‹ Leçons sur les prisons présentées en forme de cours au public de Berlin, en l'année 1827Chapitre 64 sur 119 · Journal des prisons, n.~ i et a , pag · texte numérisé non relu

Journal des prisons, n.~ i et a , pag

a. Gazette des tribunaux, année 18^7, n.** 4'^> P^^S* ^^^*

S. Gazette des tribunaux, année 18a 8, n.* g55. On trouTe

les mêmes données dans At^irt, Journal des prisons y année

i8d8, B.** 10 et 11, pag. 460. , 4. Appskt , Joorn. d. prisonss ann. 1 8)8 » n«** 1 o et 1 1 » p. ^a 1 «

défendre d'une idée afligeute : c*est qn*eii France, dans les maisons de réclusion et de déieniion, la mortalité est beaucoup plus grande que dans les bagnes. On se demande avec raison d'où TÉtat a tiré le droit d'assujettir, par la mauvaise organisation de ses prisons , les individus condamnés pour des délits légers à un genre de vie plus dangereux pour la santé que celui qu'il impose aux criminels condamnés aux galères. On ne saurait révoquer en doute que le travail à l'air libre et le mouvement que Jes prisonn^rs sont obligée de se donner, entretien^ nent et fortifient la santé. Nous avons fait remarquer pla$ baut une autre circonstance; c'est l'influence de la noueriture sur la santé des condamnés.

« Qu*il nous soit permis de jeter encore un coup ^*a^ sur les idées fondamentales qui ont guidé le commissaire actuel du bagne de Toulon dans le système qu'il a suivi à l'égard des condamnés. Il déclare de la manière la plus absolue qu'il regarde chaque forçat comme susceptible de régénération , et croit que le motif qui s'oppose à ce grand changement chex la plupart d'entre eux, ne consiste pas dans aine dépravation incorrigible de la part des prisonniers , mais plus souvent dans les vices des établisscmeas où ils sont renfermés , et dans les faux moyens dont se servent les directeurs. D'après cela M. Reynaud oITre à chaque forçat des moyens de s'améliorer , et les motife qu'il fait agir sur bi sont , d*un cAté l'espoir qu*a chaque rondamné de se procurer' par sa bonne conduite une existence meilleure; d'un autre côté le système de travail qu'il a introduit dans rétablissement, et enfin, Tespérauce d'dbtenir sa grâce, espérance qui est présente aux }ettx de chaque condamné. Sous le premier rap* port il est une foule d'avantages que le forçat peut ta procurer par une bonne conduite. Mous avons déji re* marcpié plus haut que le forçat qui montre du repentir

Tf4ont< de se corriger, obtient tous les qii*il est possible d'apporter à son sort, b yiUijun it qaitter leurs chaînes est déjà regardée le fcrçAls comme un grand bienfait Mais M. Rejpius loin : il confie i cenx qui ont donné d'amélioration morale, divers emplois qui I» aoit à les distinguer des autres» soit à leur prodes avantages pécuniaires. Ces forçats privilégia désignés , dans le langage du bagne , sous le nom de jpiQ^ ; nais dans un sens plus étr^iit , ce nom e^ weore spécialement réservé aux forçats employés aux écritures et à la comptabilité. Un autre emploi qu'ils briguent avec ardeur, est celui àtfricotier, qui consiste â vendre des denrées aux autres habitans du bagne. D'autres forçats sont employés dans l'hèpital â soigner les malades, on aux travaux de la cubine. Par de tels moyens on établit une émulation avantageuse entre les prisonniers: leur caractère flétri et courbé sous le poids de la bonté dont la loi couvre les forçats, se relève de nouveau, et l'homme égaré, mai^ capable de régénération, commence â voir qu'il peut se distinguer de son compagnon dépravé et dévoué au crime. Quant au système de travail , nous avons déjà fait observer que par l'immense étendue des travaux de l'établissement, il est facile au condamné d'exercer un métier, et que tous peuvent gagner de Fargant II faut encore dirt à l'honneur du directeur actuel, qu'il prend lui'-mème soin de fournir à tous ceux qm* ne connaissent aucun métier, les moyens d'en apprendre un dans l'établissement, de sorte que le condamné en sort souvent muni de beaucoup plus de moyens de gagner sa ide d'une manière honnête. On agit aussi sagement , en mettant consciencieuseinént de c6té une partie du salaire que le condamné se procuire par son travail , et en ne le Ini rendant qu'à sa sortie de rétablissement, tandis

