DIX-HUITIÈME LEÇON
Messieurs ,
La connaissance des propriétés élastiques des divers tissus est d'une haute importance pour les explications physiologiques, mais elle peut aussi fournir des indications pratiques bien précieuses pour la manœuvre chirurgicale. Faites-vous à la peau une simple incision , il faut que vous sachiez d’avance que par suite de l'élasticité dont elle jouit, celte peau se rétractera, et que les lèvres delà solution de continuité se trouveront ainsi écartées. C’est surtout pour l'amputation circulaire des membres qu’il importe de connaître d’une manière exacte comment se comporteront les tissus incisés. Examinez en effet la surface des moignons ; vous voyez qu’elle est inégale , qu’elle offre des saillies dans certains points , des enfoncements dans d’autres. A quoi peut tenir cette disposition ? Evidemment au degré différent d’élasticité dont jouissent les parties dont vous avez fait la section. Ainsi la couche musculaire superficielle se rétracte' davantage que la couche profonde; les nerfs se voient avec facilité, tandis que les artères sont retirées dans les chairs; les tentions, les aponévroses sont
situés sur un plan inégal. Enfin, l'os forme une saillie considérable au centre du moignon. Comment pourriez-vous corriger les inconvénients graves qui résulteraient d'une semblable disposition si vous ignoriez le degré d’élasticité propre à chaque tissu ?
L’élasticité représente, dans l’économie animale, ces ressorts dont on fait un si grand usage dans les mécaniques. C’est ainsi que les tissus sont disposés de manière à jouir d'une souplesse telle que, cédant sans se rompre à une force puissante , ils réagissent graduellement sur elle jusqu’à ce qu'ils aient repris leur direction normale.
C’est surtout dans les fonctions de la vie sensoriale que cette propriété joue un rôle fort important. Si nous prenons pour exemple la formation de la voix , vous voyez que tous les agents organiques qui concourent à sa production n'agissent que par leur élasticité. Si la glotte du cadavre diffère de celle de l'homme vivant pour la faculté de former des sons , c’est qu’elle est moins élastique. L appareil musculaire ne pouvant pas alors se contracter, le tuyau vocal n’a plus une égale tension et il est moins susceptible d’entrer en vibration. Prenez le larynx d’un cadavre et adaptez un souflet à la trachée-artère ; au moment ou vous poussez l’air, vous entendez un petit bruit , une sorte de frémissement. Rapprochez les lèvres de la glotte en les serrant avec les doigts , le son devient plus rauque ; enfin serrez davantage , surtout vers la partie postérieure, vous obtenez quelque chose qui ressemble à la voix humaine. "Vous
vous rappelez sans doute ce jeune Polonais que je vous ai présenté cet hiver, et qui était afléclé d'un mutisme et d’une surdité complets. Je suis parvenu à lui rendre l’ouïe entièrement puisqu’il entend très bien maintenant la voix qui lui parle, et qu’il ne distinguait pas auparavant le bruit produit par l’explosion d'un fusil tiré à son oreille. Mais il n’a point encore recouvré la parole; depuis que je l'ai soumis à la galvanisation des nerfs du larynx et de ceux de la langue , il m’a offert un phénomène fort curieux qui vient à l’appui des idées que nous avons émises devant vous sur le rôle joué par 1 élasticité dans l’appareil vocal. Voici en effet ce qui est arrivé : d’abord nous avons obtenu cette espèce de frémissement qu’on produit artificiellement sur un larynx de cadavre ; puis le son est devenu plus marqué et il se rapprochait singulièrement de celui qu’on obtient en serrant les lèvres de la glotte. Il y a peu de jours même qu’étant couché , la tète renversée en arrière, il articula, m’a-t-on dit, quelques mots; son frère qui était avec lui criait déjà au prodige! Mais depuis il est retombé dans son état de mutisme. Cependant je ne désespère pas de sa guérison , et je continue à le galvaniser. Maintenant il peut produire une sorte de son assez analogue à celui qu’on fait entendre quand on a quelque chose dans l’arrière-gorge , ou qu’on veut se débarrasser du mucus qui l’obstrue. Ce jeune homme me semble atteint d’une paralysie des muscles du larynx, et comme ceux-ci n’ont guère que l’élasticité dont ils jouissent sur le cadavre , l'anche que représentent les lèvres de la glotte ne
peut plus vibrer aussi facilement. Nous avons donc eu là, sur un sujet vivant, une série d’expériences toutes faites. Si, connue je l’espère, nous parvenons à rendre à l’appareil musculaire de l’organe vocal ses conditions normales de contractilité, nous obtiendrons line guérison complète.
