DOUZIEME LEÇON
SOMMAIRE : Influence da système nerveux sur les sécrétions salivaires. — De rinfluence des deux ordres de nerfs qui déterminent les variations de couleur du sang veineux dans les organes glandulaires. — Procédé pour Tétude expérimentale de la glande sous -maxillaire. ^^ Expériences sur la glande sous-maxillaire.
Messieurs,
Nous allons aujourd'hui nous occuper de l'action des nerfs sur les phénomènes sécrétoires ; et cette étude rentre tout à fait dans l'histoire, commencée dans la dernière leçon, des glandes salivaires sur lesquelles ont été faites nos expériences.
Nous pouvons déjà dire que le nerf qui se rend à un organe sécréteur est l'agent déterminant de sa sécrétion.
J'ai essayé de faire sécréter des glandes en agissant directement sur elles par le galvanisme, et je n'ai pas réussi. Je ne prétends pas que ce résultat ne puisse s'obtenir ; toutefois jusqu'ici j'ai vu la galvanisation de la glande produire de la douleur, mais pas de salive, et l'on n'a encore pu faire sécféterles glandes que par l'excitatîon au moyen de la galvanisation des nerfs qui s'y distribuent..
Je pense que si l'on devait, dans des expériences ultérieures, faire sécréter les glandes par la galvanisation directe, il faudrait employer une dose d'électricité bien
différente de celle qui permet de les faire sécréter par la galvanisation des nerfs. Nous avons déjà vu, en effet, ce qu'on observe relativement aux muscles : quand on galvanise un nerf qui se rend à un muscle, un courant électrique très faible suffit pour déterminer la contraction; le même courant faible porté sur le muscle ne donnera absolument rien. De cette observation nous avons tiré cette conclusion : que lorsqu'on galvanise un muscle et qu'on le fait ainsi entrer en contraction, c'est bien sur lui que Ton agit, et non sur les filets nerveux qui s'y distribuent.
Cependant il est possible de faire contracter le muscle par la galvanisation directe : on y arrive en faisant usage d'un courant plus énei^ique que celui qui suffit à le faire contracter par la galvanisation du nerf.
Une autre observation m'a conduit aux vues que je vous exprimais tout à l'heure relativement à la possi* bilité de faire sécréter les glandes sous Tinfluence de la galvanisation directe.
J'ai pu me convaincre, dans des expériences multipliées, que tous les nerfs moteurs ne sont pas également excitables par la galvanisation. La quantité d'électricité nécessaire pour mettre en jeu les fonctions d'un nerf musculaire est faible : il en faut beaucoup plus pour faire agir le nerf d'une glande* Si le rapport qui existe entre l'excitabilité des nerfs glandulaires et musculaires doit nous faire juger de la contractilité relative des glandes et des muscles sous l'influence de l'excitation électrique, il est possible que l'absence de sécrétion des glandes sous l'influence de la galvanisation directe