‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 165 sur 200 · DIVERS GENRES DE NERFS DANS UN MUSCLE · texte numérisé non relu

DIVERS GENRES DE NERFS DANS UN MUSCLE

manifestent, tous ces nerfs ne sont pas de môme nature, et l’on en peut distinguer jusqu’à trois ou quatre espèces différentes. Ce sont d’abord les nerfs moteurs, partis des racines antérieures de la moelle épinière et aboutissant dans la substance musculaire en pénétrant dans l’intérieur même de chaque fibre pour lui communiquer l’influence motrice. Viennent ensuite les nerfs sensitifs, issus des racines postérieures, qui arrivent également dans le muscle où l’on ne connaît pas trop leur mode de terminaison : peut-être consiste-t-il en un petit noyau de cellule qu’on aperçoit d’ordinaire à leur extrémité ; mais cette question n’est pas encore résolue (1). Ce qu’on sait seulement, c’est qu’il y a dans le muscle des nerfs de sensibilité, car on peut produire des mouvements réflexes en l’irritant directement ; mais ce n’est pas une sensibilité consciente comme celle de la peau. Après ces deux premières espèces de nerfs, citons les nerfs vasomoteurs et les filets du grand sympathique dont nous ne parlerons pas maintenant.

Quand on coupe les racines antérieures, celles du mouvement, le muscle tombe naturellement dans un relâchement complet ; le ton musculaire disparaît, mais les nerfs vaso-moteurs peuvent garder leur action propre, suivant les régions où l’on opère la section de la racine antérieure, et suivant qu’elle est

(1) Voy. plus haut, dix-huitième leçon, pag. 295 à 299, et fig. 59, 60 et 61 .

37b t/élément nerveux.

ou non associée, dès son origine, avec le nerf vasomoteur qui règle la combustion respiratoire. Si nous coupons, au contraire, les racines postérieures (sensitives), en respectant les racines motrices, le muscle entre encore en relâchement; mais il y a cette différence que les mouvements réflexes partis des autres régions du corps peuvent très-bien se propager jusqu’à lui, et amener sa contraction au moyen des nerfs moteurs restés intacts. Un muscle pourrait donc être paralysé du ton musculaire, sans i’être en même temps du mouvement volontaire.

Nous trouvons, en somme, trois espèces de mouvements réflexes : le ton musculaire (demi-contraction réflexe constante), les mouvements réflexes momentanés, et les actions réflexes permanentes comme celles qui maintiennent la contraction des sphincters.

Tous les muscles sont le siège de mouvements réllexes que nous ne pouvons évidemment étudier ici en détail. Il y a pourtant certains muscles de la vie organique qui présentent des particularités fort intéressantes, et dont nous devons au moins dire un mot. Ainsi, coupez les nerfs qui se distribuentdans les muscles dés vaisseaux; ces muscles se relâcheront aussitôt, et le volume des vaisseaux sera notablement augmenté. Ces faits se produisent même quelquefois dans l’organisme d’une manière naturelle, et ils sont alors la cause de certaines affections particulières., les cou-

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