Arvim, tom. II, pag
a. Staatsbûrgerlichet Magazin, mit besonderer Rucksicht auf dit fferzosfthUmer Schleswig , ffoUtein und Lauenburg ^ heraiU'^ gegebenvon Carstens und Falck; tom. III, pag. $70. (Article ooaunanfqiié par M. Ravert, foaçdoanalre dtfaois.)
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SptMian A*<tail-elle admise qu'en favesr des indÎTidos cm* diiBBés pour trois ans au moins ; à Kanigsbcrgy en favent de ceui ipû étaieut condamnés pour hnit ans. Aiilcm, i Magdeboui^, à Halle, des vétemcns étaient fournis ans frais des autorités judiciaires dn domicile de chaque co»" damné; à Herford, à Stargard, à G>lbergy aux frais des condamnés eux-mêmes ; enin » A Berlin , dans la StadW TOtgtci , on n'accordait que rarement aux prisonniers ré- 4lmts à Tétat de nudité absolue une chemise neuTe , aux frais de la chancellerie.
Sous le rapport de la nourriture, l'état des prisons à celte époque était , dans son ensemble , tout aussi peu utisfaisant , et l'inégalité était plus grande encore. Dans certains établisscmens, comme par exemple à Rœssel , la ■onriilnie des prisonniers était bonne, même trop abondante peut-être. Ailleurs, comme à Magdebourg et à Halle, il existait une diiTérence entre les prisonniers occupés et ceux qui ne l'étaient pas. Presque partout ailleurs la aonrrifure des détenus était fournie par des entrepreneun, moyennant un loyer annuel. Ces individus n'étant prc^ que nulle part soumis à une surveillance convenable , on peut se faire une idée des abus qui résultaient d'une telle institution. A Ba}Teuth, par exempM, le respectable président de la régence , M. de Yœldemdorff, eut l'idée de s'assarcr par lui-même de l'état où se trouvaient les détenus sons ce rapport 11 Gt examiner les mets par m médecin, qui déclara qu'ib étaient dangereux et mal-sains, et que, loin de contribuer i donner au corps les sucs né* ccsMÎres, ils étaient de nature à causer des maladies aux hommes les plus robustes. On s'étonnera peut-être de ce qu*un tel éut de choses ait pu durer long* temps sans parvenir à la connaissance des antorilés compétentes ; on mt peut le comprendre qui l'aide d'un fait presque i». cro}able , mais malheureusement coafinné par une foule II. a3
d'exenple» : c'est que les prôoniiiers ne pouvaient porter leurs (daintes deTaat rautorité sans s*expo$er i une Teageance crueUe de la part des officiers subalternes de In prison, dont» pour comble de malbeur , les entrepre* neurs faisaient souvent partie.
Quant aux soins accordés aux prisonniers malades, nous ne citerons que la prison de Berlin ; par elle on îngen des autres. « Les malades, dit le rapport de la commis- « sion dont nous avons déjà parlé, y sont privés de toute « espèce de soins; ils .aiment mieux, la plupart du temps» « quitter Tinfinnerie et retourner dans les salles. de la m prison, où ils sont à la vérité logés moins commode» •r ment, mais où ils ont du -moins à espérer la compas- « sion' et le secours de leurs compagnons de maUteur. *
Afin de pouvoir avec plus de clarté rendre compte des soins qu*on prenait à cette époque pour procurer de Tocr cupation aux prisonniers, nous sommes obligé de distin* guer différentes espèces de prisons. On peut les partager en trois classes principales : les maisons d'arrêt et de détention, les maisons de force et les forteresses. Dans les premières il n'était question d'aucune espèce de txa* vailf dans les forteresses on ne connaissait guères d'antres occupations pour les prisonniers qne les irmunar pitbUcs; dans un petit nombre d'entre elles les prisonnie» cuvaient, en filant, alléger un peu l'ennui qu'ils étaient obligés de souffirir pendant les tristes journées d'hiver, et quelquefois se procurer par ce moyen une amélioration i leur détestable nourriture.
