‹ Leçons sur les prisons présentées en forme de cours au public de Berlin, en l'année 1827Chapitre 111 sur 119 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

PiitoBaien non jugés-

Total

Ces 36o prisoaaiers sont entassés dans i5 salles, qni ont été disposées de manière i ne contenir que 348 in* dtridns an phu : encore le nombre des prisonniers n'esttl descendn i 3€o qne par snite de pbsienrs diminutions •nccessiTes; car il se montait i 643 an mob de Septembre i8a6, et i 900, il y a qnime ans. Les prisonniers sont divisés en 48 sections : mais cette classification si minn* tiease n*ciiste qne de nom , parce qn*on a été obligé de rtenir tontes les sections dans 1 S cbambres et 9 conrsk Dans cet état de cboses on a cbercbé A exécuter, autant qne possible, les lois rebtires aux prisons, en réserrant dcax cours pour les femmes , une pour les malades , une pour les condamnés à mort, une pour les enfans et les prisenniersd*une condition respectable Dans les quatre antres ooun on a réuni le reste des détenus. L'accumulation sur un même point des criminek condamnés i mort, avait d^ en 1818 provoqué des critiques sévères de la part du comité institué à cette époque pour examiner Té lai de b police de b métropole. Les désordres qui ne peuvent manquer de s*introduire dans une société composée dliommes dont la vie dépend d*one grice au moins in* oartaine, et dont l'afirense situation est encore aggravée par rennni et le désespoir, tristes suites du désoeuvré» ■mnt, lui semblaient inconciliables ayac la position 10-

levaelle où se trtmre hb hoime qoî se ftifut à h mort Depuis, un statut sage et Iiuniam' décréta que, hors le cas de meurtre, toutes les fois qu'une personne convaincue de crime (/eiony ) se 4rouyerait dans une des classes de criminels auxquelles la loi refuse le bénéfice de dergie, et serait néamnoins jugée digne d*ètre recommandée à la clémence royale, il serait loisible i la cour de s*abstenir de prononcer contre elle une sentence de mort Les motifs qui avaient donné naissance à cette réforme , s'appliquaient à tout le royaume ; mais le parlement crut ne pas devoir rappliquer à la ville de Londres et au comté de Middlesex , où l'on continua d'observer les anciens usages. Ainsi Newgate ne cessa pas de présenter le hideux ta- Uean qui avait frappé les yeux du comité en 1818. Ek signalant de nouveau cet abus en termes énergiques, le comité de 18)8 fait observer qu'il serait possible d'alléger le mal, tout en conservant la législation existante. U suffirait, dit -il, que les juges décidassent d'avance quels sont les crimineb qu'il leur parut bon de renfermer dans Fespace destiné aux condamnés.

Peu de mesures sont prises à Newgate pour la r^énëration des condamnés. DÎK-sept prisonnien seulement sont assujettis i une occupation quelconque. Les ^48 autres vivent dans un désœuvrement absolu. Les travaux en usage sont le blanchissage, la dmrpente et la pein* iure; Une école y est établie pour rinstruction des pn* sonniers au-dessous de i5 ans; leur nombre se monte i 1 3. L'école est dirigée par un homme condamné à la peine de la déportation, qui a obtenu la penmsaon de lester i Newgate , pour y remplir cette fondiou.

La nourriture se compose par jour d'une livre du

pain, une pinle de gruau, et altemativenicoi une doni-

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i. 4 Gfo. IFi c. 48.

line de bonf m ne piale de soape. Le conîlé s'élève avec force coaire la pemimon accordée i Newgate au imoanien» prévenus on condaMAés, de se bire apporter par leurs amis d« dehors «ne qnantilé tUimitée d'aliniens, et nn ^iinrl de porter par jour. 11 en résulte que les prisonniers qni ont de l'argent à leur disposition peuvent se procurer une quantité considérable de boisson, en faisant passer la plus grande partie sous le nom d'autres détenni Leur condition, dit le comité, est préférable sons beanconp de rapports i ceUe des pauvres laborienxi Si Ion vonUk supprimer cet nsage, ainsi qne la facalté iliimiiée de recevoir des visites, le comité avoue qu'il tceaii pcut^tre nécessaire d'augmenter la nourriture aÛouée ans délcBus. Que si on le conservait, on pourrait s'en sctvir avec avantage comme d'une récompense accordée i la bonne conduite. Dans tous les cas on témoignerait plus d'indulgence ans prisonniers non jngés et à ceux qvi sont à la veille de leur exécution. Les prisonniers nécessiteux ( itettiÊnêe prùomers ) sont les senis qui reçoivent des vèlemens. Lliabiilemeat complet revient â la shillings.

G>mme il arrive d'ordinaire en Angleterre, la prison de Newgate est placée sous la surveillance des magbtrab par* lesquels sont jugés les prisonniers qu'elle renferme. Ces magistrats sont , comme nous l'avons dit , le lord- ■mivc, la cour des aldermen et les sheriis de Londrcu et IBddiesex. Le gouverneur de la prison (Ac«per) est nommé far ie sheriff, et ce choix est soumis à Tapprobalion do la cour des aldermen. Le secrétaire {el^k) et les 14 geôliers sont nommés par le gouverneur, linim, l'amnènier {prdinary)^ le cbirorgien, le cuisinier, la supérieure des prisonnières ( mairoH ) et les deux geôliers sont nommés par la cour des aldermen.

Le nombre des prisonniers détenus â Ncwgate pendant le cours de Tannée 1827 , se monte i 3oao , ce qui

drâne mi'e moyenne de 46 jours pour k dorée de h dé^ tention. Cette considération sert peut-èlre â expliquer le peu de soins que le gouyemement emploie à Newgate pour la régénération morale des prisonniers.

Prison de Gillspur- Street

L'établissement de Gillspur* Street dépend, commo celui de Newgate, de la jurisdiction du lord-maire et de la cour des aldermen; mais il est plus spécialement réservé aux auteurs (accusés ou convaincus) des délits commis dans la ville de Londres. Cette prison contient 114 détenus, répartis en neuf classes, qui occupent en tout %% chambres et 9 cours. Si l'on distingue les motib qui ont amené dans la prison ces 1 14 individus, on ob^ tient le r&ultat suivant :

katm&U.

Iadi«i4Man«U> p.* trouMei de ««it ,

•t ▼agftboad*.

H<HIIIIIM* • . .

Ftmmet. . . .

Total. . .

Des Sa condamnés et accusés, 41 avaient été conduits dans la prison par suite de crimes proprement dits ifehnks) et 41 par suite de délits simples (^misdemeanors). Le tableau suivant indique la répartition des détenus» suivant les différentes périodes de la vie humaine :

Hommes.

Femmts .

Eatra

i5 ft Bo «as.

Eotrc W d aS Ans.

AK-dom

desSaac

n eil Ttte que la prison de Gilltp«r-Slreel reçoÎTe des détcmis ao^essoas de 1 5 ans. Aussi n'y a-t-on employé aacnne mesure pour rinstmcdon des jeunes détenus. La différence des iges ne parait même pas avoir été prise en cofesidération pour la classification. Tous les prisonniers sont assujettis i un travail quelconque , excepté ceux qui » n*avant pas encore été frappés par une sentence jn* , se refusent à toute occupation. Les hommes sont

plojés i nondre du blé avec un moulin à main (Hatul'' miU)f à broyer du lin a Taide de machines, à préparer des étoupes, à blanchir et à peindre la prison» aux mé^ tien de charpentier, de cordonnier, etc. Les femmes filent du lin, préparent des étoupes, confectionnent, la* vent et raccommodent le linge de la prison , et quelquefob travaillent à iaiguille pour la société des dames ( ladies' éUioeuÊiion). Les personnes placées â la tète de la prison, *sont: un gouverneur, un chapelain et un chirurgien, nommés par la cour des aldermen; un maître -ouvrier, une surveillante, une infirmière, un boulanger et nn cuisinier, nommés par le comité des prisons, qui est tiré du corps des aldermen ; 5 geôliers et un surveillant, nommés par le gouverneur et soumis i l'approbation de ce comité ; enfin, un homme chargé de diriger les travaux des prisonniers à Giltspur- Street et à Mewgate : il est également nommé par le comité. Les prisonniers reçoivent par semaine 7 livres de pain de ménage, 1 )^ livres de viande , sans os , 1 '/^ livres de gruau et 7 pintes de sonpc. Un surplus de 3 livres de pain est accordé aux luinunes qui travaillent au moulin i grains, et 1 }^ livres de pommes de terre aux femmes. Les prisonnien reçoivent Icnrs vètemens dans l'établissement même. Le comité cite avec éloges la propreté et l'ordre qui régnent à Gilbpur- Streei Le nombre des prisonniers renfermés pendant l'annce 1827 à Gilbpur- Street, se monte i 6287 : ce 11. :i9

qui donne huit jours pour la durée moyemie de la détention.

