trouvé pour les chiennes non pleines le coefficient 0,0787, dans les premiers temps de la gestation 0,0780, à la fin de cette période 0,108. Il y aurait donc, du fait de la gestation, une augmentation notable de la masse sanguine.