ifu le cndaamé peat librement dUpos« du reste, et m procurer par ce moyen, soit des denrées, soit d'aotret petites commodités. Par le pécule qu'on lui réserve , te condamné obtient un mojen de satisfaire à sa sortie, dn, moins pour un temps , aux nécessités les plus pressantes de la Tie, tandu qu'autrement le malbenreux, ayant i combattre les soins pressans de sa nourriture, est facile» ment contraint par b nécessité i rentrer dans son aadeane carrière.

m L'espérance de la grice royale est Tun des moyens dont on peut se servir avec le plus d'efficacité pour opé^ rer PaméliOTation morale des prisonnier! Tous )es ans, le jour de la fête du roi , une ordonnance royale accordn la grâce on une commutation de peine â vingt on trente forets. G>mme l'ordonnance de grice n'est jamais rendue que sur un rapport motivé du commissaire, et qu'ainsi «ne amélioration francbe et évidente est pour les con* damnés le senl moyen de Tobtenir, cbacun voit claire» ment le but auquel pourra l'amener une bonne conduites D'après le rapport unanime de toutes les personnes qui ont été témoins de la promulgation officielle de l'ordon* aance de h S. Cbarles ', l'impression morale que produit sur les forçats cette cérémonie, qui est dignement ezé» entée par le commissaire du bagne, est aussi bienfaisante qu'elle est attendrissante pour tous les assistans.

• S'il laut en croire M. Reynaud , l'espérance de la grdce est l'un des plus puissans moyens de régénération des condamnés. Il est évident que dans un établissement de ce genre la clémence seule ne suffit pas pour gouver» ncr les esprits, et quil laut une sévérité raisonnable et éclairée pour agir snr le moral des prisonnien les

i. A»rm«v, Jonmal àm prisooa» aa«éo tSaf* ».** i al •, p* 4^ -» 4a. GtftM dm iriliMMS, auét k%%%, n.* toi a.

^lui corrompiis/La surveillance sur les forçais est tm» cée par les gardes-chiounnes ; un surveillant préside i cinq couples de Jbrçats. Les devoirs de cet employé sont de prévenin Tévasion des condainnés et d'observer leur maintien y comme aussi de les astreindre au travail et à là propreté. Dans chaque salle est suspendue en plusieurs endroits nue espèce de loi , oiï sont écrites les peines qui menacent les forçats pour chaque déKt Les peines ordinaires sont la mort et les coups; plus souvent » lois* qu'il s'agit de délits légers, la peine consbte dans la privation des petits soniagemens qu'obtient le condamné dont lâ'bonduite est sans reproche. M. Rejnaud assure qu'on ne saurait se passer des (ïoups envers certains forçats, dont le caractère farouche est inaccessible à la douceur. Les exécutions, qui se font dans l'intérieur du bagne, sont environnées d'un appareil destiné à répandre nne terreur profonde : tous les forçats doivent j assister à genoux, entourés de canons chargés et prêts à tirer, etc. Mais M. Rejnaud lui-même m'avoua que, suivant son expérience, la peine de mort n'opérait pas une terreur véritable, et qu'après l'exécution, lorsque les forçats agenouillés recevaient la permission de se relever , ils manifestaient leur mépris et leur indifférence par des j)laisanteries et des sarcasmes. Par suite du nouveau sjs-^ tème, qui prend plus en considération l'amélioration dei condamnés , le nombre des indociles a beaucoup diminué. Les tentatives d'évasion sont fréquentes , comme on peut bien le penser : on compte environ quarante désertions par an.

