‹ Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations ..., Volume 2Chapitre 57 sur 61 · COLORATION DU SANG VEINEUX DES GLANDES · texte numérisé non relu

COLORATION DU SANG VEINEUX DES GLANDES

agi sur le nerf sécréteur de cette glande. Ce qui me confirme dans l'opinion d'une erreur dans le procédé, c'est que ces observateurs disent qu'ils n'ont pas mis à découvert le conduit de la glande sous-maxillaire et n'y ont pas placé de tube pour ne pas épuiser leur animal. Or, si ces physiologistes ont expérimenté réellement sur le nerf sécréteur de la glande sous-raaxillaire, il ne leur a pas été possible, s'ils ont agi sur ce nerf, de ne pas découvrir le conduit glandulaire de Wharton auquel la corde du tympan se trouve immédiatement accolée. Je ne doute donc aucunement que MM. Gluge et Thiernesse n'obtiennent sur la glande sous-raaxillaire comme sur le rein des résultats semblables à ceux que nous avons obtenus, s'ils se placent dans des conditions expérimentales semblables.

Cette expérience sur la glande sous-maxillaire e«t une des plus constantes dans ses résultats, qui ne peuvent jamais manquer, mais présenter seulement des nuances d'intensité. Depuis la découverte du phénomène, j'ai répété ces expériences un très grand nombre de fois devant des savants étrangers qui m'avaient demandé à les voir, et jamais les résultats annoncés n'ont manqué de se produire. Récemment encore j'ai montré cette expérience à la Société de biologie, dans la séance du 3 septembre 1858. Les résultats^ ont été très évidents pour tous les membres de cette compagnie savante. Voici les détails de cette expérience :

Eœp. — Le 3 septembre 1858, je répétai devant la Société de biologie l'expérience suivante :

Sur un vieux chien robuste et en digestion, on mit à

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découvert commeàrordinaire, par rablatiou de la moitié postérieure du digastrique, le conduit salivaire de la glande sous-nsaxillaire, ainsi que sa veine. Il y avait deux veines glandulaires: Tune antérieure, très petite, l'autre postérieure, plus volumineuse. Cette dernière fut coupée, et Ton constata que le sang s'écoulait en petite quantité, en bavant et avec une couleur noire. Alors, après que tout le monde eut bien constaté Tétat de la circulation veineuse, lorsque la glande était en repos et tous les nerfs intacts, on fit la ligature de la corde du tympan à son émergence du lingual, pour pouvoir la galvaniser ensuite à l'aide d'une machine électro-magnétique de Breton. Aussitôt qu'on fit la ligature, cette seule excitation détermina l'écoulement de quelques gouttes de salive et une accélération sensible dans le cours du sang de la veine. Mais, lorsqu'après avoir coupé la corde du tympan , et soulevant avec le fil son bout périphérique, on vint à la galvaniser, on vit aussitôt l'écoulement salivaire se faire avec violence par le conduit. Quelques secondes après, l'activité de l'écoulement sanguin par la veine devint tel, que le sang était rutilant et animé de pulsations très fortes. On cessa la galvanisation; le jet du sang et l'activité de la circulation persistèrent pendant quelques secondes, puis peu à peu se ralentirent, pour revenir à l'état primitif. On recommença une seconde fois la galvanisation du bout périphérique de la corde du tympan, et aussitôt l'écoulement salivaire reprit avec grande activité. Puis peu à peu la circulation veineuse devint de plus en plus active; le sang prit uneeoloration rouge avec despulsations. Il semblait alors

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que le calibre de la veine se rétrécissait en même temps que son bout coupé se redressait, et le jet du sang veineux rouge fut lancé, au moment de la plus grande activité, à une hauteur de plus d'un centimètre.

On cessa à ce moment lagalvanisation. Le jet du sang resta avec la même hauteur pendant quelques secondes; puis peu à peu il s'affaiblit^ cessa, et tout rentra dans l'état normal. *

Pour montrer Texpérience à un plus grand nombre de personnes, on répéta une troisième fois la galvanisation de la corde du tympan avec des résultats semblables à ceux précédemment obtenus.

Alors on isola le grand sympathique au-dessus du nerf lingual, sur le côté de la carotide ; on en fit la ligature, on coupa le nerf au-dessous, et l'on isola le bout supérieur afin d'y appliquer le galvanisme.

