‹ Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations ..., Volume 2Chapitre 20 sur 61 · Î21Ô BILE · texte numérisé non relu

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sence ne doit pas y être reconnue aux mômes caractères que dans l'urine.

En outre, la bile semble être de tous les liquides sécrétés ou excrétés celui qui élimine le plus de substances.

Quand on examine les propriétés de la bile au point de vue de l'intoxication ictérique et des effets possibles de sa résorption, on lui trouve un caractère spécifique que ne présente aucun autre liquide sécrété. La bile aurait la propriété de dissoudre les cellules du foie. Cette réaction, visible sous le microscope, ne permettrait pas d'admettre que la bile soit normalement en contact avec les cellules hépatiques. C'est cette dissolution des cellules du foie par la bile qui a fait opposer à l'opinion qui place la sécrétion biliaire dans les cellules hépatiques une opinion d'après laquelle ce liquide serait sécrété hors des cellules du foie. Certains auteurs admettent en effet que la bile est sécrétée dans les conduits biliaires. Mais à laquelle des deux opinions qu'on s'attache, il est impossible d'en démontrer anatomiquement la réalité; les notions anatomiques que l'on possède aujourd'hui sur la structure du foie ne jettent aucun jour sur le mécanisme de la formation de la bile. Pour savoir si les conduits biliaires sont nécessaires à la formation de la bile, il faudrait les détruire avec des injections irritantes, avec les injections iodées par exemple, et rechercher après si, dans les portions du foie où les conduits biliaires ont été oblitérés, il y a conservation des cellules hépatiques et continuation de la sécrétion glycogénique.

Dans tous les organes glandulaires, on trouve des

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culs-de-sac tapissés de cellules glandulaires el des conduits excréteurs qui portent au dehors les matériaux élaborés déversés dans ces culs-de-sac. Rien de semblable ne s'observe dans le foie quand on poursuit le trajet des conduits biliaires. Le lobule élémentaire du foie se présente sous l'aspect d'une masse de cellules entourées par un vaisseau circulaire appartenant aux divisions de la veine porte, qui enveloppe le lobule et le traverse en tous sens. Du milieu du lobule, naît un vaisseau, origine des veines sus-hépatiques; mais on ne voit pas là le liquide biliaire sécrété. Quand les conduits biliaires arrivent au lobule avec les ramifications de l'artère hépatique, on les perd de vue. Des hypothèses ont été émises sur leur terminaison, mais personne ne l'a observée directement : on ignore quel rapport existe entre la cellule du foie et l'origine des voies biliaires. Les uns ont fait terminer les voies biliaires en cul-desac, d'autres ont admis qu'il y avait dans le foie plusieurs ordres de cellules, etc.

Quoi qu'il en soit de ces vues, une observation physiologique est possible, et elle établit que le sucre se fait dans la cellule hépatique. Quant à la bile, le siège de sa production reste encore à déterminer.

Une conséquence de l'incompatibilité de contact de la bile avec les cellules hépatiques serait que, dans l'ictère, la bile devrait se trouver résorbée dans les conduits biliaires. Sous ce rapport, il y a lieu d'établir une distinction entre les différents ictères. Ainsi, dans les ictères appelés malins, dans la fièvre jaune, par exemple, le foie est gorgé de bile, et dans ces cas on

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a signalé la destruction de toutes les cellules hépatiques. Les médecins qui récemment sont allés à Lisbonne pour y étudier la fièvre jaune, en sont revenus unanimes sur ce point que les cellules du foie disparaissent dans cette terrible maladie.

En résumé, Tanatomie et la physiologie du foie sont loin d'être entièrement faites : le siège de la sécrétion biliaire est inconnu.

En dehors de ces cas graves précédemment signalés et dont le mécanisme ne peut qu'être soupçonné, les inconvénients de la résorption biliaire ne sont pas en général très grands.

Le premier effet à noter est un ralentissement considérable du pouls qui peut s'observer chez les animaux dans le sang desquels on injecte de la bile, opération d'ailleurs dont ils ne meurent pas.

Le système nerveux a assurément une très grande influence sur la résorption de la bile ou sur l'empêche^ ment apporté à son écoulement; mais on ne connaît rien de net relativement à cette action, qu'on ne saurait toutefois nier en présence de cas où la frayeur a suffi pour déterminer subitement un ictère. L'origine ne peut en être rapporîée qu'à l'influence du pneumogastrique ou du grand sympathique.

Une dernière question doit nous arrêter pour ce qui concerne la bile : dans les conduits biliaires on trouve constamment une réaction alcaline ; cependant si on examinait la réaction dans la vésicule, on pourrait quelquefois la trouver acide.

