CONTRACTION MUSCULAIRE. — MÉCANIQUE ANIMALE
Nous nous sommes occupés , dans la précédente leçon , à exposer les lois de la force nerveuse , à rechercher les causes de son développement, autant du moins que cela nous est permis dans un cours dont j'ai cherché à exclure les connaissances trop vagues ou les déductions purement hypothétiques. La contraction musculaire et la locomotion qui en résulte, sont les effets de la force que nous venons d'étudier; nous exposerons ce sujet en nous bornant à ce qu'il y a dans' la science de plus positif, de plus physiquement établi.
La volonté , les actions mécaniques , la chaleur, l'électricité, déterminent la contraction musculaire par leur action sur les nerfs ; cet effet n'est plus produit si ces nerfs viennent à être li^s , ou si leur substance est altérée d'une façon quelconque. Evidemment une force se propage le long du filament nerveux, et arrive ainsi jusqu'à la fibre musculaire. On est également forcé de reconnaître dans cette fibre , l'aptitude , la propriété de se contracter sous l'action d^ la force nerveuse, et l'on ne peut se rendre compte comment, pendant si longtemps, ont régné et régnent encore aujourd'hui en physiologie les théories ex-
clusives ou de la contraction des muscles par l'action de la force nerveuse , en refusant à la fibre musculaire le pouvoir de se contracter , ou bien celle qui lui attribue cette dernière propriété , indépendamment de la force nerveuse. De même que l'élasticité est la propriété des corps au moyen de laquelle leurs molécules sont capables de se mettre en vibration , il faut que des chocs exercés contre ces molécules déterminent les vibrations dans les molécules mêmes. Quant à la vitesse avec laquelle la force nerveuse se propage, nous admettons qu'elle est trèsgrande, et comparable à celle de la lumière et de l'électricité. Nous faisons observer que, sans pouvoir nier cette dernière supposition , nous manquons d'expériences qui viennent l'appuyer : les distances auxquelles nous sommes habitués de voir la force nerveuse se propager , sont très-courtes , et nous ne devons pas être trop surpris delà Vitesse de cette propagation. Lorsqu'on observe un muscle au moment où il se contracte , on ne tarde pas à apercevoir que ses fibres longitudinales se sont raccourcies, et que leur diamètre, au contraire, s'est accru. C'est là le résultat des nombreuses observations de Fodera, Edwards, Weber, etc. L'expérience a démontré que le volume du muscle ne varie pas sensiblement pendant la contraction. Voici un vase dans lequel sont placées une torpille et une grenouille préparée, rempli d'eau et fermé avec un bouchon traversé par un tube étroit dans lequel le liquide monte; deux fils métalliques vernis isolés pénètrent dans le vase, et lorsqu'on les met en communication avec les pôles d'une pile, la torpille et la grenouille éprouvent