‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 166 sur 200 · CONTRACTION REFLEXE DES SPHINCTERS · texte numérisé non relu

CONTRACTION REFLEXE DES SPHINCTERS

gestions par exemple. Mais les sphincters, on plutôt une partie d’entre eux, fournissent à cet égard des phénomènes très-remarquables et tout à faitspéciaux. Quand on coupe leurs nerfs, ils restent encore contractés pendant un certain temps, comme si aucune lésion n’avait été opérée, et la paralysie du ton musculaire ne se produit même pas dans tous les cas. Ainsi, à l’entrée cardiaque de l’estomac, à la partie inférieure de l’œsophage, on trouve un sphincter destiné à empêcher les aliments, qui ont une fois pénétré dans ce viscère, de remonter ensuite dans l’œsophage. Ce sphincter, qu’il est surtout facile d’apercevoir chez un chien ou un lapin, présente à un très-haut degré, et avec des circonstances fort intéressantes, les phénomènes dont nous parlons.

Cette persistance de l’état de contraction dans le sphincter du cardia pendant un certain temps après la section du nerf qui le domine, un des rameaux du nerf pneumogastrique, adonné lieu, en effet, à des théories très-fausses, parce qu’on ne pouvait s’imaginer que la fonction continuât à s’exercer lorsque l’organe nerveux était lésé d’une manière aussi grave. D’anciens auteurs avaient avancé que le nerf pneumogastrique présidait au sentiment de la faim et à celui de la soif: il est vrai que la section de ce nerf n’empêchait pas ces deux sentiments, naturellement si vifs, de se manifester comme auparavant ; mais ils avaient cru qu’elle rendait impossible la naissance'

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du sentiment cle la satiété. Voilà ce qui semblait bien résulter des expériences. En effet, si l’on prend un chien ou un lapin, et qu’on lui coupe le nerf pneumogastrique, après l’avoir préalablement laissé à jeun pendant vingt-quatre heures pour exciter vigoureusement son appétit, on voit qu'il mange alors avec avidité la nourriture qu’on lui présente; mais, au bout d’un certain temps, il s’arrête et régurgite, comme si sa précipitation lui avait fait avaler plus d’aliments que n’en pouvait supporter son estomac; mais il se remet aussitôt à manger pour régurgiter de nouveau, et ainsi de suite. Voilà bien, semblait-il, le sentiment de la faim apparaissant toujours avec la plus vive énergie, et le sentiment de la satiété cessant complètement de se produire.

Nous avions accepté cette interprétation comme tout le monde. Mais une circonstance fortuite, qui se produisit au milieu d’expériences faites dans un but très-différent, vint éclairer ce résultat d’un jour tout nouveau. L’erreur des explications précédentes nous apparut avec évidence, et nous fûmes mis en même temps sur le chemin qui devait conduire à l’interprétation véritable. Voici ce qui nous arriva.

Nous opérions sur un chien qui avait subi la section du nerf pneumogastrique, et auquel nous avions pratiqué une fistule stomacale pour observer le mécanisme de la déglutition. Notre animal avait beau manger, et nous ne voyions rien entrer dans l’estomac. C’était, là une chose singulière. 11 fallait

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