‹ Leçons sur les phénomènes physiques de la vieChapitre 18 sur 43 · TREIZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TREIZIÈME LEÇON

Messieurs ,

Un fait général ressort de toutes les expériences que nous avons répétées devant vos yeux, c’est que tout liquide et tout solide susceptibles de se dissoudre dans nos humeurs s’imbibent à travers nos différents tissus. C’est là une loi fondamentale trop long-temps méconnue par les médecins. L’esprit humain se plait à imaginer des théories plus ou moins ingénieuses, et il néglige l'élude expérimentale des phénomènes physiques de la vie, seul moyen d'asseoir l’édifice médical sur des hases vraies et solides. Aussi voyez combien a été fâcheuse pour le traitement des maladies , cette manie de créer des systèmes et de former la thérapeutique sur des assertions hasardées. On ne peut lire sans dégoût aujourd’hui cet amas de formules bizarres, cet assemblage incohérent de médicaments divers , vantés tour à tour comme des spécifiques contre les nombreuses affections auxquelles l’homme est exposé. Eh bien ! le seul phénomène de l’imbibition bien connue a été déjà pour nous la source d’une foule d’applications heureuses à la thérapeutique de certaines maladies. Ces résultats ne peuvent être

contestés, quelle que soit la manière dont on les interprète; car ils sont basés sur l’expérience et nous pouvons les produire et les modifier à notre gré sur l’homme ou sur l’animal vivant. Mais ce ne sont point seulement les substances solides ou liquides qui peuvent pénétrer à travers les porosités des membranes ; les gaz et les vapeurs sont dans un rapport tellementétroitavec l’existence des végétaux et des animaux, qu’il est d’un immense intérêt pour nous d’étudier comment ils se comportent à l’égard des pores de nos tissus. Nous allons entrer dans quelques considérations sur ces phénomènes que j’ai depuis long-temps désignés sous le nom de perméabilité aux gaz.

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