Vous connaissez déjà le rôle important que joue l’élasticité des tuniques artérielles dans la circulation du sang. Si ce liquide coule d’une manière régulière et continue sous l’influence d’une impulsion alternative, c’est que les tuyaux qu’il traverse ne sont pas du genre de ceux qu’on emploie le plus souvent dans les machines. La nature a placé au sein de l’économie vivante un admirable appareil d’hydraulique. Peut-être un jour le mécanicien pourrat-il en saisir les combinaisons savantes pour en faire à l’art d’utiles et importantes imitations. Ainsi, par exemple , ne serait-il pas possible de se passer de ces réservoirs d’air qu’on emploie dans les machines, par la simple substitution de tuyaux élastiques aux conduits inflexibles dont on fait usage ? Le petit instrument dont on se sert maintenant pour donner des lavements ne pourrait-il pas être ainsi simplifié? Je ne sais jusqu’à quel point ces idées que je vous soumets sont fondées, mais il me semble qu'une étude approfondie de l’élasticité vasculaire doit inspirer d’intéressantes applications à la mécanique industrielle.
La plupart des auteurs qui ont écrit sur la circulation ont tenu fort peu compte (.les propriétés
physiques des artères, et même c’est une chose affligeante que de lire ce qui a etc écrit de plus moderne sur ce sujet. Partout vous voyez reproduites les erreurs de Bichat qui, comparant les tuyaux artériels à des tuyaux inflexibles, supposait qu au moment de la contraction du ventricule, la masse entière du sang était déplacée, tandis qu’elle restait immobile dans l’instant de sa dilatation. Aussi établissait-il que le cours de ce liquide était alternatif, tandis que l’expérience la plus simple suffit pour démentir cette assertion. Telle était aussi l’opinion du célèbre Ilarvey. Eh bien ! vous verrez que , quand on ouvre une artère sur l’animal vivant, le sang sort par un jet coniinu-saccadé si l’artère est volumineuse, et continu-uni forme si elle est très petite.
Il y a quelques années , un médecin de Paris, fit construire un petit instrument fort ingénieux que voici , et qu’il a nommé sphygmomètre ( pouls ; p-^pov mesure ). Bien que
cet instrument n’ait pas tout -à- fait rempli les vues de son inventeur, qui le croyait susceptible d’applications utiles à la médecine, il devra, je crois, néanmoins rester dans la science pour servir aux études physiologiques. Et c’est déjà quelque chose, car enfin combien de milliers d’instruments n’ont pas été imaginés dans ces derniers temps ? Or, la plupart, vous le savez, n’ont même pas joui de la vogue du moment , et ils ont plutôt appauvri qu’ils n’ont enrichi l’arsenal chirurgical. Je disais donc que l’instrument en question doit être conservé , car il peut servira montrer l’espèce de
saccade qu’éprouve le sang dans les artères. Voici les pièces qui le composent : c’est une sorte d’entonnoir renversé , dont la partie évasée est fermée par une baudruche, et dont la tige est remplie par une petite quantité de mercure. On applique l’instrument sur une artère superficielle. Les pulsations du vaisseau sont transmises à la colonne de mercure par l’intermédiaire de la cloison membraneuse dont l’élasticité se trouve mise en jeu. Quand l’artère se dilate , la colonne s’élève , quand elle se resserre , la colonne s’abaisse. Chaque oscillation du mercure répond donc à une pulsation artérielle. On peut ainsi apprécier le rliythme du pouls , et même sa force , car le tube est gradué dans toute sa longueur.
