‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 44 sur 200 · PROPRIÉTÉS INVARIABLES DES ÉLÉMENTS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS INVARIABLES DES ÉLÉMENTS

excitables, et l’on ne peut plus les empoisonner qu’en employant une close de poison parfois double ou triple de celle qui les tuerait pendant l’été, quand leurs nerfs sont très-excitables.

Au contraire, en augmentant l' irritabilité des tissus des animaux, et surtout des nerfs, on les empoisonne beaucoup plus facilement. Dans le second cas, l’animal vit plus vite et meurt également plus vite ; dans le premier, toutes ses fonctions sont ralenties et il vit beaucoup moins et meurt plus difficilement : car en diminuant l’irritabilité, on diminue en même temps l’activité de la nutrition.

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Mais, dans tous les cas, quelle que soit l’action produite, ce sont toujours les éléments anatomiques qui sont atteints. Par exemple, une certaine substance agira sur le système musculaire, et elle attaquera toutes les fibres musculaires qui se trouvent clans les diverses parties du corps ; une autre agira sur les nerfs de la sensibilité, une troisième sur les nerfs moteurs, et ainsi de suite.

Cependant on dit souvent que telle substance agit, non pas sur une classe donnée d’éléments de tissus, mais sur un organe en particulier, le cœur, je suppose. C’est une erreur ; car nous pouvons établir aujourd’hui en physiologie que les fibres musculaires ou nerveuses ont partout les mêmes propriétés. Si nous trouvons des substances qui paraissent agir spécialement sur certains organes, c’est qu’il y a des fibres

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musculaires qui sont plus ou moins sensibles a l’irritant particulier qu’on emploie. Ainsi, la cligilatine, l’upas antiar, agissent d’une manière plus spéciale sur le cœur, parce que les fibres du cœur sont plus irritables à cet agent que les fibres musculaires des autres organes, et réagissent avec plus d’énergie et de rapidité sous son influence. Si l’on voulait admettre le contraire, il faudrait dire que telle substance qui atteint les fibres musculaires du cœur n’atteint pas les autres muscles, et par suite que les fibres musculaires de cet organe ne sont pas les mômes que celles des autres parties du corps. Cette idée répugne à toutes les notions physiologiques et anatomiques, et la science ne saurait s’y résoudre.

Dans le cas que nous venons de citer, on pourrait se laisser tromper par une simple apparence, et l’erreur ne se commet que lorsqu’on opère exclusivement sur des animaux élevés, chez lesquels la vie est fort active, et, par conséquent, l’effet des poisons trèsrapide. Sous l’influence d’une même matière toxique, un oiseau périt avant un mammifère, et un mammifère avant un batracien ou un reptile. Cela étant, supposez qu’on empoisonne avec un poison dit du cœur un animal élevé, oiseau ou mammifère : on ouvre immédiatement le corps, et l’on constate que le cœur est arrêté, tandis que les autres muscles ont conservé encore intactes leurs propriétés contractiles. On part de là pour conclure aussitôt que le cœur seul est atteint par le poison employé. Sans

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