ACTIONS RÉFLEXES SI! K LES SÉCRÉTIONS
ne sont au fond que des altérations de la sécrétion salivaire. Il supposait même que l’altération consistait en ce que cette humeur se trouvait mélangée alors d’une quantité variable de sulfocyanure de potassium, corps qu’on regarde hypothétiquement comme fort dangereux. Ce savant, très-recommandable du reste, exagérait singulièrement l’in— fluence que peuvent exercer les causes morales sur la nature de cette sécrétion salivaire, et il prétendait pouvoir produire à son gré, sur lui-même, de la bonne ou de la mauvaise salive. Quand il voulait en obtenir de la bonne, il pensait à une foule de choses agréables, à des mets délicieux ou aux plaisirs qu’il souhaitait le plus; et, tout son organisme s’épanouissant sous cette douce influence, la salive recueillie dans ces conditions était excellente. Pensait— il , au contraire, aux mille désagréments qu’on rencontre toujours dans la vie, aux ennemis qu’il pouvait avoir, aux dangers qu’il pouvait craindre, enfin à toutes les choses qui étaient plus particulièrement capables de lui déplaire, aussitôt la sécrétion était complètement modifiée. Sans doute, la salive d’Eberle ne devenait pas alors tout à fait semblable à la bave d’un animal enragé; mais enfin elle contenait, dit-il, du sulfocyanure de potassium en quantité notable. C’est Eberle lui-même qui nous donne tous ces détails, et vous en avez saisi tout de suite les côtés singuliers : nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’ils sont purement fantastiques. Cependant cela prouve au moins l’in-
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fluence qu’exerce l’imagination sur tous ces phénomènes de sécrétion, influence souvent plus nuisible qu’utile, mais qu’il serait impossible de contester aujourd’hui.
Pour provoquer la sécrétion de la salive ou des autres humeurs concourant à l’acte de la digestion, il faut, — ainsi que P>erzeiius l’a dit depuis longtemps déjà, — il faut prendre un liquide ayant une réaction opposée à celle du liquide qu’on veut obtenir. Ainsi, le carbonate de soude, sel assez fortement basique, n’excite pas la sécrétion de la salive; mais tous les acides le font, quoique avec une énergie plus ou
moins grande, parce que la salive est une liqueur alcaline. Au contraire, dit toujours Berzelius, si vous voulez produire dans l’estomac une abondante sécrétion de suc gastrique, humeur nettement acide, il faudra soumettre les parois du viscère à l’action d’un liquide légèrement alcalin.
On a professé sur ce point des opinions diamétralement opposées à la vérité, et ces idées fausses servaient autrefois de base à une foule de prescriptions médicales. Ainsi, quand on ordonnait à un malade de prendre du fer, qui devait être attaqué par le suc gastrique grâce à la réaction acide de ce liquide, on se gardait bien d’administrer en même temps des alcalis qui auraient saturé plus ou moins cette acidité du suc gastrique et empêché ainsi, croyait -on , l’attaque du fer de se produire cou-