Prison de Brideivell

la maison de Bridewell , comme la plupart des ëtablissemens de ce nom » est surtout destinée i ramener aux habitudes d une vie régulière les hommes dont les délits sont assez légers pour que la société puisse espérer avec confiance leur retour â des idées meilleures » ou les mendians qui, n'ajant rien à perdre, inspirent par lenr position une juste défiance â l'autorité chargée de préve* nir les crimes*. Ainsi Bridewell ne contient pas àt félons: les seub détenus qui y soient renfermés , sont des misdemeanors et des mendians; tous j ont été conduits par suite de jugemens prononcés en forme sommaire par le lord-maire , les aldermen et le Chamberlain de la ville dt Londres, Le nombre des détenus se monte à 61, et cdoi des chambres qu'ils occupent à 5a : ils se divisent en 47 misdemeanors (35 hommes et 12 femmes) et 14 mendians (la hommes et 2 femmes). Tous les prisonniers sont soumis au travail, à moins de causes majeures, telles que l'âge» les maladies, etc. Les principales occupations en usage dans la prison sont le moulin à fonkr {îreadmill); il sert à préparer le grain qui se consomme i Bridewell et à l'hôpital de Bethlem; les femmes 7 sont employées comme les hommes : quelques-unes d'entte elles sont également occupées à Caire des chemises d'homme et de femme, â laver et à raccommoder le linge, et i nettoyer la prison. Le peu de temps que -les détenus pasisent

1. Il n'entre pas dans notre sujet d'examiner jusqu'à qael point la justice avoue cette répression sévère de la mendicité. Cette partie de la législation aoçlaise est surtout fondée snt le principe de Tatililé.

éam là Bâitan (le ïetmt moyen eti d*M noit), a toh péché jusqu ici de trouTer pour ies homniti qui n'ont ap* pris aaain métier, «ne occupation capable de remplacer le treadmill* Le nombre des prisonniers qui n'ont pas encore atteint Tige de qmnze ans, se monte environ i un cinqniéme du nombre total. Ils occupent sii appartemens aéparéi. La senle mesure qu'on ait adoptée pour leur instruction, est Técole du dimanche : Ton punit Tinsubordi* nalion en sonmeltant les récalcitrans à l'emprisonnement •olitaire, ou çn retenant une portion de la nourriture qui leur est allouée. La nourriture des hommes consiste par semaine en 7 /. livres de pain , 1 8 onces de bœuf, 5 / livres de pommes de terre, 3 pintes de gruau, 7 pintes de sonpe; celle des femmes, en 6/. livres de pain, 5)( livres de pommes de terre, 18 onces de bœuf, 3 pintes «le gman» 7 pintes de soupe. Les hommes sont partagés en quatre classes, dont chacune a une chambre pour la |oor et une de nuit; six chambres de travail, pourvues de Tones à fouler ; une chambre pour recevoir les détenus â leur arrivée; une infirmerie, et une chambre pour les ma* ladies contagieuses, un vestiaire, un bain froid et un bain chaud. Les femmes forment trois classes logées comme celles des hommes. Leurs chambres de travail sont au nombre de quatre, pourvues chacune d'une roue à fouler; Bridevell est sous la direction de ses gouverneurs partie cnlien. Les personnes employées à radministration de rétablissement sont : le président , le trésorier, le secrétaire, le recevear, un surveillant en chef (/i^^mleM^iMl Aeijper), un chapelain, un chirurgien, une fenune chargée de la direction des prisonnières , deux geôliers et deux geôlières. Tous ces employés, à l'exception du surveillant en chef, de la directrice et des geôliers , remplissent les mêmes fonctions dans ThApital de Bethlem. Le rapport du comité sur la prison de Bridewell est satisfaisant ; la

La maison de correction du comté de Middieset contient 332 chambres, dont chacune peut contenir S pri* sonniers; ainsi le chiffre considérable de 698 prisonniers ne dépasse que d*une manière insensible la population naturelle de la prison. Les enfans an -dessous de quinze ans sont au nombre total comme 1 est i 1 4. Trois écoles sont instituées pour enx : la première est destinée ani îennes apprentis {apprentices); la seconde aux enfans au-dessous de dix -sept ans, qui ont été aiVètés poor felowy^ et la troisième aux jeunes vagabotids. Dans une quatrième école on reçoit les femmes de tont âge qui désirent recevoir les bienfaits de l'instruction. Les prison^ niers sont divisés en vingt -huit classes, dont vingt pour les hommes et huit pour les femmes ;. la plupart dentre eux (476 hommes et 140 femmes) solit occupés; les seuls oisifs sont les prisonniers non jugés qui se refiisent au travail, et ceux qui ont été condànmés, par mesure de discipline, à Temprisonnement solitaire. Les occupations en usage sont , pour les hommes, le treadmîll, la préparation des étoupes, les menus travaux de la prison, et rinstruction des enfans ; pour les femmes, le treadmill, la préparation des étoupes, les occupations domestiques, les travaux à Taiguille, la lessive, et llnstniction des prisonnières. Parmi les jeunes prisonniers, les félons sont les seuls qui soient employés au treadmill; mail ils n'en ^ reçoivent pas moins la même instruction que les autres. a8 hommes et 4 femmes sont chargés de l'administration et de la surveillance de la prison : tons sont nommés par les magistrats. Le rapport du comité est satis&tsant

Prison de TothM Fieids BridM^IL

Cette prison, comme celle de Kew^te, présente l'aflligeant speetacle d'une accumulation qui dépasse le maximum fixé lors de son institution. Ce maximum était de 1 40,

et T<»tUll Fï^lds BrideweU contient 173 détcnns, iont to6 honiffici, 6a femmes et 6 enians. Destiné dans l'ori^ gine i servir de BrideweU , cet établissement est derenn vn eomumon gaol. On y envoie les individus qui n*ont pas encore subi leur jugement , et ceux qui sont sons le poids d*uae sentence prononcée par les magistrali en fortto sommaire; il est sous le patronage des magbtrats de la cité et dn ressort ( liberty ) de Westminster. Les seuls prisonniers occupés sont ceux qui ont été condamnés an travail forcé {^kard labour); leurs occupations consistent dans la préparation des étoupes , le blanchissage de la prison et les menus ouvrages qui se présentent. Les fe^ kmi forment un sixième du nombre total des détenus ; les wutdememttors en ferment la moitié, et les débiteurs le tiers. Les bommes sont partagés en trois classes; cha«^ cnne de ces classes a une chambre pour le jour, un espace aéré et une infirmerie; il 7 a en outre cinq cellules se* parées pour la punition des jeunes détenusw Les femmes son! divisées en deux classes, dont chacune a également en partage une chambre de jour, un espace aéré, et une infinnerie. Les jeunes prisonniers sont confondus avec les autres ; aucune mesure n*est prise pour leur instruc* tion. La nourriture distribuée journellement aux détenus consiste en ao onces de pain de froment ; seulement en hiver on accorde quelquefois aux prisonniers nécessiteux on supplément de soupe et de gruau : ils ne reçoivent des vétemens qu'en cas d*extrème nécessité. Onse fonction* naires sont â la tète de Tadministration et de la sur* vaillance de la prison : ils sont nommés par les magis* tmla.

Le comité dn parlement ^ qui avait eu la précaution dé se présenter â Tothill Fields sans -faire prévenir le go»vemenr de sa visite , déclare qu'il a trouvé cette prison dans nn état satisfaisant de propreté : l'organisation in-

tërieure hiî a para atssi bonne que le permettait la dâîectttosité dtt plan de construction. Il juge inutile de préciser ses griefs y parce que le parlement a déjà décidé d*avaiice l'établissement d'une nouvelle prison» et il se borne à faire des yœnz pour que le comité soit invité à j pourvoir le plus promptement qu*il sera possible. Les débiteurs, dit-il, y sont confondus avec les crimineb, et l'on ue saurait douter de la funeste influence qu'un tel mélange exerce sur la moralité de ces individus. Il blâme aussi la manière de coucber les prisonniers : un hamac , avec une couverte et de la paille, contient jusqu'à 16 détenus; on a cherché à aUéger faiblement ce mal, en adjoignant à chaque classe de prisonniers un espace où se trouvent des lits qui peuvent être loués par les personnes d'une condition distinguée Çqf a bélier description). Les évasions sont fré» quentes. Un jardin ouvert au milieu de la prison contribue puissamment à la santé de ses habitans, et le gouverneur, depuis douze ans qu'il exerce son emploi, ne se souvient pas d'une maladie contagieuse : si le cas se présentait, les chambres réservées pour les malades sont étroites et incommodes, et communiquent avec celles des prisonniers bien portans^

Prison dû comte de Surrey.