Les maisons de force (Zuc/ahauser) leur étaient supérieures sous ce rapport, comme sous beaucoup d'antres; cependant il j en avait quelques-unes dans lesquelles les prisonniers n'avaient aucune occupation, et nulle part les travaux n'étaient organisés d'une manière convenable. £n quelques endroits, comme i Stettin, âSta^ard, à
CAcrg, il 6st bis8< i la discrétion it» prisonniers do tnvailier on non: perMinne ne surveille lents travanx, et ib n*ont pas d*antres maîtres pour ies j exciter que la fai/n et le besoin. Partout les travaux sont choisis de manière à ne servir de rien aux détenus après leur mise en liberté ; de sorte qu'ils n*ont nullement pour résultat de les accoutumer i une vie active. Filer, gratter la laine , ffiper {rrnÊpeh) et polir le verre , sont les seules occn* imtions qu'on rencontre dans la plupart des maisons de correction; les métiers même les plus ordinaires n'y sont pas pratiqués. M. Amim ne cite que trois exceptions i cette règle dans toute la monarchie prussienne. Cette organisatîon, outra son inefficacité pour l'amélioration morale des condamnés, a encore le défaut de nètre pas hcmtive pour radministration. Partout le profit du travail des prisonniers revient i des entrepreneurs , moyen* •nnt nn loyer modique. Presque nulle part on n'a songé à encourager les prisonniers au travail, en leur foui^ niisani roccasion de travailler au-delà de la tiche qui Iflur est assignée » et de se procurer par ce moyen un petit pécule.
Après les abus de toute espèce que nous avons énu* mdrés, il est presque inutile d'ajouter qu*aocun soin n'était pria pour Tamélioration morale et religieuse des prisonnien. Peu de prisons avaient leur aumènier particulier; la plupart manquaient de tonte espèce de culte religieux; dans une seule, celle de Halle, les prisonniers avaient avec ranmènier des conférences individuelles, par lesqncUos ceiui-ct cherchait à agir sur leur cœur, et à Ton* viir à des sentinens plus élevés. Il est peut-être permis do croire que les idé^ religieuses de rAltemagne s'étaient femsnties du contre -conp des doctrines philosophiques da sS.* siècle : c*est ce que semblerait prouver ce lait, que dos églises établies antérieurement dans certaines prfr»
sons avaient été arrachées à lenr destination primitive i et converties en magasins de fourrage, etc. Si Ton ne peut conclure de ce fait à une tendance irréligieuse de la part de Tautorité, du moins faut-il y voir une marque de négligence ou de refroidissement
£n traçant le tableau de l'état des prisons allemandes i une époque où elles n'avaient pas encore été soumises à des réformes sérieuses, nous avons rempli la première ptFlîe de notre tâche. Avant de parler de leur état actuel, nous sentons le besoin de jeter un coup d'oeil rapide sur les causes qui l'ont aiAené et sur les idées qui dirigent aujourd'hui en Allemagne l'administration des prisons.
