Cours d^histoire de i8a8, pag. la
a. HowAtD» Ueher die Ge/ingnûie und Zuekthâuser^ Obtr* êvtzt mil ZutàîMên von Kotter. Lcipiii;, 1780.
tfpoqae, de nombreux écrits ' et mène quelques ordfani* UBces isolées % prouvèrent qne les idées dn pUUnflirope enflais n*éteient pas tombées sur nne terre ingrate : mais tons ces efforts n'étaient qne de faibles avant- cooreais, et noas voyons encore en i8oS le ministre pmssien Arnim déclarer, dans Fnn des ouvrages les pins remarquables qui aient été écrits sur les prisons ' : « que l'état des
• cboses était de lelle nature , que des palliatifs ne pou- « voient être d'aucun secours et qu'il fallait extirper le
• mal a sa racine. * Un antre écrivain , le baron de Weveld , auquel b Bavière doit Texcellente organisation de la prison de Municb , disait en i8io^:irLa plupart de m nos prisons et même, nous pouvons le dire avec con-
I. Entre antres : VTjBCKTift, ûher Zuchihuuter und Zucht" kmmêêtrmfim. Stnttfart, 1786. Yfàûmm^ ûher die f^erhesiêrumg àmt iMMkmmJ^ffmn^tmvm* Hall*, * 787-
a. Ordonnance dn roi de PnuM , dn 1." Férrier 1 799, otdottnani IVrectioo de naiaont p«nltenCiairca(BMjeriM0jA««Mr, maitona d^amëlioration). Antre ordonnance» dn 96 F^Trier 1799» qui, •nppoMnt la première cx^cnt^e, r^gle d^ayance Forganisation IntMenre de ces ^lablltacmeni. Ordonnance danoise, du 5 Avril 1793 , relative an« prisons des dnchës de Holstein, Sehlesw{|^ ni Lnnnnbntf . L«a dens premières ordonnances sont restées en grmide partie aans exécution 4 la troisième n^a été appliqnéo nnlle part, et a donné lieu à une nouvelle drcnlaire (danoise) dn 4 Octobre i8o3, qni prescrit « de mettre dans le traitement « des prisonniers la pins grande humanité possible. *
S. Bruchstûekê Cher f^erbreefun und Sirnfen , oder Gedankêm aé«r dim in dem prêmêgUckêm Simmien hanerkte f^irmehrung dêr KcrSmcAcr ^cgen die Sicktrkeit dei Bigeathumt f a0bêt Vor^ t€kl^gem w«« détêMen ditrek tweekmûsêif^ iCinriektung dêr Ge^ /mmgemmtutmiun su stemern êejrn dtkrflti 9 vol. Frankfurt und ié€épug, i8o3v tom. II, pag. 160.
4* FrwimAtkige Gtdmnkem Aher diê f^ermindentug der Crimi^ mmh^férmekêm { ven dem Enron vojt H^r$'^id, Mûneiun ^ 1810, pag. II.
m fiance, iouléx nos prisons' étaient, il y a pen de temps m encore» dans nia état affireux de pénurie et de misère. * Mous pouvons donc, sans craindre de trop nous écarter de la vérité, regarder les premières années du 19.* siècle comme le point de départ de la réforme des prisons en Allemagne.
 cette époque la plupart des établissemens destinés i renfermer des individus condamnés, étaient situés dans des souterrains obscurs et humides ; en beaucoup d'endroits on n'avait pas même songé à leur procurer de la chaleur pendant l'hiver; les malheureux prisonniers, dévorés par la vermine, auraient tenté en vain, dans ces aifreax cachots, de se délivrer de la maU propreté hideuse qui les assiégeait de toutes parts. L'insouciance des gouvememens pour tout ce qui tenait à la dignité individuelle de l'homme ' n'était pas la seule cause de l'état déplorable où se trouvaient les prisons. D'autres motifs, qui existeht encore en partie aujourd'hui, tendaient à rendre à peu près impossible toute amélioration partielle. Le premier consiste dans l'anarchie qui régnait dans l'administration de ces établissemens : un grand nombre d'autorités diflérentes, t^les que le ministère de l'intérieur, ceux de la justice et de la guerre, la direction des affaires criminelles, les oom* raandans de forteresses, les régences provinciales, les chambres de justice, les consistoires, les municipalités et souvent de simples particuliers, avaient des ordres â donner tantôt collectivement, tantôt isolément, tantôt sur toutes les prisons en général , tantôt sur telle classe de prisons, ou sur telle partie spéciale de leur administration. Souvent , par une complication poussée encore plus loin ,
I. Onvnge da Baron de Wereld, pag. 1 1. PaATOBETKiA, Mtft^ialien f&r Geseixkunde , und RechttpJUgt in den asterrriehém sehen ErtstoaUtif tom. II, pag. a 5a.