La galvanisation du bout supérieur du grand sympathique avec le même courant qui avait servi à galvaniser la corde du tympan amena un efiet inverse sur la circulation veineuse, c'est-à-dire qu'il y eut arrêt complet de l'écoulement du sang dans la veine glandulaire. Quelques secondes après la cessation de lagalvanisation, la circulation reprit son cours.

Plus récemment j'ai répété encore cette expérience.

Eœp. — Sur un gros chien vigoureux et en pleine digestion, on mit à découvert la glande avec ses nerfs et ses vaisseaux par le procédé ordinaire, en relevant la moitié antérieure du digastrique et enlevant complète^ment sa partie postérieure.

On introduisit le tube dans le conduit galivaire, on

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dénuda la veine de la glande qui était placée en arrière, puis on isola la corde du tympan qu'on lia près du nerf lingual et qui parut un peu sensible à la ligature. On la coupa ensuite en arrière de la ligature, et Ton souleva son bout périphérique sur un fil pour Texciter à Taide de la machine électro-magnétique de Breton.

On vit, comme à Tordinûre, Técoulement salivaire avoir lieu aussitôt , et très peu d'iustants après le sang de la veine sortit beaucoup plus abondant, beaucoup plus rouge, en présentant un jet volumineux, saccadé, mais ne s'élevant pas au loin, parce que le bout de la veine était resté flasque et adhérent à la surface de la glande ; peu à peu le jet diminua. On répéta trois fois cette épreuve avec les mêmes résultats.

Dans les précédents essais, le sympathique était complètement intact. Alors on le coupa aunievant de l'artère carotide et immédiatement au-dessus de l'hypoglosse. Aussitôt après le sang coula avec plus d'abondance par le bout divisé de la veine glandulaire, mais toutefois l'écoulement se faisait en bavant, sans présenter de pulsations. Alors on galvanisa de nouveau la corde du tympan avec la même machine qu'auparavant ; mais cette fois le jet du sang fut beaucoup plus fort qu'avant la section du sympathique, et le bout de la veine coupée se redressait et lançait son jet saccadé à i décimètre au moins de distance. Ce phénomène s'observe généralement sur les animaux vigoureux et bien nourris; mais une particularité que j'ai déjà signalée dans d'autres expériences, c'est qu'après la section du grand sympathique, le jet du sang est beaucoup plus fort, qu'alors le bout de la

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veine se redresse en quelque sorte, tandis qu'avant il restait appliqué sur les tissus voisins. En même temps, on remarque que le jet, qui est lancé beaucoup plus loin, est beaucoup plus fin qu'avant la section du sympathique, de sorte que rorifice de la veine semble s'être contracté. Il devient dès lors difficile de savoir isi ce redressement de la veine est un résultat mécanique de la propulsion plus énergique du jet sanguin, ou bien s'il n'y aurait pas un phénomène de resserrement actif qui interviendrait dans cette circonstance.

On galvanisa ensuite le bout supérieur du grand sympathique coupé, et l'on observa une diminution, et puis après un arrêt complet de l'écoulement du sang par la veine glandulaire. En même temps, pendant la galvanisation, le bout de la veine était devenu flasque. On voyait, en outre, la commissure de la bouche de ce côté être tirée en arrière et être fortement dilatée, comme cela a lieu pour la pupille. Il semblerait donc que la galvanisation du sympathique au-dessus du ganglion produit cet effet d'une manière plus marquée que la galvanisation au-dessus du ganglion. A quoi est due cette dilatation de la bouche, du nez et de la pupille par suite de la galvanisation? C'est un phénomène à poursuivre et qui est complètement inexpliqué.

S'' Les expériences qui suivent n'ont entre elles aucun lien. Plusieurs se rapportent môme à des sujets qui ont été traités dans les différents cours que nous avons précédemment publiés. Nous avons cru devoir les donner ici, parce qu'elles contiennent des résultats qui peuvent être des arguments confirmatifs de différentes vues déjà

D. LiQOiD. Ds l'orgam. — 11* 29

énoncées, ou bien parce qu'elles peuvent, considérées isolément, devenir le point de départ de recherches nouvelles.

