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ACTIONS RÉFLEXES DANS LA DIGESTION

aimées, on a beaucoup cherché les centres de ces actions réflexes, mais on 11e les a pas encore trouvés pour toutes, car ce sont là des expériences extrêmement délicates à faire, et plus difficiles encore à interpréter.

Dès le premier acte de la nutrition , dans la bouche, nous trouvons de nombreuses actions réflexes concourant à la digestion; mais il s’y môle aussi des influences volontaires. Quand on a enlevé le cerveau d’un animal, le seul contact du vinaigre sur sa langue amène une abondante sécrétion des glandes salivaires placées dans la bouche. On ne connaît pas encore précisément le centre de cette action réflexe. Cependant, en faisant d’autres expériences, nous avons souvent remarqué qu’on provoquait une vive sécrétion salivaire, en piquant le cerveau dans certains endroits; c’est sans doute au voisinage de ces régions que se trouve le Centre de l’action réflexe dont nous parlons.

Du reste, la seule pensée, et à plus forte raison la vue de certaines substances, suffit pour produire une abondante sécrétion de salive. C’est là un phénomène connu de tous, et qu’011 exprime vulgairement en disant que telle ou telle chose fait venir l’eau à la bouche ; ce qui est considéré comme l’expression d’un vif désir.

Cette influence purement morale a même été utilisée bien des fois pour faire certaines expériences physiologiques. Ainsi nous avons souvent mis à

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ii ii et ouvert ie canal salivaire parotidien sur un cheval laissé préalablement à jeun pendant vingtquatre heures pour rendre le phénomène plus sensible, et nous lui montrions alors à distance une botte de foin : cette vue excitait tellement son appétit aiguisé par une longue attente, qu’il se produisait un écoulement de salive aussi abondant et aussi continu que le jet d’un robinet. Lorsque M. Thénard, l’illustre chimiste, avait besoin de salive pour ses expériences, il employait un moyen tout à fait semblable. Ce moyen consistait à prendre un chien bien portant et à le laisser d’abord sans aucune nourriture pendant vingt-quatre heures. Puis on mettait à la broche un gigot succulent, et l’on plaçait le chien à quelque distance, après l’avoir bâillonné de manière à l’empêcher d’avaler sa salive. Les ardents désirs que provoquaient les vapeurs du rôti chez le pauvre animal affamé, y faisaient prendre à la sécrétion de la salive des proportions tout à fait extraordinaires, et, grâce à cette nouvelle application du supplice de Tantale dans l’intérêt de la science, on recueillait ainsi de grandes quantités de liqueur salivaire qui fournissaient à tous les besoins des analyses.

Dans un traité sur la digestion où il a montré le premier à préparer du suc gastrique et du suc pancréatique artificiels, Eberle a soutenu que la bave des animaux enragés et le venin que portent beaucoup de reptiles, comme les vipères et tant d’autres,

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