ACTION DU CURARE
tient-il à ce que le vague était coupé ou à l'état de faiblesse de ranimai ?
Alors tout paraissant insensible, je galvanise le bout supérieur du vague, et la pupille qui était dilatée déjà par le curare se dilate encore plus, ce qui prouva que le galvanisme agissait. La galvanisation du bout inférieur ne put rien faire sur le cœur, puisqu'il était déjà arrêté.
Aussitôt je découvris le sciatique ; le muscle fessier était très contractile. Le nerf coupé est galvanisé : le bout supérieur ne donne rien, le bout inférieur donne quelques contractions faibles, mais évidentes, dans la patte. Quand on agissait sur les muscles, on produisait des contractions plus énergiques que par les nerfs (ce qui est l'inverse pour l'état normal).
Cela tient à ce que le curare, à mesure qu'il fait perdre au nerf moteur son excitabilité, fait augmenter l'irritabilité musculaire. C'est ce qui arrive aussi quand on coupe le nerf chez l'animal vivant. Mais dans ce dernier cas, le bout phériphérique du nerf coupé augmente aussi d'excitabilité. C'est ce qui explique, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, comment avec le même courant on peut avoir des effets différents, suivant que le nerf communique ou non avec la moelle épinière. D'où il faut tirer cette conclusion générale très importante à connaître, quand on fait des expériences sur ce sujet, c'est que l'excitabilité du nerf et l'irritabilité des muscles sont plus grandes quand ces oi^anes viennent d'être séparés du corps que lorsqu'ils sont à l'état physiologique et dans leurs rapports organiques normaux.
ASft APPENDICE.
9"* L*eau de la salive vient entièrement du sang.
Sur un chien chez lequel on avait mis à nu les vaisseaux et nerfs de la glande sous-maxillaire, on fit Texpérience suivante, qui a pour objet de rechercher si la quantité d'eau de la sécrétion était fournie en totalité par le sang artériel.
Pour cela on eut soin de ne laisser à la glande qu'une seule artère et une seule veine. On recueillit d'abord du sang veineux pendant le repos de la glande. Ensuite on excita le nerf et l'on recueillit la salive, et pendant le même temps le sang veineux qui s'écoulait de la glande. Ensuite on coupa l'artère glandulaire et l'on recueillit par son bout central du sang artériel en quantité sensiblement égale à celle du sang veineux recueilli. Tous ces liquides furent rais sécher à l'étuve.
Le sang veineux recueilli pendant le repos de la glande contenait en centièmes :
Résida sec 23,1*
Eau 76,83
Le sang veineux recueilli pendant la sécrétion contenait en centièmes :
Résidu sec 26,76
Eau 75,26
La salive donna, pour 100 :
Résidu sec 2,0d
Eau 97,01
Le sang artériel contenait :
Résidu sec 20,67
Eau • • . , . 79,53
EAU DE LA SALIVE-TRANSFUSION. â55
Or, pendant un même temps on avait recueilli :
Salive 18^,001
Sang veineux 38<',991
/isr,992
Le total Û6%992 représente donc la somme totale des liquides qui pendant ce temps sont sortis de la glande.
Or, à Is'yOOl de salive correspond à Os'^yOS de résidu sec. 3^,991 de sang veineux donnent de résidu sec 08%99, soit pour les 4g%992 de liquide expulsé de la glande, ls%02 de résidu sec.
Cherchant ce que donneraient 100 parties du mélange liquide (salive et sang veineux), on trouve pour résidu sec :
Comparant maintenant ce chiffre 20,44 à celui de 20,47 qui représente le résidu sec de iOO parties de sang artériel, nous voyons qu'il y a presque identité entre la quantité des matériaux solides et liquides qui entrent dans la glande par le sang artériel , et la quantité de ceux qui en sortent par le sang veineux et la salive.
10** Empoisonnement par transfusion.
