‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 167 sur 200 · CONTRACTION RÉFLEXE DES SPHINCTERS · texte numérisé non relu

CONTRACTION RÉFLEXE DES SPHINCTERS

bien que les aliments avalés se logeasssent quelque part ; et, s’ils n’arrivaient point jusqu’à l’estomac, c’est qu’ils restaient dans l’œsophage paralysé, sans pouvoir franchir son sphincter inférieur. Tous les phénomènes observés se comprenaient alors merveilleusement. Quand l’œsophage était rempli, l’animal devait évidemment régurgiter; d’un autre côté, les aliments qu’il avait pris, n’ayant ni rempli son estomac ni subi aucune action des sucs digestifs, n’avaient pu s’assimiler, ni par conséquent apaiser sa faim en quoi que ce soit; et dès lors il était naturel qu’il recommençât à manger de plus belle.

Nous pouvons, du reste, constater directement l’exactitude de cette interprétation par une expérience bien simple. Il suffit de prendre un lapin et de le nourrir d’abord avec des choux ou d’autres substances vertes; puis on pratique la section du nerf pneumogastrique, et l’on fait prendre à l’animal une nourriture dont la couleur tranche nettement sur la couleur des aliments précédemment donnés, pour (jue la distinction en soit facile : ce sera, par exemple, de la carotte. Si l'on sacrifie ensuite l’animal, on trouvera en l’ouvrant que l’estomac contient des substances vertes, mais qu’aucune partie des carottes avalées n’a pu dépasser le cardia. Quelle est donc l’influence qui peut ainsi interdire aux aliments l’accès de l'estomac? C’est le dernier point à déterminer. Mais il est facile de voir qu’une seule cause peut expliquer convenablement le phénomène, et

l’élément nerveux.

cette cause, c’est la contraction du sphincter car-

diaque, qui bouche complètement la communication entre l’œsophage et l’estomac, et qui n’est plus vaincue par la contraction des fibres circulaires de l’œsophage.

Les sphincters de l’anus et de la vessie présentent des phénomènes tout à fait semblables, qu’il est facile de constater en coupant les nerfs du plexus lombaire. Mais tous ces faits 11e contredisent pas les explications que nous avons données sur le ton musculaire ; car, en répétant les expériences deux ou trois jours après la section du nerf pneumogastrique, on trouve alors que la contraction permanente du sphincter a cessé, et avec elle toutes les conséquences qu’elle entraînait. La persistance singulière de celle contraction pendant un temps souvent assez long, après la section du nerf pneumogastrique, tient peutêtre à rinlluence des ganglions du grand sympathique, (im sont très-nombreux dans les parties voisines de ces organes.

Les actions réflexes président à toute la vie organique, et l'on peut dire (pie beaucoup de fonctions ne sont qu’une suite de mouvements réflexes régulièrement enchaînés. Ainsi, par exemple, quand on met un grain dans le bec d’un oiseau dont le cerveau a été enlevé, ce grain se digère complètement par une série d’actions réflexes, dont nous devons déterminer les irritants et la réaction mutuelle. Depuis quelques

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