CELLULES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
veuses certaines formes spéciales, certaines dispositions particulières, cela ne nous apprend pas les propriétés de chacune de ces cellules ni leur rôle physiologique. Aussi, quand M. Jacubowitch a déterminé les formes spéciales des cellules sensitives et des cellules motrices (fig. 74), il n’y est pas arrivé à
Fig. 74. — Cellules de sentiment et cellules de mouvement dans la moelle épinière (d'après Jacubowitch).
a a1. Deux cellules de sentiment du même coté de la moelle, communiquant entre elles. — b. Une autre cellule de sentiment. — c. Cellule de mouvement.
l aide de pures considérations anatomiques, qui n’auraient jamais pu l’autoriser à conclure. Quel rapport trouver, en effet, entre la forme triangulaire et la sensibilité , la forme quadrangulaire et l’influence motrice? Si l’on est arrivé il connaître la nature physiologique des cellules présentant chacune de ces formes, c’est donc en mettant en jeu leurs propriétés vitales, à l’aide de l’expérimentation sur ranimai vivant, ou en établissant leurs connexions
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avec des fibres dont le rôle physiologique était déjà découvert.
Du reste, ces formes diverses des cellules de la moelle épinière n’ont pas autant d’importance qu’on pourrait le croire, et il ne faudrait pas trop s’y attacher, car elles ne sont pas constantes dans toute la série animale. Ainsi, M. Jacubowitch lui-même a constaté que chez les oiseaux ces formes présentent une disposition précisément inverse de celle que nous venons d’indiquer : les cellules en rapport avec les racines postérieures sont le plus souvent quadrangulaires, et les cellules communiquant avec les racines motrices triangulaires. On aurait pu sans doute conclure de cette interversion que la physiologie du svstème nerveux était renversée chez ces animaux.
Mais l’expérience dément complètement cette déduction anatomique, et nous sommes forcés d’admettre que les formes des cellules nerveuses n’ont point de rapports essentiels avec leurs propriétés physiologiques.
M. Jacubowitch admet que toutes les cellules sensitives ou motrices communiquent également entre elles. Mais ce que l’anatomie est jusqu’ici impuissante à établir, la physiologie l’indique. En effet, la physiologie prouve que les communications des nerfs moteurs dans la moelle sont toutes différentes des communications des nerfs sensitifs; une lésion laite au nerf de mouvement reste locale, tandis que chaque ébranlement imprimé à un nerf de sensibilité se
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transmet immédiatement à tous les autres. Plusieur s expériences que nous allons répéter sous vos yeux vont mettre ces deux points hors de doute.
Nous avons déjà dit que chaque élément histologique semblait avoir ses poisons particuliers, qui agissaient exclusivement sur lui, et amenaient la mort de Panimal par la suppression d’une des parties dont les réactions réciproques constituaient l’harmonie vitale et rendaient possible l’exercice des diverses fonctions physiologiques. Cependant on ne connaît pas encore de poisons spéciaux agissant particulièrement sur les cellules nerveuses et la substance grise de la moelle épinière ; mais il doit très-probablement y en avoir, et on les découvrira sans doute plus tard. Quant aux nerfs de mouvement, nous avons plus d’une fois déjà indiqué leur poison caractéristique, le curare, et nous avons dit que ces nerfs s’empoisonnent par l’extrémité périphérique, c’est-à-dire par le sang qui les baigne dans le muscle; de telle sorte qu’en soumettant un animal à l’action du curare, on peut réserver tout le train postérieur ou même un seul muscle d’un membre. 11 y a aussi des poisons qui atteignent spécialement le nerf sensitif, et un des plus importants est la strychnine. Mais on 11e peut plus ici préserver de l’action toxique un ou plusieurs nerfs sensitifs, comme nous l’avons fait pour les nerfs moteurs, parce que les nerfs sensitifs sont empoisonnés par leur centre médullaire; il suffit d’un seul nerf