rertames prison* ëtitent réunies à des hospices d'aliénés, i des hèpitanx, à des étaUissemens pour les pauvres ou pur les orphelins \ et toutes ces administrations si hétérogènes n'avaient d*autre point de contact que la personne du monarque^
Un autre ohstade capital, qui est en grande partie levé aujourd'hui, consistait dans la multiplicité des prisons^ II était rare d'en rencontrer une qui contint 7oo prisonniers, et le terme moyen de leur population pouvait être évalué de 40 i 5o. De là un nombre d'employés et d'administrateurs beaucoup trop grand , si l'on considère le nombre total des prisonniers de chaque pays ; mais médiocre et insufisant, si l'on prend chaque prison en particulier. Qu'on songe ensuite au peu d'importance qu'on attachait alors à cette branche de la législation criminelle et i la modicité des sommes pour lesquelles elle figurait dans le budget de chaque Etat , et l'on sentira que , déduction faite des frais de ce nombreux état-major, il devait rester trop peu de fonds pour songer à introduire dans des prisons aussi détériorées des améliorations sérieuses.*
Ces deux défauts principaux peuvent être considérés
comme la source de tous les autres. On ne pouvait par-
I . Ccl abns, qui depnU lonç-tcmp* a dUparu dans les fçraada Éuu d« rAUcmagiic, exifte encore dan» de pettu duch^a, où il M jaatifit pcoi-ltre par fiotaffiMoce des mojcna pëcuDiaires. Aiatfi, encore en i8o5, une ordonnance du duc de Mccklemkosif «StrâlU preacrivalt la fondation d*un ^tablÎMement qni dcvsil être à U fois maison de oorreetion , maison de iraTail et iMSpicc pour les aliénés. Voj<a Btpertorimm der im étm /f«f^ UM^kum AitcUtnhurf^ " StreliU geiiëndtn yerordnungêm f vom L. Bocdus- IVeuhrtÊnJenbyrg , 1810, pag. 3S7.
>. La plupart des renseigne mens sur lesquek nous nous ap* pvyona îd, sont prises daas Touvrage d^Amlm , tom. II, p. i6t
1er sérieusement de sdreté dans des étaMissenie» somnis a une sarveHkiace aussi défectaense. Nous dterons qael* ques exemples tirésdes trois années 1799» 1800 et i&oi : ils ont eu lieu dans les prisons de la Prusse » Tun des pays qui avaient â cette époque fait le plus d*efibrts pour améliorer leur lé^slation criminelle. Tous les détenus de la forteresse de Gleiwits s'échappèrent en 1800 dans Tespace d*nne nuit A Wesel tous les complices d'une bande de brigands qui avaient désolé le pays et qui étaient condamnés aux travaux forcés â perpétuité, s'échappèrent de même, à trè^peu d'exceptions près; 5 grands criminels s'échappèrent pendant Tannée 1799 de la prison de Schweîdnitz; 3 en 1800 de celle de Cosel ; dans la même année, 35 prisonniers quittèrent la prison de Varsovie; la autres brisèrent pendant une nuit les portés de celle de Clasenburg, etc/ Si nons portons nos regards sur la surveillance intérieure, nous trouvons que, d'après les aveux mêmes des administrations chargées de pourvoir à cet objet, elles n'ont pris aucune mesure pour observer la conduite des prisonniers et pour empêcher des liaisons dont le seul effet est de former au crime les prisonniers moins expérimentés. On pensait si peu à établir une clas* sification soigneuse entre les diverses espèces de prisonniers, que dans plusieurs prisons les détenus des deux sexes n'étaient séparés ni de jour ni de nuit ; ailleurs ils ne Tétaient que de nuit, et presque nulle part on ne prenait de mesures soigneuses pour éviter le conLkct d*«n sexe avec Tautre. D'ailleurs, comme les directeurs des prisons le font observer avec raison dans leurs rapports, des efforts pour parvenir à ce but auraient été inutiles t la négligence qu'on portait dans Tadministration des.pri* sons et Tincertitude des lois sur la destination de chaque
!• AajiiH, ton. II, pag. 178 ti 179.