On établit une communication entre les systèmes circulatoires de deux chiens à Taide d'un tube introduit dans le bout inférieur de Tartère carotide de l'un et dans le bout supérieur de l'artère carotide de l'autre ; le dernier devait, de cette façon, recevoir le sang du premier. Pour chasser l'air du tube de conmunication, on l'a-vait préalablement rempli d'eau distillée.
L'expérience étant ainsi disposée et la communication se faisant, on empoisonna le premier animal avec de
Go'ogle
h5Ù APPENDICE.
l'acide prussique au quart mis dans la bouche. Il mourut au bout d'une demi-rainule dans des convulsions.
L'autre chien parut ressentir quelques effets toxiques et éprouva seulement quelques convulsions. Après la mort du premier, on le sépara, et le second mourut quatre ou cinq heures après.
On répéta une seconde fois cette expérience sur deux gros chiens, et l'on obtint exactement le môme résultat; c'est-à-dire qu'au moment de l'empoisonnement du premier chien, l'autre chien éprouva quelques convulsions, mais ne mourut qu'après trois heures.
Il est difficile, dans les deux expériences, de savoir à quoi attribuer la mort de l'animal qui recevait le sang de l'autre. Cette mort serait-elle l'effet de la simple transfusion, ou bien est-elle due à la dose d'acide prussique trop faible pour tuer instantanément le second animal, mais suffisante cependant pour occasionner la mort à la longue.
Dans une troisième expérience, on établit la communication artérielle comme précédemment, et Ton empoisonna encore un des deux chiens de la même manière. Ce chien mourut très rapidement ; l'autre n'en ressentit aucun effet, mais on s'aperçut en enlevant le tube qu'il s'était formé un caillot, probablement avant qu'on eût empoisonné Tanimal, de sorte que la communication sanguine s'était trouvée interrompue.
Les expériences sur la transfusion présentent toujours de l'incertitude, à cause de la possibilité de la coagulation du sang en passant à travers les tubes qui servent à établir la communication. Or, il semble bien prouvé
EXPÉRIENCES ENDOSlIOMÉTRIQUES. Ifil
que le sang injecté au moment où il se coagule est une cause de mort inévitable.
Relativement à la coagulation qui s'opère dans un tube en passant d'un vaisseau à l'autre, à quoi doit-on Vattribuer? Est-ce au ralentissement de son cours dans le tube de communication, à son refroidissement, ou bien à une autre cause ? — Je crois toutefois que le ralentissement et le refroidissement du sang peuvent favoriser sa coagulation.
Toutefois la nature des parois du tube me semble exercer une influence plus puissante pour déterminer la coagulation. On sait, en effet, qu'il suffît que les parois artérielles, chez l'animal vivant, deviennent rugueuses par une altération pathologique, pour que la coagulation du sang ait lieu» bien que le refroidissement n'y ait été ici pour rien. Le meilleur moyen d'éviter cette influence des parois des tubes serait, il me semble, d'aboucher les deux vaisseaux bout à bout, de manière qu'il n'y ait pas entre eux d'autre tube intermédiaire. Pour cela il faudrait renverser les bords des vaisseaux divisés, et engager un vaisseau dans l'autre, si leur calibre le permettait, tantôt les juxtaposer bout à bout et les maintenir en rapport par un autre anneau extérieur. De cette manière les parois séreuses du vaisseau se trouveraient en rapport, et se continueraient en quelque sorte sans interruption d'un vaisseau à lautre.
il" Expériences endosmométriques avec différents saugs.
On fit des expériences endosmométriques avec des cflBCums de poulets frais, dans lesquels on avait introduit différents sangs, savoir :
458 APPËNDICK.
1 • Du sang de la veine porte ;
2" Du sang de la veine cave inférieure au niveau du foie ;
8» Du sang du cœur gauche.
Chacun de ces cœcunis était lié sur un tube ; tous les tubes avaient le même diamètre.
Après vingt-quatre heures, le liquide avait monté de 3 centimètres dans chacun de ces tubes ; mais le liquide extérieur était coloré en rouge assez fortement pour le sang de la veine porte, tandis que la coloration rouge était très faible pour le sang de la veine cave inférieure ; et le liquide extérieur n'était pas coloré du tout pour le sang artériel.
