‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 87 sur 126 · SANG DE L’EMBRYON · texte numérisé non relu

SANG DE L’EMBRYON

indiquât une différence précise entre le sang qui en sort et celui qui y pénètre. Cependant les expériences que nous avons laites sur les chiens rendus anémiques par des saignées montrent que, 'même dans ces conditions, le sang de la veine splénique ne renferme pas d’éléments nucléés.

Le procédé, qui consiste à faire l’examen du sang avant et après l’ablation de la raie, c’est-à-dire après la suppression de la fonction de l’organe, aurait dû donner d’utiles renseignements. Nous savons que les différents organes hématopoiétiques peuvent se suppléer les uns les autres, mais cette suppléance ne peut s’établir instantanément ; et, si la rate a une action marquée sur la constitution anatomique du sang, à l’état physiologique, il est difficile de comprendre qne l’ablation de cet organe n’entraine pasde modifications plus sensibles dans l’état de ce liquide. Les recherches de ce genre devront être poursuivies et multipliées.

En résumé, ces considérations sur l’évolution du sang, nous mettent en présence de deux théories : la théorie allemande et italienne et celle que je vous ai exposée.

Pour comprendre cette discussion et interpréter les faits en apparence contradictoires qui sont relatifs à la formation et à la réparation du sang , il faut faire appel aux données fournies par l’embryologie.

Vous n’ignorez pas que le sang de l’embryon, pendant la première période de la vie intra-utérine est plus complexe que celui de l’animal bien développé. On y trouve des globules rouges à noyaux et des globules paraissant dépourvus de noyaux, tout à fait semblables à ceux de l’adulte. Les globules à noyaux, que je ne puis décrire ici en détail, présentent plusieurs variétés ; les uns, parfaitement biconcaves, semblent être au premier abord de simples globules rouges ordinaires, géants; mais ils laissent apparaître en s’altérant ou lorsqu’on les traite par

ÉMISSIONS SANGUINES

divers réactifs, un ou parfois deux noyaux relativement petits ; les autres plus petits, non excavés, sphériques ou irréguliers se déforment facilement, contiennent un noyau relativement volumineux et ressemblent beaucoup, si toutefois ils ne sont pas absolument identiques, aux globules rouges nucléés de la moelle des os.

Enfin, j’ai pu m’assurer sur des embryons humains frais, ainsi que sur des embryons d’animaux, que le sang contient déjà des hérnatoblastes tout à fait semblables à ceux du sang de l’adulte, mais moins nombreux que pendant la vie extra-utérine. Il est même facile de voir dans le sang embryonnaire tous les intermédiaires entre les hérnatoblastes et les globules excavés non nucléés.

Ces hérnatoblastes existent-ils dés les premiers moments de l’existence du sang ? D’après des recherches, dont l’exposé serait ici hors de propos, entreprises sur le têtard de grenouille, les hérnatoblastes paraissent manquer pendant la première période de l’évolution du sang. Les premiers globules rouges sont de grandes cellules embryonnaires contenant de l’hémoglobine.

Chez les animaux supérieurs , il est possible qu’il en soit également ainsi, et que l’apparition des hérnatoblastes et des globules biconcaves sans noyau représente une période relativement plus avancée du développement du sang, succédant à une toute première phase très courte, pendant laquelle le sang ne renfermerait que des globules rouges nucléés. Cette première phase est d’ailleurs admise par la plupart des embryologistes. Quoi qu’il en soit, déjà chez de tous jeunes embryons, on trouve au moins deux types d’éléments colorés du sang et il est naturel de penser que chacun d’eux a une origine particulière.

Au fur et à mesure que l’embryon se développe, les globules non nucléés qui procèdent des hérnatoblastes deviennent de plus en plus prédominants , pendant que les hérnatoblastes eux-mèmes se multiplient ; bien

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