Il y a là une cause d'erreur qu'il importe d'autant plus

de signaler qu'on serait moins porté à l'admettre à priori. Chez certains animaux, '^notamment chez le bœuf, la chèvre, le mouton, il existe des conduits pancréatiques supplémentaires qui vont s'ouvrir ou dans le canal cholédoque ou môme quelquefois dans la vésicule biliaire. Or, il est remarquable que le mélange du suc pancréatique alcalin avec la bile alcaline, offre souvent une réaction acide : il ne faudrait donc pas conclure de la réaction de la vésicule à celle de la bile hépathique. Indépendamment de cette particularité, il est des circonstances physiologiques ou pathologiques, dans lesquelles la bile est acide. On en trouvera des exemples dans les expériences qui suivent.

Eœp. — Un vieux chien à jeun ayant subi quelques opérations hémodynamométriques qui ne l'avaient pas rendu très malade, fut sacrifié par quelques gouttes d'acide prussique qui ne le firent pas périr immédiatement, mais seulement au bout d*un certain temps. A l'autopsie, on trouva dans la vessie les urines très acides et précipitant une masse de nitrate d'urée par l'addition d'acide nitrique et le refroidissement. La bile était très nettement acide. Le sang était noir dans toutes les cavités du cœur.

Exp. — Un autre chien, plus jeune, ayant également été soumis à des expériences de même nature, fut empoisonné par instillation dans la gueule d'une assez grande quantité d'acide prussique ; ce qui le tua instantanément. L'animal était à la fin de la digestion.

L'autopsie faite immédiatement après la mort, on trouva la bile alcaline. Mais l'ayant conservée dans la

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vésicule, on lui trouva plus tard une réaction légèrement acide. Il n'y avait pas d'urine dans la vessie ; mais les parois humides de cet organe étaient acides. Le sang, chez ce chien, était vermeil dans les cavités droites et dans les cavités gauches du cœur ; ce qui se rapporte à ce que nous avons dit ailleurs de l'influence de l'acide prussique sur la coloration du sang. Nous avons vu, en effet, qu'en introduisant dans un soufflet quelques gouttes d'acide prussique, et pratiquant ensuite avec ce soufflet la respiration artificielle, le sang veineux reste rutilant comme le sang artériel.

Eœp. (^7 septembre 18i7.) — Lapin nourri depuis trois jours de son et d'avoine, tué par asphyxie.

L'autopsie fut faite après vingt-quatre heures. La bile était acide et elle contenait ainsi que les conduits biliaires des œufs de dystomes (?). Cette bile était du reste verte et hmpide. L'urine était acide, gluante; toutefois elle ne précipitait pas de nitrate d'urée par l'acide azotique, comme cela a lieu chez les lapins à jeun.

L'intestin grêle était acide de même que le ^ros intestin.

Exp. (1" octobre 1847.) — Sur un autre lapin nourri d'herbe, ayant servi quelques jours auparavant à des injections de sucre dans le sang, on trouva la bile en petite quantité dans la vésicule, avec une couleur un peu rougeâtre et une réaction nettement acide. L'urine, dans la vessie, était alcaline ; l'intestin grêle était alcalin ; le caecum était neutre et le gros intestin alcalin. Il faut ajouter que cet animal avait eu la moelle épinière découverte et avait souffert beaucoup avant sa mort.

Exp. (5 octobre 1847.) — Un chien adulte, ayant servi la veille à des expériences sur les racines rachidiennes, fut d'abord stupéfié par l'opium, puis sacrifié par hémorrhagie.

On trouva à Tautopsie la bile bien nettement acide dans les conduits biliaires et dans la vésicule du fiel ; elle était rougeâtre et filante. La vessie de Tanimal contenait une grande quantité d'urine acide. En y ajoutant de l'acide nitrique nitreux, Turine colorait en vert et offrait les réactions de la bile. Par le refroidissement, le nitrate d'urée se précipitait en masse.

E(»p. (10 février 1848.) — Lapin en digestion de pommes de terre et de son. La bile était jaunâtre, filante et très manifestement alcaline. Elle n'imbibait pas le papier comme un corps gras, ce qui arrive souvent quand elle est acide.

Ecop. — Sur un chien nourri de viande, la bile était manifestement acide.

Chez un autre chien, elle était neutre et pénétrait fortement le papier à la manière des corps gras.

Eœp. (18 septembre 1848.) — Chien adulte, à jeun depuis huit jours, ayant seulement reçu de l'eau.

L'aaimal avait considérablement maigri. On lui ouvrit l'artère carotide et on recueillit tout le sang qui en sortit. L'écoulement s'arrêta avant la mort de l'animal qui resta étendu sur le flanc et respira encore pendant trois ou quatre heures.

Le lendemain on fit l'autopsie ; on trouva les intestins pâles, exsangues et rétrécis. L'estomac contenait un liquide acide et mélangé de bile. La vésicule du fiel était

pleine, distendue par de la bile noirâtre. En y plongeant un papier de tournesol, ce papier bleu, fortement imbibé, se trouvait décoloré : on ne put pas juger de la réaction à cause de la couleur de la bile. Mais en étendant celle-ci avec de l'eau, le liquide devint jaune et le papier bleu rougissait bien, surtout si on faisait usage de papier bleu de tournesol collé. Il n'y avait pas d'urine dans la vessie, mais les parois étaient acides. Il n'y avait pas de sucre dans le foie.