Cet établissement, qui est la prison ordinaire (rommon gaol) du comté dont elle porte le nom, reçoit indistinctement les débiteurs et les délinquans , filons ou misdemeanors , avant ou après leur jugement On ne saurait faire à cette prison le reproche, que nous avons fait à plusieurs autres établissemens, de recevoir un nombre excessif de prisonniers. Elle a a3o chambres, qui peuvent servir à loger 336 individus , et elle n'en contient en réalité que ia6 , qui se répartissent ainsi qu'il suit :

DëkilMn.

MM4«aiM«*r»

PdMi.

EMmàlc

Hommci. .

Fcmmcft. .

lis

Total. .

is6

Le nombre des jeunes criminels est presqne nnl : ils forment néanmoins une classe i part et apprennent à lire et à écrire sous la direction d'nn prisonnier» qui est Ini-mème soumis i la surveillance du chapelain de l'établis* sèment 107 prisonniers ne sont employés à aucune es» péce d'occupation; les 19 autres passent leur temps i entretenir la propreté dans la prison , à travailler an ^rdin , à faire la lessive et à soigner les malades. La nourriture parait suSsante,- la quantité de viande est moindre que dans les autres prisons dont nous avons parié ; ce qui s'explique peut-être par le défaut d'occupation des prisonniers. Les pauvres reçoivent les vêtemens dont ils ont besoin. Des 63 individus qui sont renfermés dans la prison de Surrej pour des crimes dont ils ont été con* vaincus on accusés, a a seulement ont subi leur jugement- La totalité des prisonniers est partagée en doute classes» dont dix pour les crimineb et deux pour les débiteurs : toutes ces classes réunies n'occupent que trois espaces séparés (wards). La prison est placée sous le patronage du bant*sberiff, de la cour des sessions trimestrielles (fuarter sessions )f et de treiie antres magistrats. Les quinte ofiders cbargés de l'administration ou de la sur» veilUnce de rétablissement sont nommés par le bant* iberiff, par la cour, par le comité des magistrats et par Je gouverneur.

Maison de correction de Brixion*

Cette prison, dont la construction et la disposition extérieure sont décrites dans l'ouvrage du docteur Jnlius,

a 10*4 chambres, qui pourraient, en cas de néceaâté» contenir 171 prisonniers ; elle en contient en réalité 168, tous jugés en forme sommaire (under summary com^ielions) : i3a d*entre eux Sont renfermés pour de simples délits correctioMels ( nUsdemeanors ) et 34. penr des crimes propremait dits (fehmes). Us sont partagés en dix classes, et sont tous employés aux travaux du treadmill. Une école est instituée pour tous les prisonniers » jeunes et rieur; les jeunes gens qui ne veulent pas se soumettre & la discipline de la prison, sont condamnés i l'emprisonnement solitaire. Dix officiers sont préposa i la surveillance des prisonniers: ils sont nommés par le gouverneur et approuvés par le comité des magistrats du comté de Surrej. Le% récidives sont asses fréquentes : sur 168 prisonniers, a 3 ont déjà été enfermés à Brixton urne fois auparavant { $ y ont été ieux fois; 7 y ont été trois fois, et 20 j ont été quatre fois et plus.

Tel est l'état où se trouvaient à la fin de 1 828 les pri* sons établies dans la capitale de l'Angleterre et dans son voisinage. La plupart d'entre elles sont loin de présenter des résultats entièrement satisfaisans ; le gnmd nombre des individus employés à la surveillance des prisons montre asses les défauts de leur construction; le précepte de la classification n*est observé que d'une manière imparfaite et souvent illusoire, et Téducation morale des détenus parait presque entièrement négligée. Mais tous ces griefs perdent de leur gravité, si l'on considère le peu de temps que les criminels passent dans la prison, et les diflicultés, pour ne pas dire l'impossibib'té , que présenterait lapplication d'un système d'amélioration suivi. On se convaincra de la force de cette considéra* tion, en jetant les yeux sur le tableau suivant.

IlMabnioUlietpritMi.

roitrt de Vtmét .817.

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Uta.nrriMCiiMr».

Avant de tenminer celte note, nous crojrons devoir communiquer i nos leeleun quelques autres docunens iaiifrcuaM, q«e noua trouTons é la mène source.

Le premier est relatif au dep^ d'instruction des individu renfennis daat les huit prisons dont nous avons parlé.

■ejfww m ISO fHB Ih iiHin |itinu A

Ces chiffres ont de quoi étonner un lecteur Irançaït, m on Ici compare avec les documau publiés fxr le miuft< 1ère de la guent Mr le dugré d'inatructiou des jeauet loldats appelés sous In drapean : donmeni d'où fl ré-

snHe qne plus de la moitié ne savent ni lire ni Retire- A ce rapprocbemenl il faut encore ajontei qne les jeanes' soldak sont pris sur toute la population française, tandis que les prisons, en Angleterre comme aiUenrs, se recrutent prindpalement dans la partie ignorante et oisive de la société.' '

Le tableau suivant indique la nation à laquelle appartiennent les divers détenus de chacune des buil prisons.

ÉcOSMi*

IndlTidns d'aalrc* nation*

ii5

Sor 1000 prisonniers il j a • • 836 Anglais;

Idem 30 Écossais;

Idem. i38 Irlandais;

Idem. 14 étrangers.

I. Les TJtnltati qne nons Tenons de donner sont encore bien faiblet, si nous les comparons b ceux ^ne pr&enLent les prisons de l'AUemagD*. Le nombre des individus qoi ne savaient ni lire, ni ^rire, ni calcnkr, f tait en 1819 à Poudam de 17 lar 100, k Spandsn de i3 sur leo, et 11 Laadsberg da 3 aor i«o. Celui des prisoDniers qui ne saTaient ni ^rire , ni calculer, jtait i Potsdam de S3 sur loo.k Spandaii de Si snr loo, et k Landsberg de 6d sur 100. Enfin, le nombre de* pri*onnien ae sachant pa* calculer, ^tail h Potsdam de 68 sur loo , k Spandau de 56 •nr 100, et k Landsberg de 68 sur lao. Les docnmens stir le»qnelsces i&uluu s'appuient tout tiri* de Jdlim, /afcrtMeW, etc., livraison de Janvier «l d'Avril i83o.

On peatT^rcoiarqtter combien les Irlandais qni s'y tronreitt sont nombreux , comparariirenienl aux autres étrangers.

Ainsi , dans des prisons appartenant à l'Angleterre proprement dite, le nombre des Irlandais forme les 1 38 millièmes de population totale , et ce même nombre est i celui des «Ecossais comme 7:1.

Voici les métiers qu'exerçaient avant leur arrestation les individus détenus dans les huit prisons.

Newgate. ia8 journaliers, 14a artisans, 11 marins. Les femmes ne sont pas comprises dans cette énumération.

Gihtjmr Street 1 mardiand de drap, ^ bouchers, 1 libraire I i douanier, a ferblantiers, a poissonniers, t fabricant de soieries, 1 laiseur de fil d'archal, 1 scieur de bois, I vitrier, 1 maçon, a joailliers, 1 boulanger , 1 cordonnier, 1 parfumeur, 1 charpentier, 1 tonnelier: Ions ces individus sont généralement des artisans et non des maîtres; le reste se compose de journaliers.

Bridewetl, 5 boulangers, 1 paveur, 1 tailleur, 1 char* penlier, i mcànier^ i tisserand, i maréchal, 1 cordonnier, 1 corcoyeur, 1 ébéniste, 1 perruquier, 1 pelletier, 1 taiilenr de pierre, 1 surveillant de chantier, 3 marins et a 8 individus sans métier : total, 47 hommes dans la prison aqourdlini.

CkrkemwelL 4 tuiliers, a maçons, 3 paveurs, i charpentier, 3 maréchaux, 1 piombeur, a ébénistes, 1 lein* turier, 7 cordonniers et bottiers, 6 tailleurs, 1 marchand dcdiap, 4 tisserands, a selliers, a tourneurs, 1 tonnelier, 1 vemisseur, 1 balayeur de rues, 1 cordier, a marins, a bateliers, i garde- vaches , a conducteurs de diligence, 4 boulangers, x boucher, 1 garçon d'auberge, t horioger, 1 joaillier, a écrivains, 1 faiseur d'instrumtns de cUmrgie, 61 ouvriers, et personne sans occupation.

jtfeùon de correction du comté de MùUlesex, 1 1 bo^ langers, 4 bonchcn, S ébénistes, i charron, 4 bacbien,

\ i mxréchwx » i bra^selir » 5 tisserasd» » 6 fondciits àt chk vre, 1 faiseur de chaises , 3 maçons» a 6 cordonnieny S ploinbeafs , 2 chapeliers, 3 arquebusiers » i3 tailleurs, 3 faiseurs de harnais, 4 paveurjs, 1 chaudronnier, 8 peintres, a cQidiers, 6 marins, 2 toum«urs, 3 vergetiers, 3 teinturiers, 3 tonneliers, 1 relieur, a vitriers, 1 imprimeur, 6 tailleurs de pierre, 1 fabeur de corsets, 1 faiseur de filets, 3 faiseurs de cordons de souliers, 1 faiseur de jarretières élastiques, 1 marchand de modes, 1 faiseur de chapeaux de paille , a faiseurs 4e Ucêts , 1 fabricant de soieries, 1 faiseur de bonnets, î faiseur de tambours, i raccoHunodeur d'habits de femme , 1 faiseur de tresses* 1 tisseur de crins, 1 bottier.

