‹ Leçons sur les phénomènes physiques de la vieChapitre 41 sur 43 · VINGT-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME LEÇON

Messieurs ,

Il nous reste à parler des bruits qui se développent dans les artères. Mais avant d’entamer cette question , je veux vous rendre compte d’une expérience que j'ai faite ce matin dans mon laboratoire , et dont les résultats ne sont pas sans quelque importance, relativement au mode de production des bruits normaux du cœur. Voici comment je m’y suis pris. Après avoir mis à nu la veine jugulaire droite d’un chien, j’ai introduit dans sa cavité un long stylet, armé à son extrémité -d’un crochet recourbé à la manière de l'aiguille de Deschamps , puis j'ai essayé de couper les tendons de la valvule tricuspide. Vous voyez qu’il n’y a qu’un petit nombre de colonnes charnues de détruites; aussi je ne regarde point l’expérience comme concluante. Je dois toutefois vous faire observer qu’à la suite de cette section, on n’a constaté aucune modification dans le tic - tac du cœur. Mais une nouvelle tentative faite sur le même animal nous a fourni des résultats plus satisfaisants. En effet, j’ai porté le même instrument dans l’artère caro-

tide, et je suis parvenu à perforer à sa base l’une des valvules sygmoïdes aortiques; la seconde a été largement déchirée près de son bord libre ; la troisième seule est restée intacte. Voici le cœur de cet animal que je vous présente maintenant, et vous voyez que ces soupapes ne peuvent plus remplir leur rôle accoutumé. Pour vous en assurer , vous n avez qu’à injecter de l’eau dans l’aorte; le liquide passe librement dans le ventricule , tandis que dans 1 état normal il doit être arrêté par le redressement spontané des valvules. Eh bien! malgré ces altérations, j’ai toujours pu distinguer le double bruit de l’organe aussi clair et aussi intense qu avant l’expérience. Que deviennent, en face de semblables résultats, ces théories qui placent dans le jeu des valvules le développement des sons cardiaques ?

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