XVI. — * LU
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limèlre, déterminer la richesse du sang en globules rouges, avec plus de rapidité et de précision que ne le comporte l’appareil de Vierordt, seul connu à cet époque (1865). Sans insister sur le dispositif de cet instrument, je me bornerai à vous en indiquer le principe. Plus une solution de sang renferme d’hémoglobine, plus elle est opaque ; on peut de la transparence de la solution déduire sa richesse en matière colorante. Gela posé, si l’on regarde une source de lumière à travers une solution sanguine, et qu’on interpose une série de verres bleuis entre l’œil et la solution, un moment arrivera où la lumière ne sera plus visible ; d’après le nombre de verres interposés, on pourra estimer le degré de transparence de la solution sanguine, et à l’aide d’une labié, sa richesse en hémoglobine. Fort ingénieux, ce procédé n’offre aucune garantie d’exactitude, car le principe optique sur lequel il repose est loin d’étre indiscutable.
En énumérant les procédés de laboratoire, je vous disais que Preyer avait imaginé de se servir du spectroscope; Karl Vierordt *, dans une série de recherches (1871- 1873) voulut également utiliser l’analyse spectrale pour le dosage de l’hémoglobine, par un procédé qui, ne demandant que quelques gouttes de sang, rentre dans les procédés cliniques. Dans ce but, il modifia le spectroscope de Steinheil, de façon à pouvoir calculer la proportion d’hémoglobine d’après le coefficient de l’extinction de l’intensité lumineuse dans la 2e bande d’absorption spectrale, celle qui est dans le vert. Cela demande explication.
Vous savez que lorsque l’on regarde à travers le prisme du spectroscope une solution d’oxvhémoglobine, on voit le spectre lumineux interrompu par deux raies obscures, l’une dans le jaune, l’autre dans le vert, plus accentuée. Vous savez sans doute aussi que l’intensité lumineuse des couleurs spectrales est inversement proportionnelle à la gran-
' lui.
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deurde la fente par où passe le faisceau lumineux. Avec ces données, vous pourrez aisément comprendre le principe du speclroscope de Vierordt. La fente de cet appareil est divisée horizontalement en 2 parties, en 2 fentes de largeur inégale. La fente inférieure reste constante, la fente supérieure peut être rétrécie cà volonté. Par la fente inférieure on fait passer le rayon lumineux qui a traversé la solution sanguine ; par la fente supérieure, mobile, le faisceau de lumière normale. Au fur et à mesure qu’au moyen d’une vis très fine on rétrécit la fente, le spectre s’obscurcit et un moment arrive où le vert du spectre est aussi obscur que la bande d’absorption produite dans le vert par l’oxyhémoglobine. On a ainsi obtenu le coefficient de l’extinction de l’intensité lumineuse dans cette bande, coefficient qui, d’après Vierordt, est en rapport direct avec la proportion d’hémoglobine contenue dans le sang. Au moyen de tables dressées avec des solutions de sang normal on peut déterminer cette dernière valeur.
Cette méthode a été employée par plusieurs élèves de Vierordt ; malheureusement le principe sur lequel elle repose a été contesté par divers physiciens. Je me récuse entièrement sur ce point et j’avoue mon incompétence. Mais, à mon sens, c’est dans cette voie qu’il faudra chercher la solution du problème, en s’appuyant, non sur une seule propriété optique du sang, mais sur l’ensemble de ses propriétés optiques. A ceux que ces questions intéressent, je signalerai la fort intéressante note de M. Govi : Delà loi d’absorption des radiations à travers les corps et de son emploi dans l’analyse spectrale quantitative (Comptes rendus de l’Ac. des Sc., déc. 1877). C’est en appliquant les principes énoncés par ce physicien qu’on trouvera, je pense, le moyen d’utiliser le spectroscope pour le dosage de l’hémoglobine.