Tothill Fields Bridewell 6 cordonnia*s , 6 tailleurs , 4 peintres, 3 charpentiers, a perruquiers, a faiseurs de cofires, a e]q[>éditionnaires , a balayeurs, 5 marins, 6 soldats, 1 laitier, 1 maréchal, 1 poissonnier, 1 faiseur de parasols, 1 faiseur de pantalons, 1 voiturier, 1 imprimeur, 1 corroyeur, 1 charron, 1 relieur, 1 maçon, 1 faiseur de limes, 1 teinturier,! tonnelier, 1 ébéniste, 1 tisserand, 1 sellier, 1 jardinier; le reste se compose de journaliers.

Prison du comté de Surrey, a 7 journaliers, 1 cordier, 3 gentlemen , a tailleurs de pierre, 1 domestique d'auberge, 1 rameur, a charpentiers, 3 maçons, 1 tanneur, X vétérinaire, 1 charron, 1 maréchal, 1 jardinier, 4 pécheurs, 1 coutelier, 1 meunier, 1 tapissier, 1 boncher, i arpenteur.

Brixion. 5 charpentiers, 3 boulangers, a maçons, a charrons, 1 sellier, 6 marins, 1 ingénieur, 1 relieur, i fermier» 3 plombiers et peintres, 1 vergeder, 1 maréchal» 3 cordonniers, a chapeliers, a paveurs» & tanneur.^ 91 joumalicKS; I9 femmes.

Note sur les pontons de F Angleterre.

On a vu, dans la deuxième Leçon de M. le D.' Jnlius, le conipte qu'il rend dès pontons enfilais {hulks)^, et la nention honorable qn'il y fait des efforts de M. Capper , anqael on doit la suppression des principaux abus qui déshonoraient cette institution. La source i laquelle nous ayons puisé la plus grande partie de la note précédente» nous fournit également le moyen de compléter les docu-» mens trop rares de M. Julius sur les pontons , en ofirant id à nos lecteurs le résultat de Tenquète entreprise i cet égard par le comité du parlement Cest M. Capper lui* même qu'ils y Terrent figurer comme témoin : nous avons cru devoir conserver la forme du dialogue, telle qu'elle se trouve dans Toriginal, afin de donner à nos lecteurs une idée de la manière dont se font en Angleterre ces sortes d'enquêtes , si prédenses par les notions posi* tives que le», dépositaires de la puissance législative y puisent sur des matières où la théorie a surtout besoin d'être éclairée par la pratique.

John-Henri Capper, esq^ est appdé et interrogé.

Quelle est votre charge ? — Je suis attaché au déparlement des aflaires criminelles auprès de la secrétairerie d*État t et inspecteur eH chef des pontons.

Inspectei-vons réellement les pontons? — Ou*.

Êtes - vous dans l'habitude de les visiter souvent ? «^ Mon devoir m'oblige i les visiter quatre fois par an, mab f y vais plus souvent ; f emploie tous les dimanches oi je me trouve libre , à inspecter quelques-uns de ces étabUt-

Les avee-vous visités depuis peu?— J'ai été il y a dimaaebe huit )ounâ Weelwidi et le lendemain éChalbaB.

coatîeniient-ils beaucoup de prisonniets

'^iMoiuit? f^^^ ^^^^ P^^ très-pleins actuellement,

«mVsaemkirqaë tout récemment 700 convicfs pour Ift NottTctie<G''ies méridionale.

Qmés so«t ceux d'entre les cpnvicts que vous laites empour la Nouvelle-Galles méridionale P — - Je cornpar séparer ceux qui sont condamnés à perpétuité mu pour quatorze ans au moins; quant aux autres, ils soat pris au choix, suivant leur . caractère. '

Déporte-t-on régulièrement tous ceux qui sont condamnés à perpétuité ou pour quatorze ans au moins.?—- Les exceptions sont peu nombreuses : elles concernent ceox que le ministre m'autorise à retenir, et ceux qui sont jugés incapables de supporter le voyage.

Quelle exception admettez-vous encore pour ceux qui sont condamnés à la déportation pour sept ans au moins, et quatorze ans au plusp — On embarque régulièrement tous ceux qui se trouvent, sur les pontons pour la seconde fois, et ceux qui ont été plus d'une fois détenus dans une prison; quant aux autres, on les emploie généralement aux travaux des pontons pendant un certain temps, jusqu'à ce qu^ le ministre juge à propos de les recommander à la clémence du roi.

La proportion de ceux qu'on embarque est-elle grande ? —-On en embarque un nombre considérable, parce que les condamnés pour sept ans. sont extrêmement nombreux.

Arrive-t-il quelquefois qu'un individu condamné à la déportation pour sept ans, soit mis en liberté et retourne d^ns sa paroisse dans l'espace de trois ans.? — Jamais ^^ant trois ans, à moins qu'il ne se présente des circonstances particulières, résultant de la nature du crime; mais .1 ■

&• I#e mot .anglais vhuraextr signifie égalemenl e<mditiom.

qfuant aux grâces accordées en coi^dëration d une bonne conduile, elles ne le sont jamab avant que Je prisonnier n ait subi au moins la moitié de sa peine , et il est extrè^ ncnent rare quelles précèdent Texpiration de la quatrièiAe année.

Est-ce TOUS qui êtes cbargé de faire la proposition ?«- Les oCciers de rétablissement me recommandent un certain nombre d*entre ceux qui ont subi plus de la moitié de leur peine, et après des enquêtes ultérieures je sounets ces recommandations an ministre.

Sur quels motifs ces recommandations sont-elles fondées ?«- Elles sont la récompense d'une coaduite exem* plaire , attestée par le chapelain et tous les officiers à bord eu ponton.

A-t-on égard aux pétitions venant des paroisses?-— Mon, i moins quil ne s'y rattache des circonstances toutes particulières.

Est-ce vous qui examinez le mérite des pétitions î — Chaque pétition est soumise au ministre.

Par les mots conduUe exemplaire ^ entendei-vous une conduite entièiement conforme i la discipline établie sur les pontons, ou bien des signes non équivoques de régé* aération morale?—- J ai égard i la fois i ces deux considérations.

Considérea-Tous une conduite scrupuleusement conforme â b disdpUne des pontons comme un indice de régénération ■Miralç? — Oui, j'admets cette régie, quoiqu'on ne puisse douter que les prisonniers ne soient ês&Kt babiies pour tromper les regaids de robser>'ateur; car beaucoup d'indi- TMtus qui affectent une bonne conduite sur les pontoos, sont précisément ceux dont le fond est le plus corrompu. Lorsqu'un homme est envo)é sur les pontons pour la seconde fob, on a l'habitude de lui imposer des cb^ines doubles jusque sa déportation, el on envoie au gouverneur de la u. 5o

■éridionale des renseignemens sur son tt nnntant i le faire transférer à Norfoilkasi le dépôt des hommes les phit videax.

Le «wlirr des conviais a-t-il augmenté depuis f année iknMere.^ — L'augmentation est considérable ; fai reçu <t>a prèosaiers de plus que Tannée passée.

Ke croyes-vons pas qu*en faisant déporter en généra! ItiB ceux qui sont condamnés pour sept ans, cette mesure «■mit pour effet de diminuer considérablement le nombre 4es crimes? — Je serais porté à douter de l'eScacité de ce moyen. Il faut considérer avant tout Fextension du travail imposé dans la Nouvelle-Galles méridionale. Il y a cinq ans que M. Mac-Quarie, alors gouverneur de l'établissement, représentait au ministère qu'il n'était pas prudent d'envoyer les condamnés pour sept ans, parce que leur conduite contrariait toutes les mesures prises pour établir l'ordre dans la colonie. Alors le ministère chercha i les employer ailleurs, et ils furent déportés i Bermude, où ils exécutent également des travaux considérables : iioo prisonniers furent dirigés sur ce point. Lorsque le général Darling, dont on connaît l'excellente adminis» tration» arriva â la Nouvelle- Galles, il demanda immédiatement un envoi de aooo hommes. On tt*eut pas de peine à satisfaire à sa requête, malgré les envois qu'on continua de faire à Bermude , et malgré les travaux des pontons, où l'on demande également beaucoup d'ouvriers. Dans le courant de la dernière année j'ai envoyé environ 21O0 convicts à la Nouvelle-Galles méridionale.

