‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 93 sur 126 · COUP D ŒIL HISTORIQUE · texte numérisé non relu

COUP D ŒIL HISTORIQUE

les expérimentateurs anciens, il considère la transfusion comme une opération toujours dangereuse, qui doit être pratiquée uniquement dans les cas de mort imminente par hémorragie et alors que toutes les ressources de l’art ont été employées inutilement ; chez l’homme, d’après lui, il ne faut se servir que du sang veineux humain.

A partir de ce moment, tous les problèmes que soulève l’étude de la transfusion sont nettement posés, sinon résolus.

En 1838, Bischoff1 complète les recherches de Dieffenbach, à l’aide d’expériences fort ingénieuses. Comme cet auteur, il montre que les globules rouges sont les principes actifs du sang; comme J. Müller, il s’attache à prouver que le battage ne les altère pas. De plus, il établit par de nombreuses expériences que l’injection d’un sang pris sur des animaux d’espèce différente a de très fâcheux effets, qu’il attribue à la fibrine ; ce qui l’amène à conseiller l’emploi du sang défibriné.

Malgré ces beaux travaux, pendant les vingt années qui suivirent, la pratique de la transfusion ne se généralisa pas, et dans cette période on ne trouve que quelques faits isolés, de loin en loin. On arrive ainsi à l’ère actuelle, qui s’ouvre en 1860. Les recherches se multiplient, la question est envisagée à tous les points de vue, et entre dans une phase réellement active, pratique, grâce aux efforts qui sont faits pour améliorer les méthodes et perfectionner l’outillage. Je ne puis citer tous les auteurs qui sont entrés dans cette voie avec Oré“, Moncoq3, Nicolas Duranty4, Roussel5, etc.

Mais en même temps se produit une scission parmi les expérimentateurs, et c’est le trait le plus saillant de l’histoire contemporaine de la transfusion. Alors qu’avec Landois0, Eulenburg7, Panum8, de Belina'J, les conclu-

* CLXIV- — 2 CLXV. — 3 CLXVI. — 1 CLXVII. — B CLXX. — 0 CLXXI. — 7 CLXXII. - 8 CLXXII1. - “ CLXXIV

TRANSFUSION DU SANG

sions de Bischoff semblent triompher et la défibrination paraît l’emporter, la doctrine des anciens transfuseurs, l’injection à l’homme de sang complet emprunté à un animal trouve en Gesellius’un défenseur. Le débat s’engage sur ce point, et l’histoire entière de la transfusion semble ainsi tourner dans un cercle dont elle ne peut sortir. M. Oré, Hasse, Kush, Ivusten, Livi, Sponza, Albini, Vizioti, etc. se déclarent partisans de la nouvelle méthode’2; Panum, Landois reprennent leurs expériences; Ponfick, Worm Müller, forts de nouvelles recherches, rejettent au contraire les prétentions de cette innovation rétrograde.

Cette revue rapide vous montre la multiplicité, la complexité des problèmes soulevés par la transfusion. Malgré les expériences nombreuses faites sur les animaux, avec toutes les ressources de la technique la plus perfectionnée, malgré les observations aujourd’hui très multipliées fournies par la clinique, tous ces problèmes ne sont pas encore résolus, et, en dépit des assertions contraires de quelques médecins trop prompts à porter un jugement, on peut dire que l’étude de la transfusion est à peine ébauchée. C’est sans doute pour ce motif que cette opération se répand si difficilement en France, tandis que, pendant ces dernières années, on en a fait un si grand abus à l’étranger.

Sans avoir la prétention d’apporter ici une solution à tous les points en litige, — un tel programme demanderait plusieurs années, — nous essaierons, en présentant un exposé critique des principaux travaux sur la matière, de résoudre à l’aide de l’expérimentation certaines questions importantes. Enfin, en vous indiquant les lacunes qu’il reste à combler, nous aurons fait, non une étude complète, mais l’esquisse d’un cadre pour des recherches ul-

* clxxv. — - CLXXVI.

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