Après quarante-huit heures, les choses étaient dans le même étal; ce qui indiquerait que le sang de la veine porte cède plus facilement sa matière colorante que les deux autres.
En faisant bouillir dans un tube ce liquide extérieur, on trouva que pour le liquide de la veine porte il y avait une coagulation abondante, pour celui de la veine cave une coagulation faible , et pour celui du cœur gauche pas sensiblement de coagulation. De sorte que Talbumine semblait avoir passé en proportion du passage de la matière colorante. On avait adopté un tube semblable à une vésicule du fiel pleine de bile, appartenant au même chien qui avait fourni les sangs. Au bout de vingt-quatre heures l'eau était montée dans ce tube à 2 décimètres. Cette différence avec les résultats précédents tient-elle à la membrane de la vésicule ou à la bile?
INJECTIONS d'albumine DANS LE SANG. 459
12® iDjectioDB d'albumine dans le sang.
Sur deux lapins de forte taille, on injecta par la veine jugulaire, chez l'un de l'albumine d'œuf pure qu'on avait fait égoutler sur un linge pour enlever les membranes qui sont dans le blanc d'œuf ; chez l'autre, on injecta de cette albumine étendue de moitié d'eau et filtrée.
Ces deux injections ne déterminèrent aucun accident. On observa seulement le passage temporaire de l'albumine dans l'urine.
On injecta ensuite dans la jugulaire d'autres lapins dans les mêmes conditions : 1" 10 centimètres cubes d'un sérum de malade. En moins d'une heure il y eut hématurie, affaissement de l'animal et mort.
Ce même sérum étendu de moitié d'eau produisit les mêmes effets, mais avec moins d'intensité, car l'aniriïal n'en mourut pas.
Du sérum de chien injecté produisit les mêmes effets. Les sérums du sang veineux et du sang artériel ne furent pas examinés comparativement à ce point de vue.
2"" Le sérum injecté sous la peau des lapins dans le tissu cellulaire ne produisit pas les mômes effets toxiques, et il n'y eut pas de passage semblable d'albumine dans les urines. Cela tient, sans doute, à ce que l'absorption a été plus lente ; et c'est pour cela que les effets toxiques n'ont pas pu se montrer. Ou bien il faudrait supposer que ces effets étaient dus à une matière organique qui, dans ce dernier cas, n'aurait pas été absorbée.
De l'albumine d'œuf injectée sous la peau ne donna pas lieu non plus à un passage sensible d'albumine dans
les urines; peut-être aussi à cause de la lenteur de l'absorption. Quand le sérum est frais, il ne produit pas d'accidents sensibles sur les lapins vigoureux ; mais à jeun les lapins paraissent plus impressionnables à ce genre d'intoxication, comme le prouvent les expériences qui suivent.
13* Injection du sérum dans le sang.
L Un lapin bien portant en digestion, pesant 1^",970 fut saigné à la jugulaire, environ et perdit ainsi 30 centimètres cubes de sang. On injecta ensuite dans cette veine 40 centimètres cubes de sérum pur provenant d'une saignée faite quarante-huit heures auparavant à un gros chien en digestion. Aussitôt l'opération faite, on fit pisser ce lapin : son urine était fortement alcaline (l'animal était en digestion). L'addition d'acide azotique détermina une vive effervescence; les carbonates furent dissous sans qu'on obtint de trace d'albumine.
L'opération fut faite à trois heures moins un quart. L'animal, mis en liberté, paraissait un peu triste, sans cependant offrir de symptôme qui dénotât un état grave.
Une heure après, à quatre heures, rien n'était changé dans l'habitude extérieure de ce lapin. Son urine, recueillie deux fois, à une demi-heure de distance, n'a pas présenté de caractère différent.
A quatre heures et demie son état général était toujours le même, assez bon ; son urine était l'urine normale de la digestion (sans trace d'albumine).
IL Un lapin bien portant, en digestion comme le précédent, pesant i^*',750 grammes, fut saigné à la ju-