Ne vous objecta-t-il pas qu'ik étaient condamnés i sept ans de déportation ? ^- Le gouverneur actuel n'a pas renouvelé cette objection.

Sur quoi étaient donc fondées les objections de M. Mac- Quarie?— Il disait que les convicts de sept ans, qui tous avaient déjà subi une partie de leur peine ayant de quitter

FAngleUm, Tojaîeiit s*appracher riostanl de leur liberté cl dcvenaieal pr conséqoenl indifférens pour le travail qui iear était inpo&é. Nous éprouvons généralement ijue les hommes qui ont été condamnés pour une courte dnrée, sont ceux qui présentent le moins d'espérance d*amé* iioration» et je crois que c*esl la crainte dune condamnation pfau longot qui inspire des babitad&> d*ordre. Les condam* ■es de sept ans calculent» dés Tinstant de leur arrivée, qu*ii ne Iear reste plus que cinq ou six années à subir; ils se disent : « Je veux les défier » je ne travaillerai pas; je ne « m*inquiéte pas si ma conduite est ou non conforme à la « discipline de la colonie ( quand mon heure sera venue» « je serai libre. * H n'en est pas ainsi de Thomme condamné pour long-temps; la prudence lui conseille de se bien com^ porter pendant sept ou dix ans, afin d'obtsnir sa grâce ou une commutation de peine.

Ainsi f objection de M. Mac-Quarie était relative â la durée de la peine î -— Oui

Comment qualifies -vous le changement de politique du gouverneur Darlingf— -Je crois quil entre mieux daas les vues du gouvernement, en faisant de la Non* voile-Galles méridionale une colonie de criminels; le nom* bre d*iudividus qui s'y fixent définitivement est devenu beaucoup plus nombreux, ce qui augmente les envois pour salisbire aux exigences des travaux entrepris. La compagnie d'agriculture emploiera la plus grande partie des caractères les plus dociles.

Eavoyen-vous une grande quantité de femmes? — Toutes ceHes qui sont coudamnées à la déportation ; le uombre do celles qui sont envoyées au pénitencier est bien petit

Croyeft-vous que le gouverneur ait actuellemeat bo* soin de nouveaux envois f — Oui, j*eu suis é peu prés certain ; je suis occupé en ce momeul à embarquer ua grand nombre de convids.

Si les hommes condamnés à sept ans de déportatiol! sont ceux dont le caractère est le plus corrompu » ne peu* sez-Yous pas qu'il soit imprudent de les mettre en liberté après quatre ans?-— Les plus vicieux d* entre eux sont envoyés à la Mouvelle-Galles. •

Ne pensez -vous pas que le grand nombre de colons

libres qui sont partis pour s^établir à la Nouyelle-Galles

/fera augmenter le nombre des demandes, et qu*il faudra

désormais y envoyer un plus grand nombre dWvriers?

— Je suis porté à le croire.

Croye^vous que la condamnation à la déportation â perpétuité agit avec plus d'eflElcacité sur le moral des condamnés que la condamnation pour sept ans ? — Lts motifs que j'ai déjà énoncés me font croire que la première les porte plutôt à réformer leur caractère.

Quel est le nombre total des convicts qui se trouvent sur les pontons? — Il se monjte environ à 3900.

Combien de pontons occupent-ils ? — * Dix.

Quelle est la classification à bord des pontons?— Le nombre des divisions dépend de la forme du bitiment; on large vaisseau de 74 admet environ 40 divisions 9 qni sont graduées d'après la nature du crime commis et le caractère individuel des condamnés. Le caractère eslà mes yeux une considération fondamentale; lorsque lesmagi^ trats représentent un criminel comme ayant témoigné» même avant sa condamnation, un caractère profondément perverti, je considère cette circonstance sans presque avoir égard à la nature du crime qu'il a commis. Je remarque en général que les braconniers sont des hommos d'une bonne conduite : ils se gardent ordinairement eux-mêmes; ce sont ^ des hommes industrieux et de braves ouvriers.

Ainsi vous avez égard au caractère que le coupable a témoigné avant son crime , aussi bien qu'à sa conduite dans la prison ?—- Certainement

Y a-t-il une classification fondée sur Fige? — An* 1 une 9 excepté pour les jeunes gens, qui sont logés â part.

Au-dessous de quel ige? — Au-dessous de seize ans; ils se trouvent 9 au nombre de plus de 3oo, à bord du vaisseau TEuryale , stationné â Cbatbam.

Le nombre des jeunes criminels s*est-il augmenté cette année-ci ? — - Je ne crois pas qu il se soit accru depuis Tannée dernière ; mais raccroisseroent est sensible depuis i8ai.

Vous dites que les individus condamnés pour sept ans sont ceux qui se comportent le plui mal à leur retour; ne pensez-vous pas que si la durée de la déportation était étendue pour tous les cas à quatorze ans ou â perpétuité, ces hommes chercheraient i corriger leur caractère et à devenir meilleurs?— Je suis persuadé qn*ib se compor-* teraienf mieux.

Les jeunes criminek sont-ik partagés en différentes classes sur le vaisseau qui leur est réservé ? — -> Oui » dans le principe on ne croyait pas cette séparation aussi nécessaire parmi les jeunes gens qu'elle Test parmi les hom* mes faits ; mais l'expérience m'a démontré que les jeunes gens ont besoin d'une classification encore plus sévère que les autres prisonniers.

G>mbien de divisions y a-t-il à bord de ce vaisseau ?«— Actuellement il n*y en a pas plus de douze , parce que le bitiment n'est qu'une simple frégate, et ne permet pas de pousser la classification plus loin ; mais si j'avais à ma disposition un bitiment plus considérable, je m'en promettrais d'heureux résultats.

Reçoivent-ils quelque éducation? -— Oui, je vais présenter au comité m papier où se trouve l'ordre de journée suivi pendant une semaine i bord de TEur} aie.

(Le témoin présente ce document, dont on bit la lec^ tare.)

Rapport sur Tordre de la journée pendant une semaine entière^ à bord du ponton PEurjrale ^ stationné à Chatham , et résen^é exclusivement aux jeunes prisonniers.

ht loiidi» i cinq henres et demie du matin, les portes font ouvertes , les hamacs sont roulés ensemble, et les jeunes gens remplissent leurs devoirs de propreté: à six heures ils se rendent dans la chapelle , chantent Thymne du matin , et le mattre d*école (qui est lui-même' un con* yict d un âge màr) leur lit une prière, en présence des éiEciers et des gardes; après la prière, on sert le déjeuner sous les yeux du préposé supérieur et des officiers : il Consiste dans la moitié de la portion journalière de farine de gruau bouillie, plus le tiers de la portion journalière de pain. Après le déjeuner, les jeunes gens de lune des classes sont menés sur le pont principal pour y jouir de Pair et j prendre leurs exercices ; ceux des autres classes nettoient les tables qui ont servi au déjeikner, et vont s'occuper de leurs travaux respectifs; à six heures et demie •n distribue le bœuf qui doit servir à la consommation ée toute une journée, sous la présence de l'inspecleor en chef et des oiEciers; il est pesé par l'intendant, sous les yeux du préposé supérieur; à sept heures le pont principal et les espaces réservés à chaque classe sont nettoyés» ainsi que la chapelle: à neuf heures les jeunes gen&vont travailler; à neuf heures et demie le chirurgien fait sa vi- ^te; une des divisions se rend sut le pont : on examine les hamacs, les couvertes et les habits; les jeunes gens se peignent et se lavent dans une citerne d'eau salée. lis reçoivent â OBse henres leur seconde portion de pain , qui est pesée par l'intendant sons les jeux du premier préposé ; â onze heures et demie ils quittent leur ouvrage, nettoient leurs chambres et se lavent ; le diner est servi : il consiste

^BS b seconde portion de pain qni lenr a été disiribnée» 7 onces de viande, la onces de pommes de terre et nnt pinte de soupe. A midi les jeunes gens de Tune des classes sont envoyés à l'école , qui se tient dans la chapelle : ils y apprennent A lire, d écrire» ainsi que l'arithmétique, It catéchisme et les hymnes; ceux d'une autre division sont envoyés sur le pont principal pour y respirer le grand air et se donner do mouvement ; on nettoie de nouveau les tables et on balaie les chambres. Â une heure et demie les uns et les autres se rendent au travail ; à deux heures et demie on examine les habits, les lits, etc., comme le ma^ tin. A cinq heurm les jeunes gens quittent leur ouvrage , balaient leurs chambres, se lavent et prennent leur soupev| qui consiste dans un tiers de la portion journalière de pain , et la moitié de la portion journalière de farine de gruau bouillie. A cinq heures et demie les jeunes gens de Tune des classes sont envoyés à Técole, et ceux des autres vont sur le pont principal; on descend les hamacs; à sept heures et demie l'école est finie ; les jeunes gens, avant de partir, cbanlent Thymne du soir, et le nuitre d'école lit une prière. Ib se rendent tous dans leurs chambres , et on ferme les verroux. A huit heures et demie les tour** nées de nuit commencent.