J’arrive maintenant à un procédé français, celui de
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M. Malassez1 (1876); c’est encore un procédé chromométrique.
lu hémochromomètre de M. Malassez se compose essentiellement d’un réservoir à faces parallèles remplaçant l’ampoule du mélangeur Potain, où l’on place la solution sanguine à examiner. La teinte de cette solution est comparée à celle que donne un prisme rempli d’une sorte de gelée à la glycérine colorée par le picrocarminate d’ammoniaque, au moyen du dispositif suivant :
On ménage dans un écran noir deux trous de cinq millimètres de diamètre, derrière l’un de ces trous on place le réservoir contenant la solution sanguine, derrière l’autre le prisme coloré. Celui-ci, mû par une crémaillère, présente au niveau du trou des épaisseurs différentes, et on le fait changer de position jusqu’à ce que le prisme donne la même teinte que la solution sanguine. La lumière qui traverse les milieux colorés est diffusée par une plaque de verre dépolie placée derrière le mélangeur et le prisme. Une échelle est collée sur un côté du prisme; dans les mouvements de celui-ci, elle passe devant une aiguille fixe qui détermine la position du prisme, et, par suite, la valeur de ton de la solution. Lorsque la teinte fournie par le prisme est identique à celle de la solution sanguine, on note le degré qui est le plus rapproché de l’aiguille fixe. En se reportant à une table, on saura combien le sang analysé contient d’hémoglobine.
Malheureusement, le principe sur lequel repose la graduation de l’appareil de M. Malassez est analogue à celui qu’a utilisé M. Quinquaud et, par suite, la table n’offre aucune garantie d’exactitude. De plus, la dilution de picro-carminate n’a jamais la même teinte que celle du sang, et l’examen par transparence diminue singulièrement la sensibilité du procédé. Aussi l’écart entre ' LIV.
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chaque degré se chiffre-t-il par une différence de 10 et 15 pour 100 dans la proportion d’hémoglobine à doser ; la méthode est donc fort peu sensible.
Et cependant, malgré toutes ces causes d’erreurs, nous sommes si pauvres en procédés satisfaisants que l’hémochromomètre a trouvé un accueil favorable auprès de quelques expérimentateurs.
Je dois encore vous signaler deux procédés de date toute récente, sans d'ailleurs en recommander l’emploi, ceux de Quincke et de Bizzozero.
Le procédé de Quincke 1 peut être comparé au procédé de l’échelle liquide de Welcker, avec cette différence qu’il y est fait usage de tubes capillaires.
L’échelle est formée d’une série de 20 tubes de thermomètre, ayant cinq dixièmes de millimètre de diamètre, contenant des solutions de plus en plus diluées de picro-carminate d’ammoniaque. On les fixe dans une fente pratiquée dans un disque de carton, de manière à ce qu’ils soient distants l’un de l’autre d’une largeur égale à leur épaisseur. Le sang à examiner, dilué en proportion définie, est placé dans un tube d’essai de calibre égal qui est fixé sur la fente d’un autre disque mobile sur l’échelle. Cette fente a des dimensions telles que, de chaque côté du tube, il reste juste assez d’espace pour qu’on aperçoive un des tubes de l’échelle. Il suffît alors de chercher dans l’échelle le tube dont la teinte correspond le plus exactement à celle de la solution sanguine contenue dans le tube d’essai.
Pour graduer son appareil, Quincke s’est servi de la teinte moyenne fournie par le sang normal dans 20 cas, graduation qui ne répond, ni à un poids connu d’hémoglobine, ni à un nombre déterminé d’hématies saines. Ce procédé manque évidemment de précision.
L’appareil de Bizzozero2, 1 e caromo-cytomètre, est des-
1 lv. — * LVI.
