‹ Leçons sur les phénomènes physiques de la vieChapitre 25 sur 43 · IT · texte numérisé non relu

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eaniqlie, la seule qui rende nn compte exact de ce singulier phénomène. En effet, l’ondée de sang que projette le ventricule dans l’aorte se fait sentir dans toutes les artères dont elle distend les parois; 1'impitlsion cesse, mais le courant sanguin n’est point pour cela interrompu, car ces parois reviennent siir elles-mêmes en vertu de leurs propriétés élastiques , et exercent sur ce liquide une compression énergique.

M. Poiseuille a fait récemment des expériences 'fort curieuses sur ce sujet. 11 a pris un vaisseau capillaire dans le mésentère d’une souris, et armant son œil d’une forte loupe, il a pu suivre parfaitement les globules marchant dans 1 intérieur de l’artère sous l’influence de l’action du cœur. Venait-il à suspendre cette action en oblitérant la cavité du petit vaisseau par la compression exercée sur ces parois avec un morceau de métal , bien qu’il ne vînt plus de sang du côté du cœur, la circulation n’était pas interrompue. Voici alors ce qu’il a pu constater. Les globules renfermés dans l’intérieui* de l’artère continuaient, leur marche, par suite du resserrement des parois du vaisseau. Mais ce resserrement dépend-il d’une contraction active? Non assurément,' il n’est que le résultat d’une simple propriété physique. C’est parce que le tissu artériel a été préalablement distendu par l’influencé du cœur que, quand celui-ci cesse d’agir, ce vaisseau revient sur lui-même en vertu de son élasticité, jusqu’à ce qu’il ait repris son diamètre normal. Ahisi 1 influerice exercée sur les courants sanguins par la

réaction des capillaires n’est qu'une, conséquence de l’impulsion première , imprimée par l'organe central de la circulation à tout le système artériel.

11 résulte de là que dans certaines circonstances les globules pourront suivre une marche rétrograde. Faites une ouverture au vaisseau, et interceptez par une ligature le courant sanguin lancé parle cœur. Les parois élastiques de l’artère venant à se rétracter, une partie des globules pourra continuer son chemin vers les capillaires , une autre s’échapper par l’ouverture que vous aurez pratiquée, une autre enfin après plusieurs oscillations restera dans le vaisseau, car la cavité de celuici n’est point complètement effacée. Ses parois, il est vrai, en se rapprochant diminuent notablement, son diamètre, mais elles s’arrêtent aussitôt quelle, s ont atteint les limites de leur force rétractile.

La plupart des observateurs ont bien reconnu ces mouvements globulaires dans l’intérieur des vaisseaux, mais ils ont rattaché, a des contractions vitales ce qui n’est qu’un effet de l’élasticité. Eh bien! c’est là une erreur d’autant plus préjudiciable aux progrès de la science, qu’el e a été et qu’elle est encore professée par des hommes dont on ne peut contester le mérite. Or, vous savez qu’on n’est que trop porté à admettre sans examen une assertion quelconque, pourvu qu’elle soit à l’abri d’un grand nom ou d autorités imposantes et. respectables.

Si l'on suppose, ce qui arrive quelquefois, que le système artériel devient non élastique, soit par le dépôt dans son (issu de concrétions calcaires,

soit par une autre cause physique, vous avez un tout autre mécanisme de la circulation du sanff.

Ouvrez une artère ainsi altérée, vous ne verrez plus le liquide s’échapper par un mouvement continu, mais il sortira en jets saccadés isochrones.aux contractions ventriculaires. N’est-ce pas aussi à ces modifications du cours du sang dans des vaisseaux ossifiés qu’il faut attribuer chez le vieillard cette décrépitude, cette atrophie des tissus et ces troubles nombreux de toutes les fonctions organiques?

L’histoire de l’élasticité des artères ne consiste pas seulement à étudier l’influence de ces tuyaux sur le cours du sang et sur la transformation du mouvement saccadé en un mouvement uniforme; il se passe encore dans ces vaisseaux des phénomènes fort curieux. Mettez à découvert sur un animal vivant une artère dans une certaine étendue, et liez-la en deux points différents. Le cylindre compris entre les deux fds est distendu par le sang; y faites-vous une piqûre avec la pointe d’une lancette, à l’instant vous voyez s’échapper un jet de liquide, et le vaisseau se vider en partie. Cette expérience 11e vous montre-t-elle pas jusqu'à quel point le tissu artériel est élastique, et avec quelle force il revient sur lui-même?

Mais 011 observe un autre phénomène dans ces artères , phénomène que Béclard a considéré comme prouvant dans ces vaisseaux une puissance contractile qui ne serait pas l'élasticité. Voici en effet ce qui se passe quand 011 intercepte le cours du sang dans une artère au moyeu d'une ligature.

D'abord le vaisseau reprend scs dimensions normales, et il perd ainsi un quart ou un cinquième de son diamètre ; mais bientôt il se rétrécit de nouveau; plus tard enfin son calibre intérieur s’efface , et il ne représente plus qu’un cordon fibreux sans cavité. Béclard reconnaissait bien que les artères étaient élastiqiîes pour servir à la circulation ; mais , disait-il, une fois que le vaisseau est vide et que son élasticité est épuisée, il continue à se resserrer, donc le tissu artériel jouit d’une propriété contractile spéciale. Pour moi, je suis loin d’adopter une semblable explication. Ne doit-on pas plutôt admettre qu'une artère finit par s’oblitérer par le seul fait de la cessation de la circulation dans sa cavité. Qu’arrive-t-il en effet quand ce vaisseau est parcouru par un courant sanguin ? Une partie des éléments de cc liquide s imbibe dans ses parois , témoin ces nombreuses modifications de coloration que nous présente la face interne des artères , suivant que le sang qui les parcourt a été mélangé à des substances diversement nuancées. \ ous venez à suspendre la circulation : les aréoles du tissu artériel n’étant plus alors abreuvées par le liquide accoutumé, les parois du vaisseau se raccourcissent par une sorte de déssèchemenl , et sa cavité finit par s’effacer. Je m explique mieux , je le répète , le mécanisme de ce phénomène par l’élasticité que par l’intervention d une contraction vitale. Toutefois, ne soyez pas surpris de voir reproduites dans les ouvrages les plus modernes ces interprétations subtiles ou erronées ; il faut de longues années avant

qu'une vérilé n’ait définitivement droit de domicile dans la science. Ne sommes-nous pas encore chaque jour réduits à combattre des erreuis de Galien ?

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