CL. UERNARD
L ÉLÉMENT NERVEUX
naire, les montrer directement en ouvrant le thorax, parce que la mort suit immédiatement cette opération. Mais on peut appliquer un manomètre sur une artère, ce qui permet de constater chaque impulsion du sang dans cette artère ; et Ton voit alors que le pouls cesse de battre au moment où agit l’irritant électrique. On peut aussi, comme nous l’avons fait, enfoncer une aiguille, non pas dans le cœur, ce qui occasionnerait des désordres qu’il faut éviter, mais dans les parties qui avoisinent cet organe, de telle
sorte que chacune de ses pulsations se traduise par un mouvement de va-et-vient de l’aiguille, qu’on rend, du reste, plus visible en fixant un petit morceau de papier à son extrémité.
Pour observer plus facilement les mouvements du cœur, nous avons préparé un lapin à sang froid , c’est-à-dire que nous avons fait subir à un lapin des mutilations qui ont modifié considérablement chez lui l’activité des fonctions vitales, et l’ont placé dans une situation analogue à celle d’un animal à sang froid. Ce résultat a été obtenu sur ce lapin eu coupant la moelle épinière dans la région
inférieure du cou, de manière à ne plus lui laisser
qu’un seul des nerfs respiratoires. La respiration s’est ainsi considérablement ralentie, les mouvements son devenus de plus en plus lents, de plus en plus rares, et la combustion respiratoire, qui a son siège principal dans les muscles, a diminué au point de ne pouvoir plus entretenir la chaleur animale à son niveau