„ Si Ton applique à toute l'organisatioil dtt bagne la mesure que doit adopter tout homme qui s'intéresse ant progrès de la législation pénale , il serait injuste de mé^ connattre les bons côtés qu'elle présente. On ne peut nijir fue d^ moins à Toulon le bien-être phpiqne des coo«

daines €sl phs fraud'qiie dans It plupart des prisons de Fiance et d'Allemagne , et c'est à cette raison <{n'il faut attritmer le rapport si fayorable de b mortalité. Le trairail en plein air a des arantages qu on chercherait diffi* ctkment i obtenir sons nn autre système. 11 faut compter en nombre des avantages du bagne de«Tonlon, la facilité qu'y trouvent les prisoaniers d eiercer leur métier , d'en apprendre, s'ils n*en connaissent pas, et de gagner un petit pécule. Il faut aussi reconnaître l'influence heufeuso et ftconde des efforts de M. Rejuand pour ramélioration nHffule des condamnés. J'ai ra clairement, pendant mon o^onr à Toulon , combien on pouvait gagner dans les frisons par un bon système d'amélioration, et combles ks impressions morales l'emportaient sur la force phy* siqne pour entretenir l'ordre dans des étabUssemens do ce genre. Celai qui se promène an milieu deces-mille condamnés, dont chacun a manifesté par des crimes païens SCS iacliaatiotts dangereuses; celui qui, voyant ces fconuMs armés de marteaux et d'autres instrumens dn «èac genre, ronarqne que souvent un seul surveillant sufit pour inspecter une centaine d'entre eux ; celui qui » se trouvant dans nn endroit isolé de l'arsenal , voit tout d'un coup devant lui un de ces for^b au bonnet vert, et apprend que le bagne n'ofire pas encore un seul exem* pie de violences exercées par un for^t sur u^ visiteur étranger; celni*li se demandera sans doute si cet ordre pariait an milieu de forçats armés est dû i Tempire do la force on â un moyen moral beaucoup plus puissant , i h conviction de ces bopmes eux*mèmes, conviction qui leur dit qu'une bonne conduite peut seule leur procurer aon-senlement des adoudssemens et une existence plus heureuse dans roneeinte même du bagne, mais encore briser levs chaînes avant le temps, et leur fournir les awyens do retourner i nno vie honnMe* La bonté rein-'

tiVe de Torganisation du bagne de Toulon est encore établie par le rapport du nombre des récidires» appelés dans la langue des forçats choraux de retour. D'après le dernier Compte général de fjidmimsirgtion de la justice criminelk en France (pendant Tannée 1828), tableau CXXX9 ou remarque que sur 3 7 40 forçais sortis du bagne de Toulon de 1818 à 1827, 98 eeutement 7 ont été re»- ,Toyés pour récidive ; dans celui de Arest il y a eu pendant le mène temps 108 récidives sur Sâ^o forçats; dans Irelni de Lorient , 40 sur 1 663 , et dans celui de Rochefort, 40 sur i585. De là il r&ulte que le nombre toiri des forçats libérés s'est monté pendant ces £x années i ^10,67 8. Le bagne de Toulon offre un rapport plus Utrorabie, celui de 26 sur 1000 , surtout lorsqu'on le con^ f9LV% ayec celui des prisons ordinaires. Ainsi» dams la msi- •on centrale de Guillen , le chiffre des récidives est de 46 sur 1000, et dans la prison de Loos il ira )usqn*â ^ft sur lOQo. Cependant nous ne devons pas oublier que d'autres maisons centrales ne présentent qu'un trèspetit nombre de récidives ; ainsi, par exemple dans la prison de Cadillac, le rapport n'est que de 10 sur 1000. On trouverait pour Toulon un rapport bien plus favorable encore , si l'on ne s'arrêtait qu'aux quatre dcmiéresannées, dans lesquelles le système de Reynaud commença à être appliqu^d'une manière énergique. D'après un docnment intéressant qui m'a été communiqué à Toulon, il s'ensuit que sur 3283 forçais qui sont entrés au bagne depuis i8a3, 8 seulement d'entre ceux qui exercent un métier ont été punis pour récidives. C^foit démontre clairement que par le métier qu'ils ont exercé avec régularité dans l'étiiblissement, les forçats libérés se sont trouvés à même do gagner leur vie d*une manière honorable.

