‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 94 sur 126 · PLAN D’ÉTUDE · texte numérisé non relu

PLAN D’ÉTUDE

térieures. D’ailleurs, nous nous limiterons aux questions afférentes à la thérapeutique expérimentale.

Ici, plus que jamais, la méthode expérimentale trouve son application. Elle nous permet à la fois d’aborder l’examen des effets produits par les divers modes de transfusion et d’en discuter l’utilité, au point de vue thérapeutique, en d’autres termes, d’en préciser les indications générales.

Mais il nous faudra, dans cette étude, procéder avec une méthode rigoureuse et catégoriser les faits avec le plus grand soin, pour ne pas confondre dans une analyse physiologique commune des opérations absolument distinctes.

Les recherches modernes démontrent, en effet, que le sang perd, hors de l’organisme, une partie de ses qualités et que, de plus, il diffère notablement d’une espece animale à l'autre.

C’est sur ces deux points que porte surtout le débat. Dans un camp sont les partisans convaincus de la défibrination, dans le camp opposé ceux qui refusent jusqu’au nom de transfusion à l’injection du sang défibriné. D’autre part, les uns n’admettent que la transfusion du sang humain, pendant que certains physiologistes préconisent la pratique ancienne, l’usage du sang d’animaux.

En ce qui concerne les applications de la transfusion au traitement des maladies, les divergences sont encore plus accusées. Sous ce rapport, l’étude expérimentale nous fournira des données intéressantes sur l’utilité de cette opération dans certains processus morbides, où elle a été recommandée par les partisans ci outrance de ce mode d’intervention thérapeutique.

Notre plan est tout tracé par les considérations dans lesquelles nous venons d’entrer. Nous aurons à étudier successivement :

A. La transfusion entre animaux de même espèce :

TRANSFUSION I)U SANG

1° Avec du sans: défibriné:

2° Avec du sang complet.

B. La transfusion entre animaux d’espèce différente :

1° Avec du sang défibriné ;

2° Avec du sang complet.

Abordons aujourd’hui l’élude de la transfusion entre animaux de ta même espèce ; nous ne pourrons le faire avec fruit qu’après avoir discuté certaines questions préjudicielles. En vous exposant les phases successives par lesquelles a passé l’opération de la transfusion, je vous ai montré que les physiologistes et les cliniciens sont loin de s’entendre sur la nature du sang à employer. Pendant que les premiers transfuseurs se servaient exclusivement de sang complet, soit artériel, soit veineux, les contemporains préconisent au contraire la .défibrination préalable. Si l’on ne prend, disent-ils, cette précaution indispensable, le sang pourra se coaguler dans les instruments pendant les manœuvres plus ou moins compliquées que demande l’opération, et l’on sera ainsi exposé à des accidents fort graves. D’un autre côté, on s’est élevé contre l’emploi du sang veineux, parce que celuici, trop riche en acide carbonique et relativement pauvre en oxygène, ne paraissait pas avoir une influence aussi vivifiante que le sang artériel.

Ces critiques sont-elles fondées? Pour bien saisir la portée de ces arguments, il faut se rendre un compte exact des effets que la thérapeutique attend de la transfusion.

Gomme le sang agit par sa masse et par les éléments anatomiques qu’il renferme, l’opération de la transfusion doit produire deux séries d’effets. D’une part, en augmentant la masse sanguine, elle influence la pression vasculaire, la vitesse du sang, et par suite toutes les grandes fonctions et tous les processus nutritifs. D’autre part, en

Page 1