Le même ordre s'observe tous les jours snivans, excepté le samedi. Alors le dtner ne se compose que du tien de la portion journalière de pain et de 3 onces de fromage ; toute la journée est consacrée à laver et à nettoyer le vaisseau tout entier ; à empaqueter et i envoyer au magasin les articles confectionna pendant la semaine. Il n'y a pas d'école i midi; mais le soir tous les jeunes gens se fendent i la chapelle, et ceux d'entre eux qui ont appris des hymnes par corar, les récitent, oulre l'hymne du soit et la prière, qui se disent comme tous les autres jours. A sept heures ils vont dans leurs chambres, lavent el

Ions chemises, leurs mouchoirs, etc., ef se

Lji BatiBée du dimanche comivence comme celle des avtrcs jours, à huit heures les différentes divisions se rendent successivement sur le pont pour être passées en revne; à onxe heures trois quarts ib se rendent i la ckapeUe, ou le chapelain lit une partie du service du matin, et leur fait un sermon, qui dure généralement de cinquante minutes à une heure; après le service religieux on dîne, en présence des officiers; après le dîner les jeunes gens de Tune des classes sont envoyés sur le pont; i deux heures et demie on descend , et chaque classe se Rassemble dans la salle qu^elle occupe pour y entendre lire les saintes écritures par des jeunes gens qu'on désigne à cet effet ; à trois heures et demie une autre division va prendre Tair; à cinq heures on soupe; à six heures toutes les divisions se rendent à la chapelle; le service dn soir est lu par le maître d école, et les jeunes gens sont instruits dans le catéchisme : à huit heures ils se couchent

NB. Pendant les mois d*hiver, lorsqu'il ne fait pas a^ez clair pour que les jeunes gens puissent prendre leurs exercices du matin sur le pont, on les envoie, en sortant de la chapelle , après la lecture de la prière du matin, à leurs différens métiers, et ib reçoivent leur déjeuner à six heures; l'après-midi ib restent à l'ouvrage jusqu'à cinq heures et demie; alors on sert le souper, après lequel commence l'école.

Les jeunes gens sont soumb à table, pendant Tonvrage, sur le pont et dans la chapelle, â une inspection constante.

Des sentinelles sont placées entre les différentes dasses pendant la nuit.

Le benedicite et les grâces sont récité^; avant et après le repas.

Lacttkhie ttk placée sous la sorreillaiice d*aii^«rda, ffù répartit Ici poitions avec une égalité scmpuleiise.

Étui de r école,

k leur arrivée av ponton , 70 jenes gens saTaient lirei

69 savaient lire et écrire ;

8 connaissaient Tari thmét.*; 3o5 ne savaient pas lire

Nombre total des détenus 345.

Dna Técole dn ponton, 111 apprenaient i lire ;

116 apprenaient a écrire ; 34 apprenaient TaritluBétiqne , et 9} avaient fini leur éducation

primaire. .

Total 345.

i39 jeunes gens apprenaient le catéchisme; iiS apprenaient des hymnes.

Les jeunes gens de chaque classe recevaient l'inslruc' tion do catéchisme i l'école une fois par semaine.

Le dimanche soir le catéchisme était récité par tous ceux qui en étaient capables.

Le samedi soir tous ceux qui avaient appris des hymnes les récitaient publiquement

G>mbien de temps y a-t*il qne ce ponton a été institné ponr la détention des jennes g^ps en particulier ? — Environ deux aas et demi

Avei-vons en des moyens d'apprendre quelle a élé la conduite qn*ont tenue depuis leur libération les jennes gens qui y ont été délenns ? — Il m*est triste d'avouer que leur détention n*a pas fait sur eux beaucoup d'effet ; car sur 10 d'entre eux, 8 ont repris leun anciennes habi-

taides, et ce««U sott, pour h plspart» des etffMis <pu «vaiettt encore des paréos pour les recevoir ; câr c'est vm point auquel j*ai toujours eu égard, en les recommandant â la grâce royale. Je crois que ce qu'il y aurait de mienx â taire arec ces enfans, ce* serait de les bannir du pays, lorsqu'ils ont atteint l'âge mAr.

En avei-YOus banni beaucoup P — On les bannit â mesure qu'ils deviennent grands » mais rarement au-dessous de seise ans.

' Étes-vous sur qu'on n'en a jamais banni au-dessous de cet âge? — Les cas sont bien rares : on Fa fait, par exemple, dans un cas où l'un de ces jemes gens avait Iné uii de ses compagnons.

* Apprennent- ils quelque métier qui puisse leur servir en qualité de marins?— Non.

M'apprennent-ik aucun autre métier que cehii de tailleur ? — Ils apprennent encore â relier , et s'il se trouve â bord du vaisseau un charpentier, il instruit un. ou deux d'entre eux.

Trouvez-vous quelque inconvénient â leur confier des instnimens dangereux? — Aucun; ils ont tons entre les mains les instnimens qui servent an métier de reUcnr. Je puis présenter au comité un document récent, qui servira à l'éclairer sur plusieurs points. Le nombre des jeunes gens à bord du vaisseau est de 3oo; 199 d'entre eux ont des pères encore en vie; 66 autres n'ont plus qat leurs mères; le nombre des orphelins se montée 35. x33 d*entre eux sont condamnés pour réddive. Le nmiK bre de ceux qui savaient lire et écrire lofs de lenr arri- Tée se monte â 66; 64 ne sai^aiest que Ure, et les 170 antres ne savaient ni lire ni écrire. Quant â l'âge, ils se répartissent ainsi : deux de huit ans , cinq de nenf anst treize de dix ans, vingt-trob de onze ans , càMpanto^ncnf de d^uze ans, soixante-4ienf de treise ans, <piatie*Ting;l«

ieta de qnatonc «m» quarante - deu de quiose aas, et OBI] de «eiie ans.

Ponrriet-vovs dire quelle est en général la condition de lenrs parcns ? — ' Je n*ai paa fait de rerherchet à cet égard.

S4vez->ons a'ils ont fréquenté quelque 4cole publique on les écoles nationalasP— - Je wb porté à aoire que la plus grande partie d'entre eux a étudié dans des établisse» mens de ce genre ; mais je ne pourrai pas Tavancer en bit : je crois que les parens de ces enians n auraient pas eu le mo} en de les élever ailleurs que dans une école pu* blique.

Vous dites que Vous ne faites jaaais transporter hors du pays des garçons au-dessous de seiie ans , ^cepté dans des cas particuliers; nais les faites- vous partir lorsqu'ils sont devenus grands et capables de travailler?— Oui.

Que faites-vous des enfans au-dessous de dix ans , qui sont condamnés i la peine de la déportation ? «-* Je ne pour* rais pas dire déporter des en&ins de cet ige, s'ils étaient condamnés pour sept ans seulement ; mais il j a beaucoup de jeunes gens qui ont été déportés après avoir subi sur les pontons la moitié de leur sentence, et dont |*ai eu do bonnes nouvelles , relalivement à leur conduite i la Mou* vcUe^yalles.

H parait que le plus grand nombre d*entre eux ont qnatone ans : combien y en a-t-il parmi ces derniers qui soient condamnés pour sept ans, et combien qui le soient ponr plus long - temps I «— Je pense que le plus grand nombre sont condamnés pour sept ans,

Que fcries-vous avec ces garçons, lorsqu*ib auraient atteint Tige de sève ans? — * Je demanderais leur dé« portation.

Quelle est la période la pins courte pour laquelle vous dcmanderiet au ministre la déportntion d'un jenne bommef ^ Quatre ans au moins.

Mais si la durée de sa sentence ou son âge ne pennettaient pas de l'envoyer pour ce temps, vons abstiendries- Tons entièrement de demander sa déportation? — Oui.

Quelles sont les punitions disciplinaires auxquelles ces enfans peuvent s*exposer à bord des pontons ?— - La pri- Tation du diner, la bastonnade ou l'emprisomiement solitaire.

Quels moyens a-t-on d'infliger remprisounement soli^ taire â bord des pontons ? *- Nous avons pour cet objet deux enclos séparés de toute commuuication avec les autres classes.

Âvez-vous remarqué que la peine de la bastonnade avait eu pour effet d'endurcir ceux qui l'avaient subie ? -^ Je suis obligé d'avouer que cette peine les endurcit plus que la privation de leur dîner.

Ainsi vous regardez, en général, la bastonnade comme une mauvaise punition? — Je ne l'approuve pas autant que l'emprisonnement solitaire et la privation du repas.

