‹ Leçons sur les phénomènes physiques des corps vivantsChapitre 21 sur 24 · CONTRACTION MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

CONTRACTION MUSCULAIRE

des contractions ; cependant vous voyez que le niveau de la colonne liquide reste invariablement au même point, pendant comme avant les contractions.

En s'en rapportant aux observations des micrographes modernes, il paraîtrait que la fibre musculaire serait composée d'un très-grand nombre de cellules ou globules disposés en piles , suivant la direction longitudinale des fibres , et que de la réunion de ces piles sont formés les faisceaux musculaires : de telle façon qu'un muscle paraît , soit longitudinalement , soit transversalement , être susceptible d'une espèce de clivage. Cette structure aurait ainsi une grande analogie avec celle de l'organe électrique des poissons , et il est , d'ailleurs , curieux de remarquer, ainsi que nous l'avons déjà fait, que les mêmes lois président à la décharge des poissons électriques et à la contraction musculaire , quant aux circonstances générales de ces deux phénomènes.

Dans l'acte de la contraction d'un muscle , les globules ou, pour parler avec plus d'exactitude, les stries transversales des fibres musculaires se rapprochent les unes des autres , les intervalles qui les séparent diminuent , et la grosseur des fibres augmente; d'oti il résulte que le volume du muscle reste sensiblement le même. D'après Bowman, une fibre musculaire élémentaire ne se contracte pas tout entière simultanément ; suivant cet habile , anatomiste , la contraction irait se propageant pendant un certain intervalle de temps très-court , mais cependant appréciable, en sorte qu'il y aurait constamment dans une fibre en contraction des points en repos , et d'autres qui seraient rapprochés. Je serais porté à croire que ces

apparences ne se réalisent que pour des fibres musculaires déchirées , et , par conséquent , libres au moins par l'une de leurs extrémités. Toutefois, même dans cette idée de Bowman , la contraction musculaire pourrait déterminer la locomotion d'un membre , puisque les points du muscle qui seraient en inaction seraient dans le même cas que les extrémités tendineuses dépourvues de contractilité.

Schwann a fait quelques recherches importantes sur les variations de la force musculaire dans les divers degrés de la contraction d'un muscle. Je me bornerai à vous exposer le principal résultat auquel il est arrivé. La force que déploie le muscle pendant sa contraction , est toujours proportionnelle à la longueur du muscle dans les divers instants de la contraction ; en sorte que cette force , très-grande dans le principe , quand la contraction commence , diminue en raison du raccourcissement du muscle , et finit par être nulle quand celle-ci est à son maximum . Un muscle qui se contracte peut , par conséquent , être comparé à un fil élastique tiré par un poids , et qui , celui-ci enlevé , reprend sa longueur primitive avec une force constamment proportionnelle au poids qu'il supportait, et à l'allongement élastique qu'il avait subi. Ce résultat démontre combien on est loin de la vérité en admettant , comme cela a été fait souvent , que la contraction musculaire est due à l'attraction réciproque des globules ou particules élémentaires qui composent la fibre musculaire. Dans ce cas , la force déployée par le muscle devrait augmenter pendant sa contraction ; au contraire , le résultat obtenu par Schwann pourrait s' ex-

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