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tiné, le nom vous l’indique, à la fois à doser l’hémoglobine et à compter les globules. Qu’on l’emploie comme chromomètre ou comme cytomètre, la richesse du sang en hémoglobine se déduit de l’épaisseur qu’il faut donner à une couche de sang dilué pour obtenir un effet optique déterminé. Je ne veux vous le décrire ici, et cela succinctement, qu’au point de vue du dosage de l’hémoglobine. Dans ce cas, l’étalon est un verre coloré par de l’oxyhémoglobine dissoute dans de la gélatine, qui, après dessiccation, est fixée à l’aide d’une goutte de vernis de Damar.
La partie essentielle de l’instrument se compose de deux tubes, ouverts à une extrémité et dont l’un, le tube interne, peut pénétrer dans l’autre, le tube externe, jusqu’à un certain point. Dans le reste de sa longueur, il s’engrène dans le Qube externe au moyen d’un pas de vis. Le verre coloré étant adapté à l’instrument, on verse la solution de sang dans un réservoir adapté au tube externe, de façon à ce que, suivant les mouvements du tube interne, la solution tombe dans le tube externe, ou soit refoulée dans le réservoir, d’où ces différences d’épaisseur, produites à volonté, dans le liquide que renferme le tube externe. L’appareil étant dirigé sur une surface bien éclairée, il suffit de faire manœuvrer la vis jusqu’à ce que la coloration du liquide soit 'égale à celle du verre coloré ; une échelle indique l’épaisseur correspondante de la solution sanguine et une table donne la quantité d’hémoglobine quelle renferme.
Comme il m’a été impossible de me procurer cet appareil d’une construction très difficile, je n’ai pas été en mesure de vérifier l’exactitude des assertions de Bizzozero, qui, naturellement, le croit supérieur aux autres instruments analogues. Mais ici encore le sang est examiné par transparence, ce qui diminue la sensibilité du procédé. De plus, tous les procédés (colorimètre de Duboscq modifié par MM. Jolyet et Laffont, chromomètre, chromocytomètre) qui sont fondés sur la comparaison d’un
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étalon d’épaisseur invariable, avec un liquide coloré dont les valeurs de ton sont modifiées par des variations d’épaisseur, reposent sur un principe inexact et exposent particulièrement aux erreurs qui dépendent de l’intensité plus ou moins grande de l’éclairage.
Cette longue énumération des principaux procédés appliqués au dosage de l’hémoglobine a dû vous convaincre, Messieurs, qu’aucun n’est à l’abri de la critique. Aussi je crois devoir m’en tenir au procédé que j’emploie depuis 1875 et qui me semble offrir plus de garanties d’exactitude que tous les autres. Il m’a servi pour mes recherches sur les anémies, publiées en juillet 1876, à une époque où M. Malassez n’avait pas encore fait connaître son hémochromomètre, alors qu’on croyait pouvoir apprécier le degré d’aglobulie par le dénombrement des globules. J’ai depuis fait subir à mon procédé diverses modifications, et ce n’est que dans les Archives de physiologie de 1877 que j’en ai donné une description complète'.
Cet appareil chromomôtrique consiste simplement en une double cellule do verre et en une échelle de teintes coloriées.
Fig. 18.
La double cellule ( fig . 10) se compose de deux anneaux de verre de même diamètre, à surface extérieure dépolie, collés côte à côte sur une plaque de verre. Ils ont été usés au niveau des points tangents, de façon à former deux petits réservoirs identiques, séparés par une mince cloison, et pouvant contenir chacun un peu plus de 500 millimètres cubes d’eau.
' lvii .
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Supposons que, après avoir placé la lame de verre portant les deux cellules sur une feuille de papier blanc, on mette dans chaque cellule 500 millimètres cubes d’eau distillée et que dans l’une d’elles on ajoute 4 ou 5 millimètres cubes de sang, on obtiendra une solution dont la couleur, vue par lumière réfléchie, tranchera nettement sur l’état incolore de la couche liquide contiguë. L’intensité de coloration de la solution sanguine variera évidemment à la fois suivant la proportion de sang utilisé et suivant sa richesse en matière colorante.