priion aTMBt ca pmur effet de peopler ostre mesure me partie de ces éUblisseness, tandis que d'aulres restaient prcsipe vides et deTenaient même quelquefois tont-i-iait iantiles» Ici nons sommes encore obligé de citer, ponr ne pas être taxé d'exagération : suivant les données si âuthentiqnes de M. Amim, la maison de correction de Colbcrg ne contenait ffos un seul prisonnier en 1 790 ; en 1791 elle en reçut un, et trois en 1796, tandis qn*i Wesel, où Ton avait enfenné entre antres quelques criminels dont In raison était légèrement affaibÛe, le défaut de surveillance et de place pour les loger les fit arriver, après un temps asseï court, à Tétat de fous lurieux.
Cest encore à laccumulation des détenus dans des prisons qu*il faut attribuer en partie Tétat aftreux on elles se trouvaient sous le rapport de la salubrité et de In profTHi. La plupart étaient entièrement privées de In hunière du jour, on ne la recevaient que par une étroite •oveitnre. Dnns le premier cas se trouvaient entre autrca ki prjsnns de Câstrin et de Zillicbau, et toutes celles de b province de Bmnddionrg (siège du gouvernement et de la capitale), A Texception de deux, qui rentrent dans le second cas , ainsi que les prisons de Ratbenow , Le»aen, Falkenburg, etc. Partout, i trés-peu d'exceptions près, l*air était d'une dangereuse insalubrité, et l'affreuse
1-propreté qu'on laissait régner dans l'intérieur des prine contribuait pas peu à augmenter cet borrible déirat A Bajrentb il fallait employer des moyens artificîeb ponr Ivre arriver de l'air dans l'établissement ; à Uantiig llnmidité était teUe, que Tean coulait en toute saison le long des murailles; â Beriin, le gouvernement ayant chargé MM. de Warsing et de Scblecbtendahl , conseillers intimes, de vbiter la prison nouvellement construite» appelée Stadtvogtei , les deux rapporteurs déclarèrent que « ce n élail pas un médiocne dévouement qna de yi*
• ttlar U prison dbas ïéM où elle se trouvait "* A Min* 4em, suivant les expressions du président de la régence de la province» « la prison était â peine assez bonne pour m pouvoir servir d'écurie. " Â Bayreuth, d'après un r^ port de 1799, on citait comme un grand bienfait le soin qn*on prenait de fournir tous les trois mois aux prisonnieis de la paille fraîche pour leur servir de coucl^ A Magdebourg un prisonnier dangereux , qui après son évasion de la prison avait été repris, se justifia en disant que la mal-propreté de la prison et la quantité de vermine qui y puUnlait étaient les seules causes qui l'avaient déterminé i s'échapper, et la visite officielle de l'établissement confinna son assertion'. Dans la prison de Preetz (duché de ScUeswig-Holstein) un prisonnier condamné à mort vint de lui-même avertir le geôlier qu'il était temps de quitter la prison pour se rendre au lieu de l'exécution. Le jurisconsulte danois qui rapporte ce fait, dit, en parlant do mauvais état où se trouve la prison sous le rapport de la sûreté extérieure : « il est triste d'être obligé de regarm der comme un bonheur la faculté qu'a tout prisonnier « intelligent de s'évader de cette prison^ quand t'envie m lui en prend. * "
Quant à Y habillement des détenus, il n'y avait en i8o3 dans toute la monarchie prussienne qu'une seule prison» celle de Tapiau, où les prbonniers reçussent dans tous les cas, aux frais de l'établissement, les vêtemens nécessaires, partout ailleurs, à Stettin, à Wesel, à Koessel, à Brîeg» à Jauer, à Spaudau,â Kœnigsberg, on ne leur accordait cette grâce qu'en cas Sesçtréme nécessité', et encore a