ACTIONS RÉFLEXES DU NERF LINGUAL
ou plutôt sur une seule des moitiés de l’encéphale, les mêmes mouvements se produisent aussi dans l’autre.
Les expériences que nous avons faites récemment pour établir qu’un ganglion du grand sympathique peut servir de centre dans une action réflexe, ces expériences, détaillées à la leçon précédente (1), et qui seraient peut-être applicables au ganglion ophthalmique, nous fournissent un autre exemple de mouvement réflexe produit par un nerf de sensibilité spéciale. Nous avons vu, en effet, qu’en irritant le nerf lingual avec un corps sapide, comme du vinaigre, on provoque une abondante sécrétion de salive dans la glande sous-maxillaire, et ce phénomène, parfaitement inconscient, constitue évidemment une action réflexe. Ici encore, comme nous l'avons vu pour le nerf optique, l’influence est croisée; car si l’on agit exclusivement sur la partie droite du nerf lingual, la glande sous-maxillaire du côté gauche ne s’en met pas moins à sécréter de la salive comme celle du côté droit, avec cette seule différence que le phénomène se manifeste d’abord sur la glande droite et tarde un peu plus à se produire sur la glande gauche. Aussi n’est-il pas étonnant qu’en coupant toute la partie droite du nerf lingual on n’arrête pas pour cela la sécrétion de la salive dans la glande correspondante. En effet, il reste toujours à cette
I) Voy. plus haut pa^es 344 à 348 et fig. 76.
l’élément nerveux.
glande l’action croisée qu’exerce sur elle le rameau gauche du nerf lingual, et cette action suffit parfaitement pour amener la sécrétion par sa réaction sur la corde du tympan supposée restée intacte.
Après les mouvements réflexes dus aux nerfs de sensibilité consciente, générale et spéciale, nous trouvons ceux que produisent les nerfs de sensibilité inconsciente, c’est-à-dire, en d’autres termes, les actions réflexes du système nerveux grand sympathique.
Parmi les mouvements de ce genre soumis à l’influence de ce système, nous devons citer tout de suite les actions qui se produisent dans les nerfs pupillaires. Sans doute, nous avons déjà montré que l’irritation du nerf optique et des nerfs de sensibilité générale pouvait très-bien les provoquer, et il semble d’abord (pie cela suffise à leur explication ; mais il ne faut pas s’étonner de nous voir invoquer maintenant l’action du grand sympathique, car il n’est pas rare que des causes multiples concourent à la pro duction des mêmes mouvements réflexes, et l’on a constaté souvent que trois ou quatre influences diverses pouvaient ainsi se réunir pour participer à un phénomène unique. Les mouvements de la pupille en fournissent un exemple. Ils ont beaucoup occupé les physiologistes et les médecins parce qu’on les a observés dans un grand nombre de circonstances diverses, et Ton a pu se convaincre facilement qu'il