Or, comment évaluer cette intensité de coloration? Prendre, comme étalon, du sang normal, ou une solution d’hémoglobine, ne serait pas pratique. J’ai tourné cette difficulté en remplaçant la solution de sang étalon par une série de teintes coloriées. Pour exécuter cette échelle, j’ai fait des solutions, en proportions variables, d’un sang dont je connaissais le contenu en globules, et j’ai peint à l’aquarelle des teintes représentant d’une manière précise chacune de ces dilutions. Malheureusement, je ne suis pas encore arrivé à les faire fabriquer par un procédé plus commode, au point de vue d’une production en grand.
Dans mon échelle, les teintes ont les valeurs suivantes :
Teinte
8 649 000 globules sains.
il®
Ces chiffres signifient que toute solution sanguine, correspondant à une teinte donnée, contient une quantité
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d’hémoglobine égale à celle qui est fournie par le nombre de globules sains correspondant à cette teinte.
Gela posé, voyons comment il faut employer cet appareil chromométrique.
Les deux cuvettes étant remplies, l’une par une solution, à titre connu, du sang à examiner, l’autre, par de l’eau pure, si au-dessous de cette dernière on fait passer successivement les rondelles coloriées, il arrive un moment où, vue à travers la couche d’eau, une de ces rondelles produit une coloration équivalente à celle de la solution sanguine.
Tel est le principe; mais, pour obtenir de bons résultats, plusieurs précautions sont indispensables.
En premier lieu, il importe de choisir un éclairage convenable. Mieux vaut se placer dans une chambre éclairée par une seule fenêtre, tournée vers le nord ou vers l’est. On se mettra directement en face de la fenêtre, à quelques mètres de distance, pour que la lumière tombe obliquement sur les deux cellules, sans que l’une produise une ombre qui se projette sur la voisine. La lumière la plus'favorable est celle que donne un ciel couvert de nuages blancs ou légèrement gris ; la plus fâcheuse est celle qui émane d’un ciel bleu et sans nuages.
Quelle quantité de sang faut-il employer ? Pour le dosage d’un sang normal, on peut prendre 2 à 4 millimètres cubes ; dans les cas pathologiques, il convient d’opérer sur une quantité de sang d’autant plus grande que l’anémie est plus intense, de 4 à 15 millimètres cubes.
Quand le mélange sanguin est effectué dans une cellule, on place la cellule remplie d’eau pure au-dessus de l’une des teintes de l’échelle de manière cà ce que la cellule contenant le sang se trouve à gauche, et on se préserve des rayons lumineux horizontaux formant avec la main une sorte d’écran entre la fenêtre et la cellule
EMISSIONS SANGUINES
Pour être sûr d’avoir trouvé la teinte concordante, on examine si la teinte qui précède et celle qui suit donnent un aussi bon résultat. Quand la teinte de l’échelle n’est pas absolument concordante, on apprécie facilement, avec un peu d’habitude, la valeur d’une demiteinte.
L’opération est alors terminée ; elle indique, exprimée en globules sains, la richesse globulaire du sang examiné. Prenons un exemple. Supposons qu’on ait pris 6 millimètres cubes de sang et qu’on ait obtenu la teinte n" 4 ; si vous vous reportez au tableau précédent, vous voyez que la richesse globulaire sera par millimètre cube de :
Admettons, d’autre part, que la numération des globules de ce sang ait donné le chiffre de 4 774 000 par millimètre cube. Le mélange sanguin, pour le dosage de l’hémoglobine, ayant été fait avec 6 millimètres cubes, on en conclura que 4 774 000X6 ou 28 644 000 globules renferment la même quantité d’hémoglobine que 11 892 375 globules sains.
