ÉLECTRICITÉ NERVEUSE
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SOMMAIRE. — L’irritation électrique du nerf moteur exige un changement rapide dans son état électrique. — Effets des divers courants sur les nerfs ; — courant ascendant, courant descendant. — Lois de Ritter : six périodes. — Lois de Nobili : quatre périodes. — Valeur et signification de ces lois. — Classification des effets de l’électricité d’après les différences d’intensité des courants. — Sensibilité des nerfs à l’irritant électrique. — Expérience de la patte galvanoscopique. — Courants électriques propres des nerfs. — Électroionisme. — Contraction paradoxale.
Les expériences que nous avons faites sur divers animaux dans la dernière leçon ont mis complète-
LÉLÉMHNT NERVEUX.
ment hors de doute que les propriétés physiologiques du nerf moteur se manifestent dans le muscle, soit en le faisant contracter, comme cela a lieu d’ordinaire, soit en suspendant la contraction, comme on peut l’observer aussi fort souvent; et nous avons montré que les deux cas ne présentaient point de différence essentielle.
La première condition pour que le nerf moteur soit irrité, c’est que le changement d’état électrique soit rapide. On pourrait, sans rien produire, y faire passer un courant, d’abord extrêmement faible, qui monterait graduellement jusqu’àdevenir très-intense. Il faut un effet brusque amenant un changement brusque. Le nerf moteur est donc un excellent galvanomètre, et un galvanomètre très-sensible, pour indiquer les changements brusques de direction ou d’intensité, quoique les courants soient très-faibles. Nous pouvons donner facilement des exemples de cette extrême sensibilité.
Prenons d’abord un nerf de grenouille en conservant le muscle M auquel il aboutit (fig. 54) ; puis re • plions ce nerf sur lui-même, de manière à former une anse complètement fermée en A par le contact des deux parties du nerf. Nous appliquons maintenant à l’extrémité libre B de ce nerf un courant électrique faible qui produit une contraction au moment où il commence à passer; mais ensuite il ne se manifeste plus aucun phénomène, parce que, tant que le courant passe d’une manière régulière, c’est, un état phy-