‹ Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations ..., Volume 2Chapitre 59 sur 61 · INJECTION DE SÉRUM DANS LE SANG · texte numérisé non relu

INJECTION DE SÉRUM DANS LE SANG

gulaire, et perdit ainsi environ 10 centimètres cubes de sang. On injecta ensuite dans cette veine 10 centimètres cubes de sang défibriné provenant de la même saignée que dans l'opération précédente. Aussitôt l'opération faite, on fait pisser ce lapin : son urine était fortement alcaline. Les carbonates furent dissous par l'addition d'acide azotique, et l'on ne trouva pas trace d'albumine.

L'opération fut faite vers trois heures. L'animal, mis en liberté, paraissait moins abattu que le précédent. Une heure après, son état était le môme, et son urine traitée par l'acide azotique, donna d'une manière évidente des traces d'albumine .

A quatre heures et demie, l'état général étant toujours fort bon, l'urine était rougeâtre et très sensiblement albumineuse.

IIL Un troisième lapin, non en digestion, mais bien portant, pesant 1^",780 fut saigné à la jugulaire, et perdit environ 20 centimètres cubes de sang, qu'on remplaça par une injection de 20 centimètres cubes de sérum pur de même provenance que celui de la première expérience.

Ce lapin, qu'on* fit pisser tout de suite après l'opération, avait une urine acide. Il fut très abattu.

L'opération fut faite vers trois heures et quart.

Quarante-cinq minutes après environ, on fit pisser ce lapin : son urine était claire, rougie par une quantité notable de sang et assez fortement albumineuse.

A quatre heures et demie, le lapin était mieux qu'après l'opération, quoiqu'il restât immobile dans un coin (le malaise consécutif à l'opération devait être attribué peut-être à la meurtrissure des pattes de derrière, qui >

Etaient été contusionnées par les liens). Son urine était alors d'un rouge foncé, très sanguinolente et excessive** ment chargée d'albumine.

Ce troisième lapin mourut dans la nuit.

16' Injection d*acide carbonique et d'éther dans le sang.

On a, sur un chien, injecté 132 centimètres cubes d'acide carbonique dans la veine jugulaire. L'injection se faisait avec assez de lenteur pour que le gaz pût se dissoudre à mesure qu'il était injecté.

On injecta ensuite sur le même animal , et avec les mêmes précautions, la même quantité d'acide carbonique dans l'artère carotide, du côté de la tête. Aucun accident ne fut le résultat de ces deux injections.

Ensuite on injecta par la même veine jugulaire 4 centimètres cubes d'éther sulfurique. Au moment de l'injection, il y eut accélération delà respiration et Tair expiré donnait l'odeur de l'éther.

Ensuite on injecta par la même veine 4 centimètres cubes d'éther formique. Aussitôt la respiration fut accélérée, et l'air expiré avait l'odeur de l'éther formique.

Enfin, à l'aide d'un long tube introduit par la carotide gauche, on injecta 2 centimètres cubes d'éther sulfurique dans l'aorte, et l'animal succomba instantanément.

15* Injections des liquides étrangers dans les voies circulatoires,

La soustraction du sang détermine immédiatement la mort chez les animaux élevés. Chez les animaux inférieurs, il n'en est plus ainsi, et l'on peut, par exemple, ouvrir le cœur à une grenouille sans qu'elle en meure

ALTÉRATION DU SANG. /i65

aussitôt. On peut môme exciser le cœur, l'enlever ; Tanimal peut vivre encore plusieurs heures et exécuter des mouvements très rapides, sauter, fuir, etc. Mais il y a un fait également singulier, c'est qu'on peut remplacer chez ces animaux le sang par un autre liquide, et la vie durer encore longtemps. Ainsi, sur une grenouille vivante on injecta, à l'aide d'un tube à injecter les lymphatiques, du mercure dans le cœur, et bientôt le système circulatoire fut complètement rempli de ce métal. L'animal vécut encore pendant deux jours. Il serait curieux de savoir si, en remplaçant le sang par un autre liquide, tel que de la gélatine, l'animal pourrait vivre et même refaire des globules sanguins.

16° Altération du sang.