Un globule du sang examiné sera donc représenté en moyenne par :
Il 892 375 28 644 000
Dans ce cas on aura donc :
Nombre des globules rouges par millimètre cube, N = 4 774 000; richesse globulaire, exprimée en globules sains, R = 1 982 062; valeur individuelle, moyenne, d’un globule G = 0,414. Avec ces données, on peut dresser chaque observation sous forme d’un graphique comprenant trois courbes N-R-G, auxquelles on peut ajouter la courbe B, exprimant les variations des globules blancs, et la courbe H, répondant aux hématoblastes. C’est ce que nous ferons dans nos re-
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cherches sur les modifications du sang produites par les saignées. Dans quelques tracés vous trouverez, de plus, une courbe R', représentant le rapport des hémato-
blastes aux globules rouges, soit-j^ .
Maintenant que vous connaissez, Messieurs, le principe sur lequel repose mon appareil chromométrique et la manière de s’en servir, je vais exécuter sous vos yeux un dosage d’hémoglobine.
Vous pourrez ainsi constater que, si le principe en est fort simple, l’application en est des plus faciles et des plus rapides. Il peut donc, plus que tous les autres procédés, être utilisé pour les besoins de la pratique ; en outre, il offre une très grande sensibilité, et cela pour deux motifs. D’abord parce que l’on se sert de la lumière réfléchie, et, en second lieu, parce que les objets colorés à comparer sont contigus.
Mais, à côté de ces avantages, cette méthode n’est pas sans présenter quelques inconvénients. En premier lieu, je vous citerai la difficulté d’exécution des rondelles coloriées. D’autre part, et c’est une objection plus sérieuse, inhérente, du reste, à toute méthode chromométrique, les teintes des dilutions sanguines varient avec l’éclairage.
En général, elles offrent une coloration orangé-rouge. Lorsque le ciel est couvert, et que la lumière solaire est plus ou moins blanche, cette teinte tire sur le rouge ; au contraire, quand par un ciel sans nuages la lumière devient bleue, elle est rendue d’autant plus jaune verdâtre que le bleu du ciel est plus intense. Les rondelles coloriées subissent des modifications analogues, mais dans une proportion infiniment moindre; il faut donc avoir deux échelles de teintes, l’une dans la gamme orangé-rouge, l’autre dans la gamme orangé-jaune ; on atténuera ainsi
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une cause d'erreur que l’on ne peut faire disparaître entièrement.
Quoi qu’il en soit, et tout en faisant la part de cette cause d’erreur, je crois pouvoir affirmer que l’on peut, par ce procédé, évaluer la quantité d’hémoglobine à 3 pour 100 près de la quantité à doser. On n’a pas encore démontré qu’une autre méthode soit plus exacte et réalise mieux les meilleures conditions de toute analyse chromométrique : juxtaposition des teintes, éclairage de la solution à doser par la lumière réfléchie.
Tels sont les détails techniques, parfois fort arides, dans lesquels je devais entrer pour vous faire connaître les moyens dont nous disposons pour l’étude, non seulement normale et pathologique, mais encore expérimentale du liquide sanguin.
Avant d’aborder l’analyse des modifications anatomiques du sang, produites par les émissions sanguines, je crois devoir résumer les notions que nous possédons sur le nombre des éléments figurés du sang à l’état normal, d’une part chez l’homme, et d’autre part chez le chien sur lequel ont porté mes expériences.
1° Sang de l’homme à Vétat normal. Je tiendrai compte à la fois des observations que j’ai recueillies et des résultats obtenus par mes élèves MM. Dupérié 1 et Cadet2. Les globules rouges sont en moyenne au nombre de 5 200 000 (Cadet) ; le chiffre le plus fort est 6 900 000, le plus faible 4 427 000.
Mais l’âge et le sexe modifient d’une façon très sensible ces chiffres. Chez l’adulte M. Dupérié et moi nous avons trouvé, en moyenne 5 500 000 ; comme chiffre minimum 4 G00 000. M. Cadet est arrivé à des résultats un peu différents. Il a trouvé comme moyenne générale 5 000 000; les chiffres extrêmes qu’il a observés sont
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