Remarquez que ces deux effets, la dilatation et le resserrement des tuyaux artériels, sont l’un et l’autre le résultat de la contraction du cœur. Leurs parois élastiques ne réagissent sur le sang que parce quelles on t été distendues une première fois, et comme une nouvelle ondée de liquide est sans cesse lancée dans les vaisseaux, sans cesse aussi ces vaisseaux tendent à revenir sur eux-mêmes sans néanmoins que leur diamètre puisse se rétrécir au-delà de certaines limites. Tel est le mécanisme fort simple du cours continu -saccadé du sang. Mais pourquoi la saccade, si manifeste sur les grosses artères, n’est -elle plus sensible sur celles d’un petit calibre ? Parce que d’une part la colonne de sang presse également dans toute 1 étendue des parois vasculaires , et que d’une autre part la dilatation de leurs parois va en s’affaiblissant à
mesure que les artères deviennent de moins en moins volumineuses.
Arrêtons-nous maintenant quelques instants sur le cours du sang dans le système capillaire. C’est là une question fondamentale en physiologie et en médecine. En physiologie , puisque c’est dans ces vaisseaux que se passent tous les phénomènes de la nutrition, des sécrétions, des exhalations, etc.; en médecine, puisque toute espèce d’inflammation, de gonflement ou d’altération organique des tissus a son siège primitif dans ce même réseau vasculaire.
Vous connaissez tous cet ordre de vaisseaux fins et déliés, qu’on désigne sous le nom de capillaires. Ce sont eux qui font communiquer le système artériel avec le système veineux , et c’est en les traversant que le sang, de spumeux et d’écarlate, devient terne et noirâtre. En effet , ce fluide y laisse échapper une partie de ses éléments par la voie de la porosité, et en même temps absorbe de nouveaux matériaux par le même procédé physique. Ces petits vaisseaux se ramifient en tous sens dans le parenchyme des organes , et communiquent entre eux par de fréquents anastomoses.
Or, quelle est la puissance qui fait mouvoir le sang dans ces capillaires ? La première idée qui se présente naturellement à l’esprit , c’est que le cœur, après avoir poussé ce liquide aux dernières artérioles, continue de le faire mouvoir jusque dans les veines. Mais une explication aussi simple ne pouvait convenir à des imaginations qui se plaisent à ne voir partout que des prodiges et des mystères. Aussi quel bizarre assemblage de sup-
positions absurdes n’a-t-on pas enfanté ! Jamais , je crois , l’esprit humain n’a rien produit de plus ridicule que le prétendu mécanisme d’après lequel on a voulu rendre compte de cette circulation capillaire. On a dit : le cœur pousse le sang dans le. système artériel , mais son impulsion s’arrête en un point limité; et ce point où correspond-il? A l’endroit où les veines se continuent avec les artères par l’intermédiaire des vaisseaux capillaires. Ceux-ci alors s’emparent du sang , et par la seule action de leurs parois , continuent de le faire circuler. Or, je vous le demande, que devient cette admirable machine hydraulique , représentée par l’appareil circulatoire , devant ces interprétations marquées au coin de l’ignorance la plus présomptueuse ? Voilà donc les plus sublimes conceptions de la nature rabaissées au-dessous de ce que sait exécuter le plus obscur mécanicien ! Le trajet que parcourt le sang représente un cercle , n’est-il pas vrai. Et bien ! Vous allez supposer qu’une pompe placée en un point , pourra lancer le liquide et lui faire parcourir un arc d’une certaine étendue , mais qu’arrivé là , il faudra qu’une nouvelle puissance vienne se surajouter pour lui faire achever la circonférence du cercle! Mais , je le répète , le plus mauvais ingénieur n’enfanterait jamais un procédé aussi absurde. Il trouverait bien plus simple d'augmenter la force .d’impulsion de la pompe jusqu'à ce qu’elle fût capable de mouvoir seule le liquide. Sans doute <pie la nature n’a point paru susceptible de conceptions aussi savantes ! Et pourtant MM. Biot,
Poisson et tant d’autres autorités aussi compétentes en semblable matière , n’hésitent pas à déclarer que la puissance hydro-dynamique qui fait mouvoir le sang dans nos artères est tellement admirable que nos machines les plus parfaites pourraient à peine en donner un grossier aperçu. Le fameux d’Alembertne déclare-t-il pas lui-même que ce problèttiede mécanique est trop compliqué pour que Fintelligence humaine puisse en trouver la solution mathématique. Aussi il me semble que la plus simple réflexion aurait dû suffire pour démontrer toute la futilité d’une semblable théorie. Vous dites que 1 impulsion du cœur s’arrête toujours en un point; ' vous supposez donc que l’énergie de ses contractions ne peut être ni augmentée ni diminuée. Et cependant qui ne sait que mille causes retentissent sur cet organe central de la circulation , que tan tôt elles décuplent, centuplent sa puissance, et que tantôt elles la réduisent presque à rien?