Un chien bien portant et à jeun reçut dans la veine jugulaire 15 centigrammes d'émétique dans 10 grammes d'eau distillée tiède. D'abord l'animal n'en éprouva aucun inconvénient; seulement, sept minutes après, il fit des efibrts modérés de vomissement et rendit une petite quantité de mucosités jaunâtres et filantes. Après deux ou trois efforts de vomissement l'animal se calma; toutefois il refusa les aliments qu'on lui présenta.

Un quart d'heure après, on ingéra dans l'estomac, au moyen d'une sonde, 1 gramme de sulfate de quinine rendu soluble par l'acide sulfurique dans 10 grammes d'eau distillée, Bientôt après celte injection, l'animal devint plus triste, sa respiration parut gênée; le pouls devint excessivement petit et lent; l'animal présenta

une sorte delén'esme des sphincters et rendit des excréments ; enfin, dix minutes plus tard, il était couché sur le flanc, paraissant éprouver de violentes coliques. Cet étal persista environ une demi-heure et Panimal vomit une seule fois.

Cet état grave consécutif à l'administration du sulfate de quinine n'est pas ordiuaire, et pouvait peut-être * tenir à ce que l'animal avait reçu dans le sang de Fémétiquc.

On fit ensuite sur ce chien , avant de le sacrifier, deux

injections successives par la veine jugulaire, l'une de

10 grammes, d'une solution au centième de prussiate

jaune de potasse, et l'autre de 10 grammes d'une solu-

. tion au centième de protosulfate de fer.

Cinq minutes après cette double injection, on retira du sang de la veine jugulaire et bientôt Panimal mourut.^

Le lendemain, on observa que le sang qu'on avait retiré ne s'était pas coagulé. Il y avait eu séparation du sérum , qui surnageait comme de l'huile ; les globules étaient tombés au fond.

Eœp. — Un lapin avait été mis dans une cloche où il avait respiré de l'oxygène pendant deux heures et demie. Bien que le nez fût très Tose et les lèvres aussi, le sang tiré de la veine jugulaire au moment où l'animal sortait de la cloche était noir comme à l'ordinaire. Ce sang se coagula moins vite que d'habitude. De plus, le caillot semblait plus noir, bien qu'il rougît à sa surface. Le contraire eut lieu chez des lapins rendus artificiellement diabétiques : chez eux le sang coagula vite et le caillot était rouge dans toute son épaisseur.

VEiyE pfmTE CHEZ l'oiseau. 465

EcofL — Sur un lapin vigoureux on piqua le plancher du quatrièiae Yentricule. La piqûre fut un peu portée de côté, et le train postérieur de l'animal était 1res affaibli. Le sucre apparut très vite dans les urines; alors on retira du sang de la veine jugulaire, qui sembla uA peu plus rouge qu'à l'ordinaire. On prit ensuite dans là carotide correspondante du sang qui était très rutilant et bien plus rouge que celui de la veine.

Les deux sangs retirés, chacun dans un verre à pied, furent laissés dans le laboratoire à la température ambiante, qui était basse. On observa que le sang veineux se coagula beaucoup plus vite que le sang artériel, qui se coagula lentement. En sacrifiant l'animal^ on trouva les poumons parfaitement sains. On observa aussi^ la poitrine seule étant ouverte et l'animal faisant encore quelques mouvements respiratoires, qu'au moment de' l'abaissement du diaphragme il y avait ascension du sang dans le cœur comme s'il eût été poussé par un piston *

Sur d'autres lapins qui avaient été refroidis par la section de la moelle épinière, au-dessous des nerfs phréniques, on observa que la coagulation du sang était très lente.

!?• Veine porte chez roiseau.

La communication qui existe entre la veine porte et !a veine cave de l'oiseau (pigeon) a lieu de telle façon qu'en injectant un liquide de la veine cave vers la veine porte il ne passe pas ; tandis que si on l'injecte par la veine porte, il passe par la veine cave jusque dans le cœur,

B. LlQOlD. DE L^ORGAlf. — H. 39

18* Élimination par le poumon des sutMtanees volatiles.

Les substances volatiles peuvent déterminer une affection du poumon par suite de leur élimination par cette voie.

