‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 32 sur 200 · SL. BERNARD · texte numérisé non relu

SL. BERNARD

6(3 l’irritabilité.

excitation partie de l intérieur. Ainsi, Glisson admettait non-seulement des excitations extérieures, mais encore des excitations internes, car le cerveau était à ses yeux T irritant du nerf.

La théorie de Glisson se résumait donc en une force motrice, organique ou vitale, inhérente à l’organisme, X irritabilité, force qui est sollicitée à entrer en action, soit par des irritations extérieures, soit par des irritations intérieures engendrées dans le corps vivant lui-même.

Les contemporains de Glisson le comprirent peu. Entraînés par les doctrines iatromécaniques qui régnaient alors, ils ne saisirent pas ce qu’il y avait d’essentiellement physiologique dans cette idée de l’irritabilité qui enlève à la matière vivante toute spontanéité d’action, et place toujours l’origine des mouvements qui l’animent dans des causes irritantes placées en dehors d’elle. Ils cherchèrent l’explication des phénomènes vitaux dans le mouvement direct et spontané des diverses parties du corps vivant.

À la même époque, Pacchioni et Baglivi développèrent des idées qui semblent, au premier abord, se rapprocher de celles de Glisson, mais qui en diffèrent cependant beaucoup. Ils faisaient dériver tous les mouvements organiques des contractions de la duremère, une des enveloppes du cerveau, contractions qu’on pouvait observer, en effet, sur l’animal vivant, en lui ouvrant le crâne. Cette idée, qui avait probablement aussi sa source dans les observations

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