11 faudrait dans un tel système qu’il existât en un point une barrière insurmontable que le sang ne pourra jamais franchir par la seule contraction des ventricules. Or , poussez une injection dans les artères d’un cadavre ou d’un animal vivant, toujours vous verrez le liquide passer librement des capillaires dans le système veineux. Examinez à la loupe le mésentère d’une souris, vous pouvez constater avec l’œil le cours facile de ce liquide dans ces deux ordres de tuyaux. Pourquoi donc refuserais-je au cœur la faculté de produire les mêmes phénomènes que je détermine si aisément en mettent en jeu le piston de ma seringue? Aussi il me
semble mécaniquement impossible que les contractions ventriculaires n’influent pas sur la circulation capillaire. 'Il y a plus, je trouverais le problème beaucoup plus compliqué et beaucoup plus incompréhensible s’il fallait admettre que l’action du cœur cessât en un point. Car comment s’expliquer cette interruption subite dans l’impulsion imprimée à la colonne de sang ; lorsque ce liquide parcourt librement des vaisseaux dont la continuité n’est nulle part interrompue ?
Je veux bien admettre pour un instant cet arrêt en un point de l’action du cœur, \oila donc le capillaire chargé de faire entrer les globules de sang dans sa cavité. Or ce n’est qu’en se dilatant qu’il pourra attirer le liquide placé dans les vaisseaux voisins. Et tel est en effet le mécanisme que l’on a supposé. On a dit : examinez un capillaire, vous le voyez alternativement se dilater et se contracter , donc ses parois sont douées de propriétés vitales en harmonie avec les fonctions qu’il doit accomplir.
Je suis loin de nier l’existence de ces dilatations et de ces contractions du vaisseau, mais ce que je ne puis admettre c est que ce soit la un phénomène actif. N’est-ce pas plutôt une simple conséquence de l’élasticité des tuniques vasculaires ? Il doit se passer là en petit ce qui se passe en grand dans les artères volumineuses. Le cœur lance une ondée de sang, les parois des vaisseaux se dilatent, le cœur cesse d’agir, les parois reviennent sur elles-mêmes. A quoi bon faire intervenir ici une puissance vitale? Quoi qu il en soit, voici le capil-
laire dilaté; il faut maintenant qu’il se resserre pour chasser le sang. Dans quel sens les globules vont-ils se diriger ? Je ne vois pas de raisons pour qu’ils cheminent plutôt du côté des veines que du côté des artères. Plongez votre main dans un liquide t puis ouvrez-la et fermez-la alternativement , ce liquide s’échappera partout où il trouvera une issue, et il n’affectera pas une direction de préférence à telle autre. Il semble qu’il n’y a rien à répondre à de semblables objections ; mais - avec de l'assurance on sait toujours éluder les questions , et au besoin on crée des dispositions anatomiques imaginaires pour soutenir une théorie erronée. Il existe, a-t-on dit, dans l’intérieur du capillaire , une soupape qui permet au sangvenant du cœur de passer en avant, mais qui se ferme aussitôt que le vaisseau vient à se contracter. Pressés par les parois vasculaires , soutenus par la soupape qui les empêche de rétrograder, les globules sont bien forcés de cheminer en avant. Voilà sans doute qui est fort joli. Mais malheureusement ces soupapes n’ont jamais existé que dans l’imagination de ceux qui leur ont fait jouer un rôle si ingénieux. D’autres physiologistes ont voulu rivaliser avec les premièrs. Ceux-là supposent que le sang est mu par l’effet d’un mouvement péristallique. De même, disent-ils, que l’intestin reçoit le chyme , puis se contracte pour le faire avancer, de même aussi le vaisseau capillaire est doué d’une sorte d'ondulation péristallique propre à faire circuler le sang vers le système veineux. Les choses, à la rigueur, pourraient se passer ainsi. Mais qui a
jamais vu les vaisseaux capillaires se contracter a la manière des intestins ?