Trouvez-vous que l'emprisonnement solitaire ait un bon effet sur ces enfans? — - Je ne voudrais pas appliquer l'emprisonnement solitaire dans toute son extension; je voudrais j ajouter le travail, et ne pas l'appliquer au-deli de quatre ou cinq jours : c'est ce que nous faisons fréquemment

Les privez -vous aussi quelquefois de la himière ! — Jamais.

Les jeunes prisonniers peuvent-ils avoir des communications avec leurs amis ? »- Nous ne les empêchons jamais de se voir; mais généralement nous fixons l'heure de l'entrevue au milieu de la jouméfi du dimanche, entre les deux services religieux.

Lorsque des parens désirent voir leurs enfans , quelle est la marche qu'ils ont à suivre pour obtenir leur admission auprès d'eux ?-i- Le commandant du pontoa leur

pchaet de TOÙr» tl de rester une heure avec leurs enians sur le poil, en présence des officiers.

Cro)^ez-vons qu il pourrait arriver des inconvéniens si Ton envoyait un ponton, chargé de jeunes prisonniers, de ^ Tamise à une station éloignée ? — Absolument aucun.

, Penses -vous que le système de discipline et d'éducation qui est en vigueur sur le ponton, put se main* tenir dans une station éloignée? — De la même manière.

N*interromprait-on pas par ce moyen la communication entre les jeunes prisonniers et leurs amis ? «- Oui ; mais ce résultat serait peu important; car je crois que pendant Fcspace de trois mois il n*y en a pas douxe qui viennent les visiter ; ils sont i peu près abandonnés par leurs amis.

Est-ce que Tidée, que toute communication avec la société leur est devenue impossible, naurait pas un bon effet sur le caractère de ces enfans ? — Je suis porté à le croire.

Croyes-vous que, si vous aviez â votre disposition un bitiment plus vaste et les moyens d'effectuer tous les arrangemens que vous désirez, vous paniendricz i faire d'un ponton un lien de régénération morale pour les jeunes prisonniers ? — Oui , si je pouvais , après leur élargissement, les placer d'une manière satisfaisante ; mais il me se^le que ce serait une entreprise illusoire, tant qu'ib ne trouveront pas d'occupation au dehors.

Avez- vous des motifs de croire que la société de la marine enseigne aux enfans dont elle se charge , les connaissances nécessaires pour servir avec efficacité sur les vaisseaux du Hoi .' — Oui.

Quelle est, suivant votre opinion, la marche à suivre envers ces enfans, dans le cas dont vous avez parlé ! — La difficulté de trouver pour eux une occupation couve-

après leur ëlargissetnent , in*a coadnit à proposer m niaistre de les faire déporter A la Nouvelle -Galles, ifrts q«1b ont passé certaines périodes de leur peiao et ^*ib sont a|rivés à Tàge de virilité : là ils trouveraient et foccopation, et recommenceraient, pour ainsi iire, kv carrière. *

Qnelle objection anriet-vous à faire é leur déportation an-dessovs de Tâge de seize ans P — Aocniie autre qse le désir de ne pas encombrer la colonie.

La grande majorité des enfans détenus sur les pontous revient donc, après son élargissement, à ses anciennes babitudes ! — Qui , huit sur dix.

Ainsi, sous le rapport de leur améUoration, la peiue des pontons est inefficace ? — 11 est probable qu'eUe remplit aussi bien son but que tout autre établissement dn même genre; parce que nous les assujettissons au travail autant qu*il est possible de le faire. La difficulté réside dans le moyen de les placer après leur libération.

Mais n*y a-t-il pas de punition actuelle qui SQJf capable d*empècber les récidives ? — Non.

Comment employez-vous les bommes à bord des pontons ? — Ils sont employés dans les chantiers , à toute sorte de travdux. Depuis qu*on y a supprimé les manoeuvres, tes convicts font Touvrage des hommes et des chevaux.

Reçoivent-ils quelque éducation? *» Oui, nous avons chaque jour, alternativement, école et exercidlirelîgiettx sur les pontons.

Quelle est la proportion de ceux qui savent lire et écrire avant d*arriver au' ponton?-^ Je nai pas encore fait de recherches A cet égard.

Recevez- vous ordinairement de la part des magistrats des reaseignemens sur le caractère des convicts qui vous arrivent des prisons de comté ? — Nous envoyons un ta* bleau pour y faire inscrire ces renseignemens.

A q«i cBTOjts-TMS ce taUcav? — - Km geôlier, doit le deroir ett de prewire tes nforaatioiis nprès du negistrat. Noos coasacroas ratleatioB la plas soropaleese é toiift les rensei^emeaf q«i noes sobI transnie.

Le geôlier vous spécifie- t-il si tel et tel prisonvier a dé)à été eafermé pour im premier délit ? -— Oui : il est tenii de le iaiffe em tète da rapport.

Les prisoimen d'an âge mAr reçoÎTent-ib des Ttsites de leva ans ? — - Très- pev.

Pemetlet- vous ces commimicatioiis ? -^ Od , soos quelques restriclions : ib Tiennent les TOtr snr le pont , en présence d*nn oScîer ; et si les visites se reaonrdlent trop souvent, on n'accorde plus la pemissiott.

Les hommes et les enfans qui reçoivent alourdirai des visites de leurs amis» regarderaient-ils comme un supplément i leur peiue la privation de cette faveur ! — Je ne le crois pas ; je n'ai jamais, pendant tout le temps de mes inspections, vu plus de deux ou trois personnes 4|ni venaient visiter leurs amis.

Vous dites que sur les quatre mille convicts, détenus à bord des pontons, il n'y a que trois cents enfans audessous de seiie ans? — Il n'y en a que trois cents dans le vaisseau réservé aux enfans ; mais conune, pour ne pas encombrer les prisons, on transporte les nouveaux venus i Portsmontb , Plymoutb ou Wooiwich , je trouve quelquefois dans ces endroits deux ou trois prisonniers de cet ige ; mais je les envoie aussitôt que possible à leur véritable destination; de sorte que pour compléter le -«ombre des prisonniers au-dessous de seite ans , il snfit d'en ajouter encore environ trente aux trois cento dont f ai parlé.

Pourriea-vous dire dans quelle proportion se tfonveni ceux d'entre les prisonniers qui, après l'expiration de leur peine, ont repris leur genre de vie antérieur i — J'ai été

^9léa)ilcnical trompé dans nés prëvisiens sur ce pdini Quoùfae nous ayons $ur les pontons un grand nombre de condamnés pour récidives, en le comparant an nombre des éîargissemens» la proportion a*est pas même de dix

snr cent

Vous avec dit que» d'après les nourelles que yons avei reçues de la Nouvelle- Galles méridionale , il paraîtrait quelles individus condamnés à perpétuité ou. pour une longue durée» se conduiraient mieux dans la colonie que les -autres? — Cest un point «décidé..

Quelle est la mesure que vous recommanderiez à Tégard de ceux qui sont condamnés â la déportation pour sept ans ? — Celle que j'emploie maintenant : je fais transporter à Siermude les plus pervers d'entre eux; je fais mettre i la voile en ce moment un vaisseau qui y conduira plus de trois cents convicts.

Savez -vous si les convicts ont plus d'horreur pour le séjoi^r de Bermude que pour celui de la Nouvelle-Oallesf «—Je ne le crois pas : la vie qu'on mène à Bermude est plus- laborieuse» mais aussi plus environnée d'aisances/

Tous 1^ prisonniers à bord des pontons sont- ils employés s)ir les chantiers ? — Dans les chantiers et sous les ordres du département de l'artillerie ; ils sont aussi occupés à peindre les vaisseaux dans le port» à melire le lest dans les vaisseaux et à l'en sortir, à nettoyer les bâtimens, à tirer les chaînes de l'ancre» à transporter des madriers, â nettoyer les chantiers, etc.

Aucun d'entre eux ne travaille -t -il â un métier? — Bien peu; ils ont tous des travaux pénibles : depuis qu'on n'emploie plus de chevaux, ce sont eux qui traînent les pièces de bois. Je vais présenter au comité un tableau des occupations journalières à bord du ponton stationné *dans le port de Portsmouth.

( Voici Jes particularités les pljis intéressauties de ce

tl» qai est M peu iMg. On se lère â 5^ lietiireli A 6 hevres oo défait les haoucs,- i 6/^ keurcs on déjeune •oiis les yeux des ofiders ; ensuite on travaille an cliaa^ Her» dans les saisoos où les ouvriers commencent leur travail i cette heure; à 7'/. heures on nettoie le vaisseau, et une partie des ofiders » accompagnés de chirurgiens, vont visiter les malades ; â 9'/, heures» travail au chan* tier I i 1 1 y^ heures, les prisonniers sont passés en revue ( i midi et demie, dîner; â midi % , nouvelle inspection sur le pont; i 1'/^ heure, travail; a 6'/^ heures, souperi k6\ heures, école dans la chapelle; k^)^ heures, prière Al soir, <|ui est suivie du coucher.)