* „ Jusqu'ici nous avons signalé avec impartialité les ava»> ta^es du bagne; il est temps de parler de ses déiants.

1." Le mode do«t on se sert poor s'assurer des forçats et les transporter au lieu de leur destination , a déji par lui seul quelque cbose de révoltant. Le départ d'une chaine de forçais a souvent été en France Tobjet d*un blâme public \ aucun tableau ne pourrait reproduire avec asses de force les funestes effets de cette institution. La vie en connnnn des forçats condamnés avant le départ de la cbalne, est nuisible pour ceux à qui il reste un sentiment de ffloralilé, parce quà la faveur de la confusion absolue qui existe entre eux, Tbomme blancbi dans la carrière du crime cbercbe à les ramener â son niveau , et que dans une pareille société les borreurs de Timmoralité et de la dépravation se développent avec une impudence qui passe toute idée. Si Ton considère ensuite la manière dont avant le départ on désigne publiquement, par des signes extérieurs, les condamnés comme candidats de cette horrible caravane, Tindifférence avec laquelle on les accouple deux i deux sans aucun choix, de aanière que le brigand ou Tassassin â peine échappé à la guillotine , lait le voyage dans la société du notaire qui, par des spéculations malheureuses, s*e:>t laissé condnire à commettre un faux, souvent peu grave en luimême; si Ton entend les expressions basses et immorales dont le vieux criminel se sert pour tourner en ridicule U tinûdité et rabattement de son jeune compagnon, cherchant ainsi d*nne manière infernale â lui inspirer plus de courage pour commettre le crime; si Ton sarréte un instant pour contempler le départ de cetle chaine ronde i Tignominie, et qu*on voit le regard froid et mo-

1. Vojet le tableau qu*cn trace Appert, Journal des pri- «osf, aBore iflsS, n.* 5, pag. 9i«. Garettedes tribiinaat, annét litO, •.** s^B . «es, S70*, aaaëe 1897, n.*6b5$ année i8aS, «.* fOOl.

quetir avec lequel une 'foule insensible la parcourt dans tous les sens ; si l'on se dit alors que cette société de malheur ya traverser» pendant un voyage de vingt â vingthuit jours, une grande partie delà France, et être exposée dans chaque ville, dans chaque village, comme sur un nouveau carcan, aux yeux d'une multitude avide et curieuse; on se demande si tout cet arrangement a été inventé avec complaisance par un ami du mal, pour éteindre dans Tame des criminels tout reste de moralité , tout sentiment de pudeur , en les exposant à la mort lente et barbare du déshonneur, et pour démoraliser entiére- I ment un homme qui, dans cinq ans peut-être, va ren-

trer dans le sein de la société.

« Q.* Le mode de travail que nous avons décrit plus haut, mode qui consiste en ce que chaque forçat soit oc- ^ cupé d'une manière quelconque, et puisse exercer le mé-

tier qu*il a appris, ou en apprendre un au bagne , présente, à côté d'avantages incontestables, Finconvénient défaire dominer plus ou moins, dans radministralion dts bagnes, un système de fiscalité. Le seul but qu'on sj propose, consistée restreindre autant quepossftie les frais ^ que rËtat est obligé de faire pour les bagnes, et par conséquent â retirer du travail des forçats le plus grand profit possible. Ainsi , ceux qui sont le plus propres à Fouvrage, sont regardés par l'administration comme les meilleurs d'entre les forçats, d'où il s'ensuit naturelletnent que les individus condamnés aux travaux forcés â perpétuité, ou seulement pour quinze ou vingt ans, sont dans une position plus avantageuse que ceux qui, n ajant ' que peu de temps i rester au bagne, sont moins habiles et moins exercés à l'ouvrage.

