RÉSISTANCE AUX PERTES SANGUINES
espèce, n’offrent pas une résistance égale aux pertes sanguines. D’ailleurs les conditions expérimentales n’ont peut-être pas été toujours identiques.
Quoi qu’il en soit, voici quelques chiffres. En ISS'â Herbst 1 donne comme rapport de la perte de sang mortelle au poids du corps pour le bœuf Pour Ie chien
, pour la chèvre 40, pour le mouton , pour l’âne
•— j , pour le lapin Wanner2, en 1849, a trouvé chez le bœuf, le mouton , le lapin environ le chiffre de ^ du poids du corps. Par contre Piorry a pu extraire
chez le chien, en une seule hémorragie, du poids du corps, tandis que d’autres observateurs ont vu, chez cet animal, la mort survenir après un perte de sang beaucoup moins abondante. C’est ainsi que M. Kirmisson3 dit, dans sa thèse d’agrégation, avoir vu un chien succomber à une hémorragie très rapide qui ne dépassait pas ^ du poids du corps.
Il résulte des nombreuses saignées mortelles que nous avons pratiquées, que la résistance des animaux d’une même espèce est extrêmement variable ; elle paraît dépendre de la race, de l’état de santé des animaux, de leur alimentation habituelle, de leur état de jeûne ou de digestion. La part de chacune de ces influences n’a pas encore été suffisamment précisée. Si on voulait le faire, ce qui certes serait intéressant, il ne faudrait pas extraire du corps tout le sang qu’on en peut tirer, comme cela a été pratiqué jusqu’à ce jour; il conviendrait d’arrêter l’hémorragie au moment où surviennent les phénomènes agoniques, annonçant une mort certaine, à bref délai.
Quand on saigne à mort des chiens amenés récemment de la fourrière et qui sont probablement affaiblis par le jeûne et de longues courses, on les voit parfois mourir après une perte de sang insignifiante. Quelques-
1 xxviii. — 5 xiv. — 3 LXIII.
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uns de nos animaux sont morts dans ces conditions, d’une manière absolument brusque, sans convulsions et comme sidérés. Il faut évidemment laisser ici de côté ces faits exceptionnels et presque pathologiques.
Les chiens qui paraissent bien portants et qui ont été à peu près convenablement nourris succombent rarement avant d’avoir perdu, en sang, — au moins du poids du corps. Les pertes de à — L> sont habituellement mortelles et représentent la moyenne de la perte sanguine à faire subir en une fois à un chien pour le tuer.
Quand on cherche à extraire tout le sang qui peut sortir par une grosse artère dans laquelle a été placée une canule, on obtient parfois des quantités encore plus élevées. C’estainsi que nousavons pu tirer, par la fémorale, une proportion de sang égale à -~j du poids du corps chez un chien qui était très grand et avait des artères volumineuses.
Ce résultat est fort intéressant au point de vue de l’appréciation delà masse totale du sang; celle-ci, d’après ce fait seul, parait avoir été évaluée par les expérimentateurs à un taux inférieur à la réalité chez le chien, d’autant plus que chez les animaux saignés jusqu’à la dernière goutte, il reste néanmoins encore du sang dans le corps. C’est ce que vous pouvez constater sur le cadavre d’un chien tué par hémorragie avant le cours et sur l’animal qui vient de succomber sous vos yeux.
Vous voyez que, chez le premier de ces chiens, tous les viscères sont exsangues, les poumons affaissés, présentant une teinte rosée. Les grosses veines voisines du cœur, caves, pulmonaires, azygos sont gorgées de sang; tous les autres vaisseaux sont vides, effacés. Dans le cœur droit se trouve une petite quantité de sang coagulé; le cœur gauche est presque absolument vide. Enfin, dans