Ainsi, sur des lapins, lorsqu'on injecte dans l'estomac une certaine quantité des substances volatiles, telles que de l'alcool, de Téther, de l'huile essentielle d'anis, etc., on trouve après la mort, qui est en général rapide, les poumons gorgés de sang; tandis que d'autre substances, telles que la cantharide, ne déterminent pas les mêmes effets sur les poumons, bien qu'elles produisent la mort rapidement.

19* Respiration dans i^oxyde de car[)one.

Voulant savoir si l'oxyde de carbone peut déplacer l'oxygène du sang sur un animal vivant, nous avons pris un lapin, et, engageant dans sa trachée une sonde ouverte par ses deux bouts, on a placé l'autre extrémité de la sonde dans de l'oxyde de carbone contenu dans une éprouvette, sur le mercure.

Après deux ou trois inspirations, ce lapin cessa de vivre. Le gaz de l'éprouvette fut alors analysé :

99 volumes de ce gaz contenaient :

Oxygène 3,00

Azote i7,70

Acide carbonique 8,00

le reste était probabiement de l'oxyde de carjwne non a|)sorbé.

L'acide carbonique trouvé préexistait dans l'air des poumons de Tanimal, Quant à l'azote et à l'oxygène, ils

RKPiRAtlON DANS L^OXTDE DE CARBONE. 46?

préexistaient aussi et la proportion était accrue par l'air contenu dans la trachée et dans la sonde qui s'y trouvait iîxée; malgré cela, ce mélange d'azote et d'oxygène ne représentait pas l'air avec sa richesse normale en oxygène, car il y avait en centièmes :

Oxygène l/i,50

Azote 85,50

11 est à présumer que le mélange précédemment analysé représentait l'air du poumon , dont l'oxygène n'avait pas été absorbé. C'est ce que montre l'expérience suivante, faite sur un autre lapin auquel on fit respirer de l'azote, comme dans le cas précédent, au moyen d'une sonde engagée dans la trachée.

Après quelques inspirations, l'animal n'était pas mort; on cessa l'expérience et on analysa le mélange contenu dans l'éprouvette.

121 volumes de ce mélange donnèrent :

Acide carbonique 10,00

Oxygène »

On voit que dans cette seconde expérience l'oxygène que renfermait l'air de la sonde et des poumons a été entièrement absorbé par le sang, parce que l'azote ne s'y est pas opposé, comme l'a fait l'oxyde de carbone, dans la première expérience.

Ce lapin n'étant pas mort, on le soumit à la respiration de l'oxyde de carbone, après l'avoir laissé respirer à l'air quelques instants et opérant toujours par le même procédé. Après quelques inspirations, il mourut. On analysa le gaz contenu dans l'éprouvette.

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j^68 APPENDICE.

118 volumes du mélangé renfermaient:

Acide carbonique 8,00

Oxygtee 3,00

Aïole 18,00

Oxyde de carbone • 89,00

Ici encore Toxyde de carbone a empêché Toxygène d'être absorbé, car nous trouvons en centièmes :

Acide carboniqae i/i,30

Oxygène 85,70

Pour connaître Ja composition de Tair contenu dans le poumon , nous avons appliqué une sonde à la trachée comme dans les expériences précédentes , puis on a fait passer l'autre extrémité de la sonde dans une éprouvette pleine de mercure : l'animal inspirait difficilement le mercure et n'expirait qu'imparfaitement le gaz pulmonaire dont on cherchait la composition. On put alors aider l'expiration en chassant le gaz que contenait le poumon par une pression brusque exercée avec la main sur les parois thoraciques. En opérant ainsi , nous avons trouvé les rapports de l'oxygène, de l'azote et de l'acide carbonique dans l'air des poumons sensiblement les mêmes que dans l'air précédent obtenu avec l'oxyde de carbone, ce qui prouverait que ce dernier gaz, s'il n'a pas produit l'exhalation de l'oxygène du sang, a au moins empêché l'absorption de ce gaz. Il ne faut pas non plus oublier que l'oxygène agit ici sur du sang veineux et que le déplacement de l'oxygène a dû être moins considérable. Dans tous les cas, ce ne sont là que des essais, et ces expériences seront à reprendre.

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