‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 41 sur 126 · XXIII · texte numérisé non relu

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DOSAGE DE L’HÉMOGLOBINE. 113

Ici encore les causes d’erreur sont nombreuses. Sans parler de la difficulté qu’on éprouve à se procurer de l’hémoglobine, on est endroit de se demander si les propriétés optiques, dans l’examen spectroscopique, sont identiques pour la solution d’hémoglobine d’une part, pour la solution de sang d’autre part. D’ailleurs, des expériences comparatives, faites en Allemagne et en Suède, semblent prouver que le spectroscope donne des résultats encore moins exacts que l’hématinomètre.

Enfin, j’ai à vous indiquer un dernier procédé, celui de M. Quinquaud1.

M. Quinquaud admet que la quantité maximum d’oxygène absorbée par le sang (capacité respiratoire) est dans un rapport constant, qu’on peut déterminer une fois pour toutes, avec la proportion d’hémoglobine contenue dans le sang.

Il détermine alors à l’aide du procédé de MM. Schützenberger et Risler2 la capacité respiratoire du sang, et à l’aide d’une table dressée d’avance, en tire la richesse en hémoglobine. Ce procédé me semble trop défectueux pour qu’il soit utile de le décrire en détail (1).

Nous aurons, d’ailleurs, à revenir sur la valeur de cette méthode en ce qui touche le dosage de l’oxygène dans le sang.

(1) Sans m'arrêter à toutes les critiques dont le procédé do M. Quinquaud est passible, je ne signalerai ici que les principales:

1° Il n’est nullement démontré que la quantité d’oxygène absorbé soit proportionnelle à la quantité d’hémoglobine dans tous les cas, physiologiques ou pathologiques, et chez les divers animaux ;

2° Pour établir le rapport entre les quantités d’oxygène absorbées et le poids de l’hémoglobine, M. Quinquaud se sert d’une part des chiffres fournis par Pelouze sur le contenu du sang en fer (0,53), d’autre part de ceux qu’a donnés Hoppe-Seyler pour la richesse de l’hémoglobine en fer (0 6r-, 43 0/0). Or, les recherches de Pelouze ont porté sur le

‘ LI. — s CXV.

HAYEM. — SANG

ÉMISSIONS SANGUINES

sang humain ; celles d’Iloppe-Seyler sur le sang du chien. C’est donc sur des résultats obtenus sur des animaux d'espèces différentes que M. Quinquaud so fonde pour établir le prétendu rapport constant qui est la base de tous ses calculs. Une semblable méthode ne peut être considérée comme rigoureuse.

Sommaire : Dosage de l'hémoglobine. (Fin.) — Constitution anatomiqu.; proportionnelle du sang do l’homme et du sang du chien.

Messieurs,

Après avoir décrit sommairement, dans la dernière leçon,les principaux procédés de laboratoire pour le dosage de l’hémoglobine, j’arrive aux procédés cliniques. Également fort nombreux, ils sont tous chromométriques.

Procédés cliniques. — Je vous signalerai d’abord le procédé de Welcker, publié en 1854, dit de Y échelle à taches de sang1. Welcker prend du sang, considéré comme normal, le sien, et en fait des dilutions, en proportions définies, à des titres différents. Ainsi à un centimètre cube de sang, il ajoute successivement de 8 à 20 centimètres cubes d’eau distillée ; puis il dépose sur du papier blanc, dans des cercles tracés à l’avance, une quantité toujours identique de ces diverses dilutions qu’il laisse dessécher, après l’avoir soigneusement étalée avec la pointe d’une aiguille. Il prépare ainsi une échelle de taches, dont chaque degré correspond à un certain nombre de globules de sang normal ; il suffit de comparer les taches obtenues avec les dilutions du sang à examiner à celles de l’échelle, pour savoir combien le sang renferme d’hématies. Cette méthode, peu pratique et peu précise, est tombée en désuétude.

Le procédé de Mantegazza2 repose sur un principe différent : la mesure du degré de transparence des solutions sanguines. Mantegazza voulait, par l’emploi de son globu-

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