Et d’ailleurs n’y a-t-il pas des circonstances où l’influence de l’impulsion du cœur se fait sentir jusque dans les capillaires et les veines ? Quand un tissu est enflammé , les petits vaisseaux se gonflent , la température de la partie s’élève par suite de l’afflux considérable du sang, et le malade a la conscience de battements dans la tumeur, parfaitement isochrones aux pulsations du pouls. Dans un panaris , le chirurgien sent battre très-distinctement les artères collatérales du doigt affecté. N’est-ce pas là une conséquence mécanique toute simple de la modification qu’éprouve le cours du sang dans ses canaux élastiques ?
Enfin , on peut constater cette action du cœur jusque dans les veines. Il résulte des expériences de M. Poisseuille , que si on augmente la quantité du sang qui circule dans ces vaisseaux , on observe que leurs parois se dilatent et se resserrent alternativement, et quand on vient à les piquer en un point , le liquide s’échappe par jets saccadés. Ainsi quand on met à nu sur un animal l’artère crurale, et qu’on injecte de l’eau dans sa cavité , celte eau est rapportée vers le cœur par la veine. Faites-vous une ponction à ce dernier vaisseau , suivant que le piston sera mu avec plus ou moins de force, vous verrez le jet grandir ou diminuer.
Il y a des organes où ces communications entre les artères et les veines au moyen des capillaires , sont des plus manifestes. Tel sont ceux constitues par ce, qu’on appelle tissu érectile. Je vous ferai
remarquer à ce sujet la manière dont ces divers vaisseaux concourent à la production du phénomène de l’érection. Prenons pour exemple les corps caverneux. Eh bien! telle est la disposition des artères qui viennent y aboutir qu’elles versent librement dans leur parenchyme le sang qu’elles reçoivent du cœur ; mais ce sang une fois épanché dans la trame cellulaire de ces corps ne peut sortir qu'avec difficulté, car les veines destinées à le rapporter se trouvent comprimées par les muscles de la verge et du bassin. C’est surtout chez les animaux dont le pénis est volumineux qu’il est aisé de constater cet obstacle mécanique à la circulation veineuse. Je me suis assuré que chez le cheval, l’artère honteuse ne rencontre sur son passage aucun agent de compression, tandis que la veine peut être facilement comprimée par le re« leveur de l’anus. %
Pour revenir à notre sujet , je soutiens qu’on ne peut constater dans les vaisseaux capillaires que des phénomènes d’élasticité , et c’est à l’influence du cœur que je rapporte la circulation du sang dans leur cavité. Comment concilier toutes ces explications diverses qui ont été proposées? Le moyen est simple pour beaucoup de physiologistes. Ils empruntent à tel auteur une idée , à tel autre une autre idée , etc. , et de ce bizarre et monstrueux accouplement ils forment un tout qu ils décorent du titre d’opinion mixte. Vous pourrez lire dans un article récent d’un dictionnaire de médecine qu 'outre Vêlas licite il existe dans les parois vasculaires une contraction orga~
nique et vitale , des vibrations insensibles et particulières. . . .
Quoi de plus opposé à une saine logique que ces suppositions qui ne reposent sur aucun fait rigoureusement observé ? Ce n’est pas par des raisonnements plus ou moins spécieux , mais bien par des recherches expérimentales qu’on peut combattre notre théorie de la circulation du sang fondée exclusivement sur ce que l’expérience a démontré, et démontrera à quiconque prendra la peine de voir par lui-même, seule et unique manière d acquérir une instruction solide.