Les prisonniers i bord des pontons craignentMis la dé* portation ou préfèrent -ib rester dans leur situation actudle? -— A peu d'exceptions près, ib aimeraient miens rester sur les pontons que d*aller à la Nouvdle- Galles f il n'en était pas de même U y a trois ans. Depuis que le général Darling a été appelé au gouvernement de Téta* blissement. In discipline est observée plus strictement qu'autrefois.

Qudle est la nourriture à bord des pontons ? -^ Yoid un tableau qui Tindique

(Le témoin délivre ce taUeau , qui est lu ainsi qu'il suit)

NowrUmre joMnmiiire deê commets éTun âge mûr à bord

des ponions.

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, Foiiniit*ondetyèledieiii an contidir -^ Clitqiiêe0»> ^ct reçoit ftt M, s'il le deaMOide, les vèlemeiis stiivans: 4aix y estes, trois ptftUkms, trois chemises, quatre pairti de bottes 9 trois paires de sonlii^, deux chapea», denx iBoadhoin, une redingote et une conyerte de lit. . Les évasions sont-elles fréquentes sur les pontons?— U s'en rencontre très* peu. L'année dernière il y en eut sii ; mais la plupart dn temps les prisonniers sont repris.

S'il était possible de déporter immédiatement tous les condamnés, sans leur faire subir l'emprisonn^nent intermédiaire â bord des pontons , préférerie^vou» cette mesure au système actuel ? — Je ne crois pas qn*on ponrrait adopter une telle marche, parce que, lorsque ces hommes Tiennent à bord des pontons , il j a une foule de circonstances qui s'opposent à leur déportation immédiate D'abord il est qnelqudois nécessaire de foire des enquêta sur la nature de leur affiiire. Le ministre reçoit souvent des demandes à ce sujet, et si on les embarquait aussitôt apvès leur aortie des prisons de comté , il ne serait pins possible de se livrer à ces recherches. U est un autre point encore plus important; cest l'état valétudinaire de plusieurs d'entre eux. On nous a envoyé des prisons de comté des convicts dont l'âge dépassait quatre-vingts ans. Qndqnesuns avaient perdu un bras ou une jambe. La santé de beaucoup d'entre eux s'était considéradilement afiaiUie.

Les déporte-t-on dans un tel étatf — Leur sentence l'erige ; mais ils ne supportetuient pas It voyage.

Y a-t-il beaucoup d'exemples de vieQlarda sons le poids d*une sentence de déportation P-^ En dernier lieu il y en avait un grand nondire entre soixante et soixante «qnime ans ; nn ou denx avaient quatre-ringts ans, et dans Fétat actuel des pontons^ je puis assnrer avec confiance qn*il y a près de cinq cenU hommes incapables d'èHe déportés.

^ Aven-votts eu des exemples de jeunes gens ^t apcès

9fùh qtitM le^ pontons, aient tmbmui nne vie honnête, et fait leur chemin dans le monde? -*- Oni , en deniicr lien fai entendn parier de de» cas scmblabici.

A quelle période de temps se rapportent ces dcnz casf **— Aox trois dernières années

Onlnls eu lieo depois rétablissement d^nn ponton sépaii ponr les jenncs gens? — Je ne crob pas qne nons ayons élargi vingt garçons depnis rétablissement de ce ponton.

L*tfbseryalion qne vons avec Cttte pins bant , relative ment aa nombre de cenx qui sont retournés i leurs ai^ ciennes babilodest était*elle applicable aux pontons tek qu'ils e;^istaient avant Tëpoque de cette séparation? -<-»• Non ; pendant ces deux dernières années vingt jeunes pr^ aonniecs ont été élaigis, et je crois qne parmi eux il 7 en n hnit sur dix qui ont repris leur vie nnlérienre.

Les deux exemples dont vons avex parlé, ont4ls en lien pendant la mime période? — Oui. Si Ton eonsidère Tige des quatre mille quatre cent quarante^x prisonniers qîi M tronvaient an premier Janvier dernier sur les ponlaiM» j compris celui des enlans, il y avait mille six cent trent» cinq individus de vingt ans et an-dessons, et deux ttiOe hait cent orne individus an^desns de cet ige.

Ainsi ces viugi garçons qui ont été élargis , nnront pwibublmnmt passé un temps considérable à bord dee fanions» tels qu'ils étaient avant l'établissement d'u* fponlon aépané ? «^ Oui c ils se trouvaient sur das pontoue oà nons avions ponr eux des classes particulières, c'es^ édtro à Sheemcas et à Portsmouth. Comme les enfima étaient accumulés dans ces deux classas, on it observée nu ministre, qu*il vaudrait mieux établir un ponton i part funr eut objet c mais il y avait auparavant sur les pontona nne dinaion aépaoée ponr enx*

Combien de temps cet élal a-t-il duré? -* Pendant lee iiidwiirininnn<mnwirÉlslilimminléB|inntnnir|nrl

.' 'Cette classiÂcatioiiavÀit-elle pour effet d^empèclierfoitf tontact entre eux et les hommes P -— Non.

Croy es-vous que l'expérience fournie par ces vingt jeonei f^&oB sofit pour porter un jugement sur le degré d'nfilité d'un ponton séparé ? — Non; je ne pourrais pas dire qn^ ta est ainsi : je lisais ce matin un document sur les ^es- «ons de Manchester et de Liverpool , d'où il résulte qu'aux dernières sessions de Manchester il y eut cinquante iû- ^ividus condamnés-i la déportation Sur ce nombre, trente- •deux étaient âgés de vingt ans et au-dessous « et quinze ne savaient ni lire ni écrire; tous avaient déjà précèdent ment été convaincus pu emprisonnés par suite d'une accusation de félonie; des trente-cinq restans, qui savaient lire et écrire, vingt -six avaient été emprisonnés pour une première affaire. Aux dernières sessions de liverpool il y avait trente -cinq convicts du sexe mascoliil, dont treize de vingt ans et au-dessous ; quinse d'entre eux ne •avaient ni lire ni écrire : sur ce nombre^ sept araienl déjà subi une première condamnation; vingt savaient lire et écrire, et sur ce nombre il y avait douze récidives. ' Croyez-vous que le nombre des crimes se soit ^ccm oa non dans les dernières années ? — - Je ne crois pas que» proportionnellement â la population, il y ait eu une augmentation matérielle ; la justice a été rendue en ap^ parence d'une manière plus sévère : ce qui a aiigmeut^ le nombre des déportations ; mais j'attribue plutàl cette circonstance à la vigilance des magistrats, qui» trourant que reroprisonnement n'avait aucun effet sur les nouveaux convicts , les condamnaient à 1a déportation. . Vous avez été à même d'observer le caractère d'un giaad nombre deicriminels confiés à vos soins; pensea^vous que leur état moral se soit empiré p — Je suis loiu de le penser; on peut s'en assurer aujourd'hui que noua rece- . V4>ns des notice^ plus. détaillées qu'aupararaut sur leur

caractère et sur le genre de vie qu'ils ont men^ avai^ lenr condamnation.

Avex-votts les moyens de connaître si, en conséquence de rdbgmentation du nombre des prisonniers envoyés ans pontons, il y a une diminution proportionnelle dans la Bombre de ceux qui sont détenus dans les prisons des comtés ? -^ Je suis porté â croira que cette diminution existe.

AveS'Taus en les moyens de vous en assurer ? -^ Pas assez jusqu'à présent pour m'autoriser à (aire une réponse dédiÎTe.

Le comité doit^il croire que votre opinion sur la nonnugmentalion du nombre des crimes se fonde sur ce que ireus aveu pu observer dans \ei pontons? — Non, je dis que l'augmentation des crimes n'excède pas de beaucoup l'augmentation de la population. Je ne prétends pas que cette augmentation n'a pas existé ; mais seulement qu'elle n'a pas existé au point oi^ on se l'imagine commuifânent.

Ainsi 'vous penses que ce qui se dit généralement sur le grand accroissement du nombre des crimes, est. exagéré, et n'est pas fondé en fait ?<~ J'en suis sûr.

Slatistiijue des prisons belges et hollandaises. '

Les deux tableaux que nous publions ici fournissent des renseignemens précieux snr la statistique des prisons du ci-devant ro>^ume des Pavs-Bas. Ils sont empruntés au dernier rapport de la commission établie par l'or* donnante néerlandaise du 3 Juillet 1816.'

I . Tweed* ver^ameiinfi van slamtem » uiigt^%*en door de eom-m mà$*e vonr de statittiek , in*t^esteid bij koningitjk heêUâtt vat^ 3 JuUj i$i6, nM%\ t*Grmtf€nhage, 189^ (4> ubisau.)

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