‹ Leçons sur les prisons présentées en forme de cours au public de Berlin, en l'année 1827Chapitre 60 sur 119 · Du système pénitentiaire, etc., loin. III, pag · texte numérisé non relu

Du système pénitentiaire, etc., loin. III, pag

Ksiricliolis pku ((nndes que celles anxqadles il éuit dV bord accratuné. Or» parmi les indîvidiis transportés et i8aS dans la nouvelle prison, il s*en trouvait un grand nombre qui n'étaient pas habitués à Tordre, et qui se bisdent une idée extraordinaire du sptéme pénitentiaire mqnei on allait les soumettre; de même qu'en général ( et des documens dignes de foi m'autorisent à le penser ) le public de Genève avait conçu les idées les plus singulières sur le but du pénitencier p et sur les choses qui devaient s y passer. Ainsi , suivant notre manière de voir, la circonstance citée par HL Lucas ne prouverait rien ni ^oiir ni eontre le système pénitentiaire. Pour apprécier le mérite et le succès de ce système, la base la plus sûre nous parait être l'expérience qui résulte du nombre des tentatives d'évasion et de celui des récidives. Lorsque les évasions sont nombreuses, ce fait prouve que les détenus êonl peu pénétrés des soins qu'on prend pour les améliorer, et qu'ils ne regardent pas leur séjour dans l'établimfmint comme un moyen de régénération. D'un antre cAlé , la nécessité d'une tentative d'évasion sert i convaincre le peuple, et surtout la partie du peuple qui est pins portée A commettre des crimes, qu'il est passible d'échapper de rétablissement ; ce qui diminue l'efficacité de la sanction pénale. Enfin, les prisonniers qui restent aost dominés par le désir dlmiter l'heureuse tentative de kofi compagnons. Or, d'après le témoignage de M. Aubanei, il ny a pas eu une snàs Afosion depuis que l'ctait existe': les temÊmUÊ^es dénuion ont été peu et découvertes à l'instant. *

I. Le méni« fait ctt altcsU par Ro«§i, Traite du druit pénal, tom. III, pa|. 177.

S. H. Lttcat raeoBtc k ce rajel va fait qai fait honneur h In ••fMM 4e M. AnbnMt. (D« wpMm% pénU««tiait« , um. II,

Un tableau manuscrit ', que M. Âubanel a remis à Tauteur de la présente note, atteste que, parmi les détenus igés de moins de trente ans, il n'y a pas eu une seule récidive; parmi ceux qui dépassaient cet Âge, il y en a eu neof, dont sept commises par des individus frappés la première fois d'une condamnation correctionnelle, et deux seule* ment par des individus déjà repris pour crimes. Dix prisonniers au-dessous de seize ans, et vingt-cinq prisonniers au-dessous de trente ans, étaient sortis de rétablissement pendant cet intervalle, et aucun d*entre eux n'était tombé en état de récidive. Les cinq condamnés à des peines cor» rectionnelles qui avaient commis un second délit, n'a* raient subi pour la première fois quun emprisonnement de trois à six mois, et Ton conçoit facilement que pen*-^ dant ce court espace de temps le système pém'tentiaire n'avait pas pu agir sur eux d'une manière bien profonde ; d'ailleurs, à ces neuf prisonniers tombés en récidive, cor* respondent soixante-trois autres individus, qui, depuis leur sortie de prison , n'ont pas commis de nouveaux crimes* Sans doute ce petit nombre de récidives a encore droit d'attrister, parce qu'il fournit la réflexion affligeante que» sur tous ces individus, le système pénitentiaire est resté absolument sans aucune efficacité; mais serait* il juste d'en tirer des conclusions contre le mérite de ce système? Tout ce que prouve cette circonstance, c'est que, comme toutes les autres institutions bumaines, le système pëoi-* tentiaire est assujetti aux lois de l'imperfection. Lorsqu'une institution , d'après son mérite intrinsèque , est capable de procurer et procure réellement beaucoup d'avantages , doit-on la rejeter, sur le motif qu'elle ne les procure pas tous?

Il faut encore tenir compte des expériences qu'on a

Page 1