SC3ENGE ORIENTALE ET SCIENCE GRECQUE
Sar Peladan et ses adeptes qu'il est le mieux représenté, et je n'ai pas besoin de vous dire (le Sar luimême ne me contredirait pas sur ce point) que ce n'est pas de ce côté que nous trouverons la clarté et la lumière, qu'avant tout exige la science.
Quant à l'Egypte, après la conquête macédonienne, c'est Alexandrie, 11 est vrai, qui deviendra le centre de la science grecque. Mais avant cette période où les Égyptiens auront cessé d'être eux-mêmes, du VI™® au III™® siècle avant J.-C, rappelez-vous les témoignages de Démocrite et de Platon sur l'état de leur science, et sur leur peu de goût pour les recherches scientifiques. Au dire de Platon , les Égyptiens ne s'attachent qu'à la vie pratique et toutes leurs découvertes ou inventions ont un but utilitaire.
Puisque je vous parle de Platon, laissez-moi vous citer quelques passages de la République, propres à vous montrer comment, en opposition avec l'Orient, les Grecs, eux, comprenaient la science.
« J'aperçois maintenant, dit Socrate à Glaucon (*), » combien cette science du calcul est belle en soi, et » en combien de manières elle est utile à notre projet, » pourvu qu'on l'étudié pour connaître et non pas » pour faire un négoce.
» — Gomment donc l' envisages-tu ?
(^) Livre VII de la République. (Traduction Cousin.)
» — Gomme je te l'ai montrée, c'est-à-dire donnant » à l'âme un puissant élan vers la région supérieure, » et l'obligeant à raisonner sur les nombres tels qu'ils » sont en eux-mêmes, sans jamais souffrir que ses » calculs roulent sur des nombres visibles et palpa- » blés... Et si on demandait : admirables calculateurs, » de quels nombres parlez-vous ? Où sont ces unités » telles que vous les supposez, parfaitement égales » entre elles, sans qu'il y ait la moindre différence, » et qui ne sont point composées de parties ? — Mon » cher Glaucon, que crois-tu qu'ils répondissent ?
» — Ils répondront, je crois, qu'ils parlent de ces » nombres qui ne tombent pas sous les sens, et qu'on » ne peut saisir autrement que par la pensée.
» — Ainsi tu vois, mon cher ami, que nous ne » pouvons absolument nous passer de cette science, » puisqu'il est évident qu'elle oblige l'âme à se servir » de la pure intelligence pour connaître la vérité.
» — Oui, c'est bien là son caractère. »
« Si donc la Géométrie porte l'âme à contempler » l'essence des choses , eUe nous convient ; si elle » s'arrête à ses accidents, elle ne nous convient pas.
» — Soit.
» — Or, lamoindre teinture de géométrie ne permet » pas de contester que cette science n'a absolument » aucun rapport avec le langage qu'emploient ceux » qui en font leur occupation.
» — Gomment?