SLR LA PHYSIOLOGIE DU COEUR
ineiit double, se décompose en deux cœurs simples formés chacun d'une oreillette et d'un ventricule, et situés l'un à droite, l'autre à gauche de la cloison médiane. Chaque cavité ventriculaire du cœur est munie de deux soupapes appelées valvules. L'une, placée à l'orifice d'entrée du sang de l'oreillette dans le ventricule, est nommée valvule aiiriculo-ventriculaire; l'autre, située à l'orifice de sortie du sang du ventricule par l'artère, s'appelle valvule sygmoïde. Le cœur de l'homme, ainsi que celui des mammilei-es et des oiseaux, est donc un cœur anatomiquement double et composé de deux cœurs simples, appelés l'un le cœur droit ^ l'autre le cœur gauche. Chacun de ces cœurs joue un rôle bien différent (fig. 80). Le cœur gauche, nommé encore cœur à sang rouge, est destiné à recevoir dans son oreillette, par les veinos [pulmonaires, le sang pur et rutilant qui vient des [)oumons, pour le faire passer ensuite dans son ventricule, qui le lance dans toutes les parties du corps, où il devient impur et noir. Le cœur droit, appelé aussi cœur à sang noir, est destiné à recevoir dans son oreillette, par les veines caves, le sang impur qui revient de toutes les parties du corps, et à le faire passer ensuite dans son ventricule pour le lancer dans le poumon, où il devient pur et rutilant. En un mot, le cœur gauche est le cœur qui préside à la distribution du liquide vital dans tous nos organes et dans tous nos tissus; et le cœur droit est le cœur (pii préside à la révivification du sang dans les pou-
ET SES RAl'FORTS AVEC LE CERVEAU.
l-'ig. Su. — Scliéma destiné à faire comprendre le mécanisme de la circulation.
0. Oreillette gauche. — vg. Ventricule gauche. — u'. Oreillette droite. — id. Ventricule droit. — Le système circulatoire du sang rouge, constitué par les artères et auquel préside le ca'ur gauche o vg, est représenté eu blanc sur la ligure. — Le système circulatoire du sang noir, constitué par les veines et auquel préside le cœur droit o' vd, est représenté en teinte grise. — Les flèches indiquent le sens du courant sanguin dans les différents vaisseaux. — On voit en haut et en l)as les réseaux capillaires des parties supérieures et inférieures (hi corps où le sang artériel se transforme en sang veineux, et au milieu le réseau capillaire des poumons où le sang veineux se revivifie pour redevenir artériel.
ÛS'i biJli LA PHYSIOLOGIE DU COLLR
nions, pour le restituer au cœur gauche, et ainsi de suite.
Ces prémisses étant établies, nous n'aurons plus ici à considérer le cœur que comme un organe distribuant la vie à toutes les parties de notre corps, en leur envoyant le liquide nourricier qui leur est indispensable pour vivre et manifester leurs fonctions. Quant au liquide nourricier lui-même, il est représenté par le sang, qui est sensiblement identique chez tous les animaux vertébrés, quelles que soient d'ailleurs la diversité de l'espèce animale et la variété de son alimentation.
Dans les phénomènes extérieurs de la préhension des aliments, le zoologiste distingue le carnassier féroce qui se nourrit de chairs palpitantes, le ruminant paisible qui se repaît de l'herbe des prés, le frugivore et le granivore qui se nourrissent plus spécialement de fruits et de graines; mais quand on descend dans le phénomène intime de la nutrition, la physiologie générale nous apprend que ce qui se nourrit, à proprement parler, dans les animaux, ce n'est pas le type spécifique et individuel, qui varie à l'infini, mais seulement les oi'ganes élémentaires et les tissus, qui partout se détruisent et vivent d'une manière identique. La nature, suivant l'expression de Goethe, est un grand artiste. Les animaux sont constitués par des matériaux organiques semblables; c'est l'arrangement et la dispo-
KT SES RAPPORTS AVEC LE <:ERVEAU. hoo
sition relative des matériaux qui déterminent la variété de ces véritables monuments organisés, c'està-dire les formes et les propriétés animales spécifiques. De même, dans les monuments de l'homme, les matériaux se ressemblent par leurs propriétés physiques, et cependant leur arrangement différent peut réaliser des idées diverses et donner naissance à un palais ou à une chaumière. En un mot, le type spécifique existe, mais seulement à l'état d'une idée l'éalisée. Pour la physiologie, ce n'est pas le type animal qui vit et meurt, ce sont les matériaux organiques ou les tissus qui le composent; de même, dans un édifice qui se dégrade, ce n'est pas le type idéal du monument qui se détériore, mais seulement les pierres qui le forment.
En physiologie générale, on ne saurait donc déduire de la grande variété d'alimentation des animaux aucune différence de nutrition organi([ue essentielle. (>hez l'homme et chez tous les animaux, les organes élémentaires et les tissus vivants sont sanguinaires, c'est-à-dire qu'ils se repaissent du sang dans lequel ils sont plongés. Us y vivent comme les animaux aquatiques vivent dans l'eau; et, de même qu'il faut renouveler l'eau qui s'altère et perd ses éléments nutritifs, de môme il faut renouveler, au moyen de la circulation, le sang ([ui perd son oxygène et se charge d'acide carbonique. Or c'est précisément là le rôle qui incombe au cœur. Le système du cœur gauche