« ^!* A cet inconvénient vient s'en rattacher un autre: c'est l'extrême inégalité qui se montre dans le sort des forçats. D'après ce que nous venons de dire , le ciwàiel

en ■J Miné pour im Icoipt pl«s long est dâBs me ponlkm pfais avasUgcase qne celui qui ne Test que pour cinq au. Cette itifférence a ài\k en elle-même quelque chose de ttcheui. Le second mérite en tout cas plus de faveur; sa crininalité est moindre : il lui est aussi plus nécessaire d*aToir une somme d'argent qui lui garantisse son existence lors de sa libération ; car il reste moins long-temps dans le bagne. La différence qui résulte des métiers est ^;alemcnt trop grande. Nous avons déji remarqué que le ti^enr de pierre et le constructeur de vaisseaux peuvent gagner beaucoup plus que tout autre ouvrier. Mous accordons, il est vrai 9 que le salaire de chaque ouvrier doit être en raison de son travail , et si l'on considère quelle €st la valeur de l'ouvrage pour ladminislration de l'arsenal» et combien elle serait obligée de pa^er à des ouvriers libres, il paraîtra asses naturel que la même échelle se repro^ dnisedans le taux du salaire des forçats. Mais il nous semble que cette considération devrait n'être qu'accessoire à côté de cet antre principe, qu'à l'intensité du crime doit répondre l'étendue des maux infligés au condamné. Ce n'est ni d'après le degré d'utilité d'un ouvrier, ni d'après le hasard qui lui a lait embrasser tel ou tel métier, que doivent se régler les avantages de sa situation. En adoptant ce tjMmtt il s'ensuit que le tailleur de pierre condamné i perpétuité se trouve dans une position infiniment préférable à celle du journalier condamné pour cinq ans qui a le malheur d'avoir une santé faible.

• 4.* Un des plus grands débuts du bagne est le manque de dassificatioa Tous ceux qui exercent le même métier on sont employés au même travail , sont réunis dans le même espace. Le voleur de grand chemin, le faux-monnayeur, le bigame, l'auteur d'un viol, s'ils sont tous constructeurs de vaisseaux, vivent tons ensemble; le honune égaré travailla à cdté du fer^t endurci an

.crime ^ Ce soiit ces* derniers qui donnent le ton dans le bagne: ce ^ont eux qui, réunis en corporations, se font un plaisir infernal de faire descendre jusqu'à eux le jeune criminel, dont le caractère est souvent encore timide et chancelant. Ce qv'Appert* raconte d*un entretien qu'il a en avec un forçat, je Tai ftioi-mème entendu assurer par des personnes dignes de foi ; le forçat dont le caractère s'améliore n*ose pas s'exposer à s'élever contre les anciens, qui font, à proprement parler, la loi dans le bagne. Il ne trouve aucun soutien auprès des gardes-cbiourmes, et s'il voulait se hasarder à faire ses plaintes au directeur, ses camarades, avec lesquels il est obligé de vivre, sauraient l'en punir, en l'accablant de tourmens. Il faut donc qa'il se donne l'air de sympathiser avec le ton grossier et immoral de ses compagnons de bagne , et ce qui était dans le principe une imitation, devient bientôt une habitude, i laquelle le forçat prend plaisir. Ainsi, dans les établissemens où domine un système de travail dirigé par un esprit de fiscalité, on ne peut mettre à exécution une des cobditions fondamentales de toute prison, c'est-à-dire nne classification soigneuse des condamnés , dans le but de préserver celui qui n'est pas encore' entièrement gité de la corruption , à laquelle ne manquerait pas de iexposer la société des criminels consommés. Une classiûcation réglée sur la durée de la condamnation ne suffit pas*; car , si l'on se contente de cette considération , il faudra

1. On UdUTe, dans le journal VUnii^rsel^ année i83o, n.* i , cette rcmarqae pleine de yérîté : « Les condamnations ne sont a à leurs yeux qu^une chance qui entre dans les calculs de lenr c profession. Les prisons et les bagnes sont les Heus de repos a et les écoles où ils se perfectionnent dans leur art. •

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