‹ Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations ..., Volume 2Chapitre 5 sur 61 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

SOMMAIRE : Acide urique. — Rapports entre les yariations de l*arée et de Tacide uriqae. — Des variations de Tacide urique suivant les conditfons fonctionnelles. — Expériences sur Tadde urique et Turée,

— Acide hippurique. — L'abstinence le fait disparaître chez les herbivores. ~ Hypothèses sur son origine. — De la glycosurie. — Gon* dition du passage du sucre du sang dans l'urine. — Accumulation du sucre dans le sang. — Injections de sucre dans les vaisseaux. — Le suc gastrique peut contenir du sucre. — L'état morbide du rein n'est pour rien dans le diabète. — Diabète passager par absorption.

— Diabète permanent ; ses causes prochaines.

Messieurs,

Noos continuerons aujourd'hui l'histoire de l'urine, en prenant un autre corps parmi ceux qui s'y rencontrent.

La substance qui, après l'urée, se rencontre le plus constamment dans l'urine est l'acide urique. L'acide urique est un élément constituant essentiel de l'urine. Comme l'urée, il est éliminé par le rein, mais n'est pas formé dans cet organe; on peut le prouver comme on l'a fait pour l'urée : en effet, l'acide urique se rencontre non-seulement dans le sang, bien qu'en proportion moindre que l'urée, et la quantité que le sang en renferme doit se trouver augmentée après l'ablation des reins, dans les circonstances mêmes qui permettent d'observer l'accumulation de l'urée en grande proportion dans le sang.

Il est extrêmement probable que ce que nous avons

dit de Turée , relativement à son élimination possible par d'autres voies que le rein, lorsque celui-ci est enlevé, doit être applicable à l'acide urlque. Toutefois, les observations n'ont pas été faites sur ce sujet, et il y mmi \m iJ'pî«HWiper si après l'aMation des reia§ l'acide urique ne peut pas être trouvé dans l'intestin. Je viens de vous dire que cela pie paraissait inQniment prpbable, et T^natomie comparée justifierait cette idée en nous montrant que chez les insectes , qui n'ont pas de reins , l'acide jirique est normalement éliminé pjtr rintestin.

L'acide urique qu'élimine le rein a été considéré comme un produit qui avait, avec l'urée, une origine commune; on l'a fait provenir de la combustion des matières azotées, le considérant comme le résultat d'une cûmb^stion moins avancée que celle qui donne lieu à l'urée. A l'appui de cette opinion, on a noté que l'aoide urique existe en plus grande proportion dans les urines lorsqpe les phénomènes de combustion nutritive sont ralentis par le mauvais état de la fonction respira-t tûire, ou même par une perturbation dans les condi* tions fonctionnelles du foie. On a fait remarquer que là où la respiration est très lente, chez les animaux à sang froid, l'urine contient de l'acide urique en assez forte proportion et ne contient p^s d'urée. Ces raisons sont assurément très séduisantes, mais il ne faudrait pas asseoir une opinion arrêtée sur ces analogies, car des faits contraires pourraient lui être opposés. Ainsi, las oiseaux dont la respiration est très active ont, comme les animaux à sang froid, des urines chargées d'acide

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urique. Si donc un rapport existe entre la production de l'acide urique et l'intensité des phénomènes respiratoires, ce rapport est éloigné et subordonné à des conditions qui ne permettent de lui attribuer qu'une importance physiologique très secondaire.

Quoi qu'il en soit, on a donné à l'acide urique la môme origine qu'à l'urine, le faisant provenir comme elle de la combustion des matières azotées ; et si les études qui ont été entreprises sur ce sujet présentent encore de nombreuses lacunes, je dois cependant vous indiquer les résultats obtenus et les faits qui ont été constatés.

Les expériences sur lesquelles on s'est fondé pour attribuer à Tacide urique et à l'urée une origine commune, viennent de ce que dans certaines conditions on peut changer l'acide urique en urée, en même temps que d'autres produits prennent naissance.

Frerichs et Vœhler ayant fait bouillir de l'acide urique avec de l'oxyde de plomb l'ont vu donner lieu a de l'acide oxalique, à de l'urée et à de l'allantoïne. Appliquant à la chimie vivante cette réaction produite artificiellement, ils ont admis que l'acide urique résultant d'un premier degré de combustion des matériaux azotés pouvait se décomposer en ces trois produits. L'acide oxalique peut se rencontrer dans l'urine sans qu'il soit venu de l'extérieur par l'alimentation. Magendie a montré qu'il s'y trouvait lorsque l'alimentation l'avait introduit dans l'économie, après avoir mangé de l'oseille, des tomates, etc. Mais on peut en rencontrer indépendamment de cette cause , et il arrive que, dans la forma^

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tion des calculs urinaires, on trouve des couches alternantes d'acide oxalique et d'acide urique. L'acide oxalique peut donc exister dans Turine indépendamment de l'alimentation, et l'état morbide qu'on a appelé oxorlurie^ dicUhèse oooalique, serait lié à une accumulation d'acide oxalique, de même que l'urémie à une accumulation d'urée.

Mais il ne faut jamais se contenter de l'induction : les causes d'erreurs possibles sont trop nombreuses et trop imprévues; l'expérimentation directp doit toujours être appelée à intervenir. M. Gallois a répété ici les expériences de Vœhler et Frerichs pour juger d'après l'examen des faits de la portée des conclusions qui en avaient été tirées. La première question à examiner était celleci : Peut-on prouver que l'acide urique n'est qu'un premier degré d'oxydation des matières azotées , et qu'il peut se changer en urée î

Le moyen le plus simple de résoudre cette question était d'introduire dans l'intestin de l'acide urique (sous forme d'urate de potasse) et de voir si l'urée augmentait dansl'urine. En supposant exactes les vues de Vœhler et Frerichs, cet acide urique ne subirait pas de suroxydation, et alors on trouverait une plus grande quantité d'acide urique dans l'urine, ou bien il serait modifié, suroxydé, et alors l'urine devrait contenir une plus grande quantité d'urée. Cette expérience avait été faite par Frerichs et Vœhler, et les avait conduits à constater qu'après l'administration des urates il y a plus d'urée dans l'urine, d'où ils avaient conclu à la formation de Turée aux dépens de l'acide urique. M. Gallois, dans ses

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