Exp. (23 mars 1849). — Sur un chien adulte, vigoureux, de taille moyenne, on fit la piqûre du plancher du quatrième ventricule. L'animal eut des désordres, du mouvement; mais l'urine, qui était acide, ne contenait pas de sucre.

Le chien guérit de cette opération, et le 20 avril il servit à l'expérience suivante :

Le chien étant en pleine digestion de viande, on découvrit les deux vagues dans la région moyenne du cou. On les galvanisa à diverses reprises, ayant pris du sang avant et après la galvanisation des nerfs vagues. Au moment de chaque galvanisation il parut que les respirations devenaient plus lentes; elles restèrent même plus lentes après, probablement parce que les nerfs avaient été altérés.

Les nerfs pneumogastriques parurent également être devenus plus sensibles.

Quatre heures après la première galvanisation, on retira du sang de la veine jugulaire. Alors on sacrifia l'animal par hémorrhagie.

Les deux sangs furent gardés jusqu'au lendemain.

Leur examen montra que le sang retiré avant la galvanisation était plus noir et bien coagulé. Il présentait un sérum alcalin très opalin, et contenait du sucre*

Le sang de la même veine jugulaire, après la galvanisation, qui avait sans doute altéré les nerfs sympathiques, était plus rouge, s'était bien coagulé, et il s'en était séparé du sérum moins alcalin et moins opalin que l'autre; mais au réactif il semblait contenir beaucoup plus de sucre que le premier. Les deux caillots furent coupés en deux, et leurs surfaces de section restèrent exposées à Tair. On remarqua que les surfaces de section du sang recueillies après la galvanisation rougissaient plus rapidement et beaucoup plus que les surfaces du caillot de l'autre sang.

L'urine recueillie avant la galvanisation ne contenait pas de sucre; l'urine recueillie après donnait une forte réduction au liquide cupro-potassique ; elle contenait en outre une grande quantité d'acide urique.

La bile était en grande quantité et avait une réaction acide.

Eœp. (50 juillet 1852.) — Sur un chien adulte, de forte taille, on établit une fistule biliaire.

L'animal guérit, fut conservé , et voici ce qu'on observa :

Pendant les deux mois qu'il survécut à l'opération, l'animal fut très vorace. Malgré cela il maigrissait continuellement et mourut dans un état de maigreur excessive.

A l'autopsie, on trouva le tissu cellulaire complètement dépourvu de graisse, même dans Torbite où les

yeux se trouvaient profondément enfoncés. Les muscles, le système nerveux, ne paraissaient pas altérés ; ils étaient seulement considérablement amaigris. Les voies biliaires furent examinées avec soin , et l'on constataqu'il ne s'était rétabli aucune communication entre elles et le canal intestinal. Seulement l'ouverture extérieure de la fistule était considérablement rétrécie, ce qui avait amené une dilatation des conduits biliaires. Le foie ne paraissait ni atrophié ni hypertrophié. On y constata la préseoce d'une très faible quantité de sucre. L'animal avait mangé jusqu'à sa mort ; son estomac contenait de la viande en partie digérée et offrait une sécrétion légèrement alcaline, probablement parce que l'autopsie n'avait été faite que le surlendemain de la mort. Les ganglions, lymphatiques du mésentère étaient noirâtres. Les autres viscères ne paraissaient pas altérés. L'urine contenue dans la vessie était jaune, acide; l'ayant fait évaporer, on y trouve une grande quantité d'urée, et pas d'acide urique (?).

Eœp. (!•' mai 1849.) — Sur une chienne nourrice, j'ai pratiqué la piqûre du plancher du quatrième ventricule. Trois heures après l'opération, l'urine examinée réduisait abondamment le liquide bleu et fermentait immédiatement. Il est remarquable que l'urine de l'animal était alcaline, jaunâtre, présentait un trouble qui se déposait au fond du verre en abandonnant des cristaux sur les parois. Les mamelles de cette chienne étaieot très distendues par le lait au moment où on fit l'opération.

Emp. — Une- lapine ayant mis bas six petits depuis

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quatre à cinq jours, et ayant beaucoup de lait dans les mamelles, fut sacrifiée par la section du bulbe rachidien.

Le foie paraissait petit et dense ; la décoction n'était pas trouble, mais très riche en sucre qui fermentait immédiatement. On comprima les mamelles pour en extraire du lait que Ton coagula pour en obtenir un petit lait qui réduisait le liquide cupro-potassique, mais ne fermentait pas immédiatement et ne contenait par conséquent pas de glycose.

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