La tendance générale qui, dans les premières années du 19.* siècle, se manifesta en Allemagne pour l'étude de la philosophie, exerça une influence salutaire sur toutes les parties de la législation criminelle,- l'administratiou d^ prisons s'en ressentit une des premières. Les aonveaiix systèmes de philosophie , tout en difiérant entre eux sur des points souvent fondamentaux, se distinguaient de leurs devanciers par la manière noble et digne dont ils envisageaient la nature humaine. Précurseurs de l'époque qui devait donner à la philosophie une direction plus noble, en l'élevant au rang des réalités, et aux institutions sociales une sanction plus respectable, en pro» clamant que tout ce qui est réel est raisonnable, Kant, Schelling et Fichte soumirent la raison humaine â un examen judicieux et pénétrant, et cherchant ainsi à lui donner des limites certaines et réelles, montrèrent la confiance qu'ils avaient dans son droit de régner sur le monde. Dans un pays comme l'Allemagne ces grandes idées ne pouvaient demeurer infructueuses. Produits du nouveau développement que prenait alors la civilisation européenne , elles en furent les dignes auùliaires , en réagissant à leur tour sur le siècle qui les avait enfan-
fées. Les systèmes restèrent dans le domaine du monde sarant; mais lenrs résultats pratiques devinrent popu* Jaires, et les hommes d*Elat» les administrateurs, les juri»- * consultes, lurent dominés, souvent à leur insu, par Tidée de la dignité morale de la nature humaine. Nulle part cette dignité n*était plus méconnue que dans les prisons ; on s*occupa avec ardeur de leur réforme. Plusieurs écrivains en montrèrent la nécessité, et quoique généralement ils invoquassent i leur secours des motifs d'utilité et même souvent d'économie, il est facile de voir que leon idées sont celles du philosophe et de l'ami de l'humanité, qui, pour persuader au dehors et souvent pour se penoader lui-même, emprunte le langage et les argumens de la politique. Au premier rang de ces écrivains vient se placer M. d'Amim ; nous rendrons compte de son fvstème, non -seulement parce qu'on peut le considérer comme formant la transition du régime antérieur aux idées modernes, mais surtout parce que, soit directement, soit indirectement, il a servi de base aux efforts que tous les gouvcmcmens ont fait pour améliorer leurs prisons.
Swvant M. Amim , la mission de l'État n est pas d'entreprendre Yamélioraiion morale des condamnés ; son activité n'étant dirigée que contre les actions contraires à la loi, il n'a pas i s'occuper des motifs intérieurs de ces actions , et la moratiié des dtojens ne peut jamais être le hu de ses efforts : elle peut tont au plus Tintéresser d*me manière négatii^^ en ce sens qu'il s'oppose a ce qni pourrait la troubler. En appliquant ces principes i l'administration des prisons, l'État n'aurait d'autre ■rimion que celle d^empêcher la corruption des prison- ■ien par tons les moyens qui sont en son pouvoir. Ces Boveas sont : i.* l'introduction du travail dans tous les éinbliiscmens de ce genre ; le travail doit être choisi de* maaiire à être utile au condamné après u sortie de pi*
Son, et radmiwtratiôn ne doit jamais en fahre mt objet purement finander (afin d'engager les détenus i mettre dans leur travail la plus grande activité dont ils sont capables , M. Àmim est d*avis de leur abandonner Tex* eédant de leur salaire sur la valeur de la tâche qui leur a été imposée); 2.° une classification sévère, qui doit avoir pour base non la quotité de la peine, ni toute autre con* stdération extérieure, mais le besoin d^empècher les con« tacts dangereux; 3." Tintroduction du culte religieux et d'exhortations pastorales , afin de fournir aux détenus ïoccasîon de s'améliorer. On voit au premier coup d'oni combien ce système diffère de celui des établissemens pé^ nitentiaires. Ce dernier fait de la régénération des pri* sonniers le principal but de ses efforts ; M. Amim ne vent obtenir, comme il le dit lui-même, qu'une omélioréÊiion physique; quant à V amélioration morale^ il ne Tadmet que d une manière négative , en cherchant à écarter tous les obstacles qui pourraient l'empêcher ; tels que les liai« sons dangereuses, l'oisiveté, Tabsence des consolations de la religion. '
C'est d*après ce système que furent conçues tontes les réformes qui commencèrent dès -lors â être introduites dans les prisons de la Prusse. Le poste élevé de M. Arnim lui fournit le moyen de mettre lui-même â exécn* tion une grande partie de ses plans, et son nom est en* core aujourd'hui béni par la nation qui â joui des résul* tats de ses nobles efforts. Les documens que nous donne» rons plus bas sur l'état actuel des prisons ^de la Prusse penuèttront à nos lecteurs de juger du degré d*efficaidté de sts réformes. Aujourd'hui encore on peut considérer k Prusse comme celui de tous les Étals allemands qui