3* Effets de i*exlirpation des ganglions cervicaux snpëriears.

Sur un lapin , après l'extirpation des deux ganglions cervicaux supérieurs, on constata un abaissement dansie nombre des respirations qui, de 120, étaient descendues à 90. Les pulsations avaient au contraire augmenté en nombre, de 200 à 240 environ. Il semblait, chez le même lapin , se produire des mouvements péristaltiques dans les intestins.

Dans cette expérience, on a donc eu les eflFets qu'on attribue généralement à la section des pneumogastriques : l'accélération des pulsations et la diminution du nombre des respirations. Il faudrait répéter ces expériencas avec beaucoup de soin, pour s'assurer si ces phénomènes sont bien indépendants de quelque lésion concomitante du pneumogastrique.

En outre, nous voyons dans ce cas des mouvements péristaltiques des intestins que nous avons vus se produire après la section de la moelle épinière dans la région cervicale.

6' De rexdtabilité des nerfis.

Les nerfs sont, comme nous l'avons dit, très exci* tables par certains liquides, tels qu'une solution de sel marin qui détermine le tétanos.

Il serait intéressant d'appliquer cet excitant sur l'ani* mal vivant et sur différents nerfs. Ainsi il est probable que cet excitant n'agirait pas de même sur les deux

DIABÈTE ARTIFICIEL. — PUplLU DANS L^ ASPHYXIE. 454

bouts résultant de la section du pneumogastrique. De mèmey on doit se demander si cet agent pourrait exciter l'action du grand sympathique, et si la pupille, par exemple, se dilaterait sous l'influence de l'excitation du grand sympathique par du sel marin ou de la bile, qui est également un excitant des nerfs*

5" Diabète artificiel. — Température du rectum.

La température du rectum, après la piqûre du plancher du quatrième ventricule, a toujours paru abaissée, comme le montre les expériences suivantes :

Sur un lapin, la température, prise avec un thermomètre à division arbitraire, était :

Dans le rectum, avant la piqûre 197

— après la piqûre 19/ii,6

Différence 2»5=s0*,333

Sur un autre lapin :

Rectum , avant la piqûre , • • 197

— après la piqûre 196,7

Différence 2,3 = 0%310

Sur un troisième lapin :

Kectum, avant la piqûre. 196

•— après la piqûre 190,1

Différence 6,6 = 0%717

6"" Observation sur le nerf du grand dentelé.

On a découvert sur un chien le nerf du grand dentelé qui s'anastomose avec les nerfs intercostaux, et l'on n'a pas trouvé qu'il fût doué de sensibilité récurrente.

7** État de Ja pupille <)aQs raspbyxie«

Un chien privé d'aliments et n'ayant pris rien que de r^au pendant plusieurs jours, fut sacrifié par la ligature

de la trachée. Au commencement de l'étouffement, la pupille était très contractée, la conjonctive sensible et la cornée insensible. Puis cette sensibilité de la conjonctive disparut, et à ce moment même il y eut une dilatation énorme de la pupille, comme si Ton avait galvanisé le grand sympathique.

Sur un autre chien, chez lequel la ligature de la trachée fut faite immédiatement après l'expiration, on constata aussi que la pupille demeura contractée tant que la conjonctive resta sensible, et qu'elle se dilata considérablement quand disparut la sensibilité * de la conjonctive.

8"* Action du carare.

Sur un chien qui avait servi à des expériences sur la salive et qui était en assez mauvais état, ayant des ophthalmies et ses plaies étant gonflées, on coupe le vague du même côté droit où les conduits salivaires avaient été mis à découvert, puis on galvanise les deux bouts avec une pince électrique, et Ton voit que le galvanisme du bout supérieur fait dilater la pupille et fait saliver la plaie du conduit sous-maxillaire, et que la galvanisation du bout inférieur fait arrêter le cœur.

Le lendemain, vingt-quatre heures après, on constate que le galvanisme agit encore de même sur les bouts du nerf coupés de la veille.

Alors j'injecte dans la veine jugulaire du chien une dissolution d'un petit fragment de curare. Il y a bientôt apparition d'espèces de convulsions dans les peauciers, puis la peau paraît insensible et la conjonctive aussi. Alors on constate que le cœur s'est arrêté très vite : cela

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