‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 97 sur 140 · DIX-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-HUITIÈME LEÇON

DES ;\!ERFS SElVSiriFS.

31 mai 1864.

.SO.MMAIUE. — Irt'italions successives aboutissant à la production d'un mouvement. — Le nerf sensitif excitant du nerf moteur. — Structure des nerfs sensitifs. — Ganglion intervertébral. — Terminaisons périphériques des nerfs sensitifs. — Rapports des nerfs sensiiifs avec la moelle épinière.

Nous avons étudié jusqu'ici la fibre musculaire contractile et le nerf moteur sous l'influence duquel cette libre musculaire entre en contraction. Le nerf de sensibilité arrive maintenant comme l'irritant naturel du nerf moteur.

En effet, la substance contractile, sous ses différentes formes, constitue l'élément moteur. Il faut seulement une cause déteinninante, une condition

l'élément NEUVliUX.

irritative quelconque pour que ce mouvenieiit preuiic naissance, c'est-à-dire une cause d'action extérieure au tissu contractile qui mette en jeu ses propriétés. Le nerf moteur s'est présenté chez les animaux supérieurs comme un perfectionnement du système musculaire, c'est-à-dire comme un excitant physiologique qui rend plus précise, plus rapide et plus puissante l'irritatior: de la fibre musculaire. Le nerf moteur ne s'explique que par les muscles sur lesquels il est destiné à agir, et on ne le concevrait plus à l'état d'isolement. Mais le nerf moteur, à son tour, comme toute matière vivante, est soumis à la même condition que le" muscle : il lui faut un excitant normal. On ne le comprendrait donc pas davantage en le séparant du nerf de sensibilité, qui motive son influence sur le muscle et la coordonne, en raison des circonstances ambiantes, pour protéger, défendre ou nourrir l'être vivant. Du reste, à titre d'excitant du nerf moteur, le nerf de sensibilité forme un élément distinct, comme nous l'avons démontré précédemment.

Le nerf moteur, ainsi que nous l'avons dit, est terminé d'un côté dans le muscle qu'il influence, de l'autre dans la moelle épinière, d'où lui vient son irritation. Le nerf de sensibilité est aussi terminé par l'une de ses extrémités dans la moelle épinière, et par l'autre dans des organes périphériques de sensibilité générale ou spéciale. Près de son origine dans

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la moelle, il porte un renflement nerveux nommé ganglion intervertébral (ûg. 57), parce qu'il se trouve justement placé dans le trou de conjugaison. T^es cellules servant de point de départ aux racines

Fig. 57. — Les deux racines près de leur origine dans la moelle avec le ganglion inlervcrlébral (d'après Leydig).

A. Racine sensible, cL sur elU; le fîanglion avec les globules i^au^liounaires bipolaires. — B. Lu racine motrice. — C. Rameau postérieui- •in nerf (le la moelle. — [). Hameau untt'vienr. (Fort "Tossifisemenl .)-

!29/l j/ÉLÉMliNT NERVJOJX,

antérieures et aux racines postérieures sont également situées les unes comme les autres dans la moelle. Mais les cellules motrices, placées à l'origine des racines antérieures, sont généralement plus grosses et de forme quadrangulaire, tandis que les cellules de sensibilité, qui sont à l'origine des racines postérieures, sont plus petites et affectent le plus souvent une forme triangulaire (fig. 58). Les filets nerveux de

Fig. 58. — Cellules de sensibilité et cellules motrices dans la moelle épinière (d'après Jacubowitch).

fl a'. Deux cellules de seusibilité du même cùté de la moelle, communiquant entre elles. - h. Une autre cellule de sensibilité. — r. Cellule motrice.

la sensibilité sont aussi un peu plus minces que ceux j du mouvement. Mais ce qui distingue par-dessus tout la fibre nerveuse sensitivedelafibre motrice, au point de vue anatomique, c'est le ganglion intervertébral, dont nous venons de parler, et, qui joue le rùle de cellule trophique pour le nerf sensitif. En effet, si l'on coupole nerf sensitif au delà de ce ganglion, il

ne peut plus se nourrir, et son bout périphériq

TEHMINAISON DES NERFS SKNSITIl'S. ''29r)

perd plus ou moi us rapidement ses propriétés physiolog-iques.

La coustitution auatomique du nerf de sensibilité est la même que celle du nerf de mouvement (voy. p. "Ihli à 2^1 7 et fig. 48 et /i9). Il se compose donc de trois parties : au centre, le cylindre-axe, mince filament nerveux, qui est toujours l'élément essentiel, véritable conducteur de l'influence nerveuse ; à l'extérieur, une gaîne protectrice en forme de tube continu, et entre ces deux parties une moelle nerveuse qui remplit le tube et complète la protection du cylindre-axe plongé dans sa masse.

Examinons maintenant les terminaisons nerveuses aux deux extrémités du nerf sensitif, pour nous rendre un compte exact de ses rapports avec les autres éléments histologiques. Voyons d'abord l'extrémité périphérique.

On a cru autrefois que les nerfs de sensiblité se terminaient toujours par des anses. Mais depuis que les études microscopiques se sont développées et que l'on a su obtenir des grossissements bien plus considérables, les opinions anciennes sur ce point ont été facilement renversées, et l'on sait maintenant que les nerfs de sensibilité se terminent dans les organes périphériques par de petites cellules nerveuses, disposées un peu différemment suivant les diverses espèces de nerfs sensitifs.

Dans la peau, les papilles ou corpuscules du tact

l/i;i.ÉMKNT NKRYKIIX,

ne sont autre chose (jne des conlournemenls du nert sur lui-m^^me avec une cellule comme point d'arrm (fig. 59 et 60). Les nerfs de sensibilité spi'--

Fig. "JQ. — Papille nerveuse chez l'horame (d'aprc'-s f-pydig). (Fort grossissement.)

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